Home / Inter / SÉQUELLES DE LA REELECTION DE UHURU KENYATTA : Raila Odinga toujours aussi intrépide

SÉQUELLES DE LA REELECTION DE UHURU KENYATTA : Raila Odinga toujours aussi intrépide

La réélection de Uhuru Kényatta en octobre 2017 n’a pas fini de faire du brouhaha dans le rang des opposants. Raila Odinga, chef de file de l’opposition n’admet toujours pas la victoire de son challenger et se réclame comme le « président du peuple »

« Je prêterai aussi serment parce que je suis le président légitime », déclarait Raila Odinga au soir de l’investiture du président sortant Uhuru Kényatta en novembre 2017. C’est désormais chose faite. Le 30 janvier 2018, bible en main et devant une foule en extrême agitation, Odinga s’est autoproclamé « président du peuple » à défaut de « Président de la République ». Un acte qui montre une fois de plus son aversion.

La crise politique avait débuté suite à une décision de la cour suprême le 1er septembre 2017. Saisie par l’opposition, elle avait évoqué des irrégularités dans la transmission des résultats et invalidée la présidentielle du 8 août. Une nouvelle élection a alors été organisée le 26 octobre 2017. Mais celle-ci fût boycottée par l’opposition qui estimait que le scrutin ne pouvait en aucun cas être libre et équitable. C’est ainsi qu’avec un très faible taux de participation (39%) U. Kényatta a été réélu avec 98% des voix.

Odinga qualifie en effet cette victoire de « truquée » et réclame l’établissement d’une véritable démocratie dans le pays. L’opposition continue donc d’affirmer avoir remporté l’élection présidentielle du 8 août 2017. Pour étayer cela elle a présenté des documents provenant des serveurs informatiques de la commission électorale qui, selon elle, donnerait Raila Odinga vainqueur avec 8,1 millions de voix devant Uhuru Kényatta, 7,9 millions.

Le pays vers de nouvelles tensions ?

Les violences ayant accompagné le processus électoral ont fait au moins 58 morts depuis le 8 août, principalement dans la brutale répression des manifestations de l’opposition par la police. Loin toutefois du millier de morts des violences politico-ethniques ayant suivi l’élection de 2007.

Mais malgré toutes ces armes qui ont péri et les sangs qui ont été versés, le pays ne semble pas prêt à en finir avec les tensions. D’autant plus que personne ne veut s’avouer vaincu. D’un côté, c’est l’opposition qui cherche à définir des stratégies afin de se donner une image de légitimité. De l’autre, c’est le camp Kényatta qui est « très en colère » et qui semble en tout cas déterminé à empêcher toute action supplémentaire de la part de l’opposant. Les deux parties semblent donc toujours irréconciliables.

Une situation qui ne profite en aucun cas à quiconque, surtout que le président supposé « illégitimement élu » ne peut travailler dans un tel atmosphère. Du coup, c’est le peuple qui va une fois de plus en souffrir. Pour ne pas en arriver là, l’idéal serait de trouver un terrain d’entente afin d’aller à la table des négociations. Quand deux éléphants se battent, ce sont les herbes qui en souffrent dit-on. Ceci dit, c’est la vie du « peuple innocent » qui est entre le marteau et l’enclume. Faudrait-il aller encore une nouvelle fois aux urnes pour sortir un président qui sera accepté de tous ? Tout compte fait, nul ne doute de la nécessité d’un dialogue entre les différents camps au Kénya.

 

 

 

Gérome HOUNVOEDO

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *