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LUTTE SYNDICALE A L’UNIVERSITE D’ABOMEY-CALAVI : La division, virus de l’échec

Depuis un certain moment à l’Université d’Abomey-Calavi, les différentes luttes enclenchées pour la satisfaction des revendications estudiantines piétinent et peinent à porter leurs fruits. En toile de fond, la division continuellement orchestrée et entretenue par les barrons politiques qui veulent à tout prix exercer leur emprise sur le grand temple de savoir du Bénin.

Diviser pour régner. C’est la formule qu’emploient pour la plupart du temps, les politiques pour asseoir leur hégémonie à l’Uac, et ce, sans aucun souci des revendications estudiantines qui ne font que s’accroître de jour en jour. Cela va sans dire que désormais pour réclamer, c’est en rang dispersé que les responsables syndicaux se dirigent vers les pourvoyeurs. En effet, les étudiants n’ont pas signé un contrat de travail avec le gouvernement. Ils sont plutôt dans une logique de défense du droit à l’éducation garantie par la constitution béninoise en son article 13. Ainsi, la seule formule gage victoire en ce qui concerne les revendications à divers niveaux ne peut constituer que : l’entente formelle des responsables syndicaux autour d’une plateforme revendicative. Mais, le désir d’être chef, d’assouvir des intérêts personnels ou plus encore servir les intérêts inavoués d’un homme politique ou d’une tendance politique a conduit le mouvement étudiant sur fond de crise à l’éclatement des organisations estudiantines à caractère syndical qui désormais jouent la carte de l’opposition. On en veut pour preuve les trois récentes années au cours desquelles, il a été donné de constater que la Fneb s’est chaque fois désolidarisée des mouvements de grèves enclenchés avec la collaboration de ses paires de l’Uneb et de l’Unseb pour la cause estudiantine. Quand bien même la vision qui porte cette initiative parait noble, il n’en demeure pas moins vrai qu’elle a émoussé l’ardeur du mouvement estudiantin. Sa détermination ainsi que sa vitalité ont désormais laissé place à la torpeur et au mercantilisme entretenu par des mains extérieures. Il a alors régné une certaine cacophonie au niveau de la lutte pour l’aboutissement des revendications durant cette période. De plus, il ne serait pas anodin de faire remarquer que cette division s’est étendue jusqu’à cette année universitaire 2018-2019. En effet, lors de la cérémonie officielle de lancement de la rentrée université en question, le discours que devrait donner à l’occasion l’ensemble des syndicats estudiantins a entretenu une polémique alimentée par la loi du plus fort. Approché, Alimi Gounon, le président d’alors de la Fneb, faisait comprendre que l’Unseb, première organisation estudiantine la plus représentative élue le lundi 10 juillet 2018, aurait refusé une fusion des discours en un seul. Et pour cause, seul celui proposé par son institution serait le plus approprié pour être donné.  Ce qui a entrainé par mal de situations par la suite.

La fragilisation caractéristique

Cette scission des organisations estudiantines empêche l’uniformisation des points de vue et l’unité d’action. Puisque la situation passée au peigne fin montre en clair que la division de la lutte estudiantine en section est un handicap sérieux pour l’aboutissement des revendications et pour l’esprit de détermination qui fait gagner. Tenez ! Comment satisfaire des revendications portées par des organisations en état de mésentente, de désharmonie ? Car tantôt, l’Unseb appelle à un mouvement de grève, tantôt c’est l’Uneb ou encore la Fneb. On dira que chaque étudiant est tenu d’appartenir à un camp et de s’aligner derrière  ses responsables. Ainsi, chacun cherche à sauver sa tête et, personne ne se soucie plus en réalité des intérêts estudiantins. Conséquence, le mouvement syndical à l’UAC est complètement fragilisé. Le pouvoir politique en profite pour lui jeter les os sous la table tandis qu’au sommet de l’appareil étatique, ils bouffent le gras.

L’unité dans la diversité, seule d’issue

La seule porte de sortie qui se pointe à l’horizon afin que l’on puisse avoir un mouvement syndical estudiantin plus dynamique et porteur de fruit, est  d’accepter l’unité dans la diversité. Autrement dit, que ceux qui sont sensés porter la voix des étudiants à l’issue des élections des organisations estudiantines les plus représentatives de l’Uac en l’occurrence l’Unseb et la Fneb, soient d’accord pour le pluralisme.  Mais, un pluralisme intégrateur et non sécessionniste. Tant qu’ils ne feront pas de ce principe des plus évidents, un acquis à prendre comme boussole, les luttes syndicales piétineront toujours et les organisations revendicatives traineront toujours les mêmes maux. Une réflexion approfondie s’impose donc pour redonner du bon souffle aux luttes estudiantines.

Anselme CODJO

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