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PRÉSENTATION DES VŒUX DANS L’ADMINISTRATION BÉNINOISE : Une tradition futile qui fait dépenser

À l’orée d’une nouvelle année, l’organisation particulière et spéciale des cérémonies de présentation des vœux du Nouvel An dans nombre d’institutions au Bénin devient récurrente. Toutefois, la légèreté et le manque de sincérité observés au niveau des vœux formulés au cours de l’année, après des dépenses excessives concédées pour leurs formulations, semblent la confondre cette cérémonie à une pratique frivole.La présentation des vœux n’est pas seulement l’apanage des familles, des amis et des communautés religieuses. Elle est organisée de façon officielle d’abord, au sommet de l’État, puis au sein des institutions de la République. C’est dans cette dynamique que le président de la République, après son message de vœux le 31 décembre 2018, a reçu le 08 janvier 2019, des institutions représentées par certains de leurs responsables à savoir : l’Assemblée nationale, la cour constitutionnelle, la Cour suprême, la haute cour de justice, les forces de défense et de sécurité et bien d’autres pour lui présenter les vœux du Nouvel An à l’occasion d’une cérémonie organisée à cet effet. La même tradition est respectée dans d’autres institutions comme l’Assemblée nationale et aussi, le campus universitaire Abomey-Calavi où les autorités et la communauté universitaire ont procédé au même exercice le 11 janvier dernier. Lors de ces cérémonies d’échange de vœux, il n’est pas rare d’entendre comme vœux formulés, la prospérité, la paix, la santé robuste, une vie pleine de succès et la liste n’est pas exhaustive. C’est en cela que lors de son message de vœux la veille de l’année 2019, le président Patrice Talon a conclu en ces thèmes : « Je forme donc le vœu que l’année 2019 soit, pour chacun de vous, pour chacun de nous, une année de paix et de sécurité, une année de bonne santé, de grande espérance, de joie et de réussite à la fois dans nos projets personnels… » S’il urge dans les institutions du pays de revoir l’organiser de ces cérémonies de présentation des vœux au début d’une nouvelle année, sacrifier à la tradition semble le motif valable qui le sous-tend.

Des interrogations sont suscitées

Au regard de ces souhaits formulés, moult interrogations taraudent. Ces vœux tiennent-ils toujours à cœur et sont-ils toujours sincères ? Puisque les mouvements sociaux qui prévalent de part de d’autres dans le rang des travailleurs le long de l’année, ne reflète absolument pas les vœux formulés en sont début. C’est le cas de 2018 où, des vœux de joie ont été formulés en début d’année, mais pourtant durant l’année les travailleurs et étudiants ont passé une bonne partie de l’année à exprimer leur mécontentement quant à la gestion des affaires les concertants. Outre, pour convaincre peut-être ou pour justifier l’idée de la fusion de la police et de la gendarmerie, +9 au cours du message de vœux 2018, le chef de l’État a laissé entendre : « C’est pourquoi mon Gouvernement a repensé le système sécuritaire de notre pays, avec le souci d’une plus grande efficacité et d’une mutualisation optimale des ressources destinées au secteur de la Défense et de la Sécurité ». Alors qu’il est un secret de polichinelle que les éléments de la police républicaine, au cours de l’année écoulée, ont été plus sujets d’attaques meurtrières. Et d’ailleurs, à l’occasion de la présentation des vœux le 08 janvier dernier à sèmè city, Le contre-amiral Patrick Aho, Chef d’État-Major Général des forces armées du Bénin a saisi cette opportunité pour plaider pour une amélioration accrue des conditions de vie et de travail de la troupe. Ce qui peut justifier que le souci d’une plus grande efficacité et d’une mutualisation optimale des ressources destinées au secteur de la Défense et de la Sécurité annoncée la veille de l’année 2018 n’a pas été pris en considération sincèrement. Les fonds alloués à l’organisation de la cérémonie de présentation des vœux ne paraissent-ils pas onéreux ? Vu qu’elle est médiatisée, sans occulter la restauration, la sonorisation, le déplacement et bien d’autres qui restent non remboursables et sans revenu. Au regard de ce qui précède, il convient de penser que les vœux formulés manquent de sincérité dans la réalité. Ce n’est également pas un leurre de dire que l’organisation de ces cérémonies engendre trop de dépense des caisses de la nation.

Ce n’est pas sans déconvenues

Les rendez-vous d’échange de vœux organisés à titre onéreux dans les institutions de la République du Bénin n’est pas sans déconvenues sur la nation. Les populations perdent l’espoir et se sentent ignorées, déçues, voire désolées. Une chose qui peut les pousser à la révolte susceptible de donner lieu aux manifestations et au mécontentement. Aussi la caisse de l’État est-elle davantage appauvrie. Penser à une alternative n’est pas chose impossible. Prendre au sérieux les vœux et veiller, dans la mesure du possible, qu’ils se réalisent pourraient rassurer les populations et permettraient une espérance de vie. Organiser la présentation des vœux dans la sobriété pourrait permettre d’économiser dans la caisse de l’État en vue de faire face aux défis plus authentiques. L’état des finances publiques pourrait en dépendre.

Justine LAOUROU

Le Héraut
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Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.

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