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Derniers rebondissements dans le procès de Laurent GBAGBO et de Blé Goudé à la CPI : Les étudiants de l’ABeVCI donnent leur avis

Accusés de crimes contre l’humanité, Laurent Gbagbo et Charles Blé Goudé ont été acquittés le mardi 15 janvier par les juges de la Cour Pénal International. Convaincu de leur culpabilité, le procureur de la CPI, Fatou Ben Souda a fait appel et actuellement démarre un autre périple judiciaire pour les deux politiques ivoiriens. Intéressés pas l’actualité, les étudiants membre de l’Association des étudiants béninois venus de la Côte d’Ivoire (ABeVCI) se prononcent. Lisez plutôt.

Yétongnon Charles  N’danikou

« C’est clair que la France est à la base de tout cela »

La crise post-électorale qui est survenue en Côte d’Ivoire en 2010 à un objectif historique. On va pouvoir aller derrière pour bien en parler. Elle est survenue parce que la France voulait forcément insérer sa machine politique dans les pays africains comme elle le fait déjà depuis des années. Pour ce, il faut forcément mettre quelqu’un fidèle à l’idéologie française. C’est dans ce but que la France a engendré cette crise et a fortifié Alassane Ouattara à prendre le règne du pouvoir et chasser GBAGBO jusqu’à l’incarcéré à la CPI. C’est clair que la France est à la base de tout cela, sinon comment expliquer ceci : la justice fait son travail, et aujourd’hui la politique fait aussi le sien. Le président de jury de la CPI a acquitté et libéré Laurent GBAGBO. Le lendemain, le conseil de ministre de la Côte d’Ivoire déclare que cet acquittement n’est pas probable. Il y a anguille sous roche, la France sait que ses intérêts seraient en danger parce que si GBAGBO revenait le problème de franc CFA que réclament les Africains aura gain de cause. On va finir avec cela.

 

 

François Hosne

 « Si pendant huit ans, vous n’êtes pas arrivé à prouver que ce dernier est coupable, ce n’est pas en deux semaines ou deux jours que vous pouvez y arriver »

Quand on parle d’acquittement, on parle de libération. Moi, je ne comprends pas pourquoi une personne qui a été acquittée n’est pas encore libérée. Selon moi, tout simplement, c’est un jeu politique parce qu’on ne peut pas comprendre que d’abord avant l’acquittement il n’y avait pas un consensus entre les juges. Ce que moi je sais c’est que sur trois juges, il y en a deux qui ont prononcé l’acquittement, donc deux étaient favorables et un était en défaveur. Après, on me dit encore que le procureur a fait appel. Le premier appel a été rejeté et maintenant on constate qu’une deuxième demande a été acceptée. J’apprends également qu’avant l’acquittement, c’est à dire le résultat définitif, les pro-Ouattara étaient déjà informés, Abidjan était au courant. C’est pourquoi je dis que selon moi c’est un jeu politique. Mais, comme on le dit si pendant huit ans, vous n’êtes pas arrivé à prouver que ce dernier est coupable, ce n’est pas en deux semaines ou deux jours que vous pouvez y arriver. Moi j’ai foi, bien vrai nous sommes au Bénin, mais on a foi que nous notre président va rentrer. Et même ceux qui ont peur, je m’adresse aux pro-Ouattara, certains disent que si GBAGBO revenait au pays ça engendrera une autre crise. Mais, moi je dis non parce que, si vous suivez bien les événements depuis 2010 jusqu’à aujourd’hui, quand on parle d’une crise, ce n’est pas une seule partie, c’est plusieurs parties et je n’arrive pas à comprendre, pourquoi c’est le camp de Gbagbo seul qu’on attaque. Est-ce que le camp Laurent Gbagbo seul peut se battre lui-même ? Je pense que non, c’est contre un autre. Vous ne pouvez pas être dans un pays et vous battre contre vous-même, c’est l’agresseur qui vient. Mais, pourquoi on n’arrive pas à juger dans le camp de l’agresseur et c’est le camp de Gbagbo seul qui est culpabilisé ? Moi mon mot de fin est que nous, notre président sera libéré et que justice sera faite. Les pro-Ouattara qu’ils dorment bien, quand nous allons arriver, nous la réconciliation.

 

Jean-Jacques Dégbélou

« On doit le libérer pour que les Ivoiriens puissent vivre en paix »

Je pense que Laurent Gbagbo est un président qui a dirigé un peu la politique ivoirienne et sait de quoi les Ivoiriens ont besoin. Le faire de le mettre en prison laisse un peu le pays dans une situation confuse. On doit le libérer pour que les ivoiriens puissent vivre en paix et il faut savoir que, qui parle de Gbagbo parle aussi de son ministre Charles Blé Goudé. On doit les libérer. Je ne peux pas vous dire qu’il y a forcément d’interférence dans cette affaire parce que vous savez que la CPI, c’est l’ensemble des grands juges, procureur, etc. C’est quelque chose qui n’a pas été formé d’un coup et qui a été créé depuis longtemps. Donc, je ne peux pas parler d’interférence, c’est un peu trop dire.

 

Bienvenu Adahou

 « Évitons de mettre le couteau dans la plaie pour encore soulever les armes »

Sur ce point, je vois que si les autorités ivoiriennes ont pu s’entendre afin que le président Laurent Gbagbo et son ministre Charles Blé Goudé soient libérés et si les juges de la CPI ont décidé de les libérer, c’est à nous de les écouter et voir ce qui se passe à leurs niveaux. Normalement, j’aimais bien le président Gbagbo, mais ses gestes racistes ont fait qu’à un moment, je me suis dit qu’un président ne peut agir de la sorte. Finalement, j’ai compris que ce n’était pas de son propre gré qu’il a eu à poser certains actes. Ce sont ses conseillers. Je parle essentiellement de sa femme. C’est à cause d’elle qu’il est là où il est actuellement. En fin de compte, le président Ouattara qui est là maintenant travaille. Il fait de son mieux. Cependant, quand je regarde l’histoire, c’est inadmissible de juger un président hors de son pays. Ce n’est pas normal. Quand vous regardez à travers le monde, quels présidents occidentaux ont été jugés à la CPI ? Aucun. C’est seulement les présidents africains qui y sont jugés. Ce n’est pas normal. Nous les Africains, nous devons prendre conscience et éviter certaines choses. Par rapport à la libération, je ne voudrais pas que Laurent Gbagbo rentre directement dans son pays natal si on le l’Ibère alors que Ouattara est toujours au pouvoir. S’il rentrait, cela va susciter autre chose. Nous, sincèrement, on en a marre de certaines choses. Évitons de mettre le couteau dans la plaie pour encore soulever les armes. Si le président actuel quitte le pouvoir, Gbagbo peut rentrer, c’est un président que j’ai aimé à cause de sa manière de parler, de travailler et aussi son idéologie. J’en ai marre de rester à la merci de la France.

 

Cédric Paoliers

« Il faut faire les trucs dans les normes »

Sans vous mentir, c’est du n’importe quoi. D’abord, dire à la population ivoirienne que Gbagbo  est libéré et revenir après dire qu’il doit encore passé des temps à la CPI avant sa libération définitive, ça ne va vraiment pas. Pourquoi le procureur ou bien le juge est là ? Vraiment quand tu rends un verdict on doit le respecter. Si tu dis que ceci est bon, c’est que c’est bon. Ça ne sert à rien de mettre trop la pression sur les Africains. Je vois que la CPI elle-même n’est là que pour les Africains. D’ailleurs, quand on parle de guerre, cela se fait entre deux personnes. Mais on constate que depuis des années on a gardé Laurent Gbagbo à la CPI sans jugement et aujourd’hui que le juge déclare qu’il sera libéré, quelqu’un ne quitte de nulle part ailleurs en disant que Gbagbo n’a pas le droit d’être libéré. Je vois que c’est du n’importe quoi. Quand on parle des militants et des chefs d’État qui peuvent libérer l’Afrique, Gbagbo en fait partie et sa libération sera la libération de l’Afrique. Il est vrai que le président qui est au pouvoir actuellement travail, mais, contrairement à Gbagbo, il fait de la Côte d’Ivoire un pays esclave de la France. Aujourd’hui, les entreprises françaises pilules en Côte d’Ivoire et se développent au détriment des entreprises nationales. Ceci fait que les populations ne sont pas à l’aise, les gens ne trouvent pas à manger. Il faut faire les trucs dans les normes. Moi, je respecte beaucoup le président Gbagbo parce que sa politique c’est de déstabiliser l’emprise de la France sur notre pays. Gbagbo a créé sa propre monnaie, ce que la France n’a pas accepté, le franc Ivoire. Il a également refusé que la France impose le prix du cacao. Je vois que c’est tout cela qui est à la base de son malheur.

Réalisation : Belforte E. SANNI (Stag) & Romaric M. TOUDONOU

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