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Pascal Lahami à propos de la situation électorale au Bénin : « Il n’y a pas feu, … il n’y a que des difficultés auxquelles il faut trouver des solutions »

Pascal LAHAMI

La situation électorale qui défraie la chronique actuellement au Bénin ne cesse de drainer les passions, tant chez les politiques que les scientifiques. Portant les deux casquettes, Pascal Lahami, consultant en développement et membre du Parti du Renouveau démocratique (PRD) apporte donne ici son appréhension de la crise actuelle et propose des pistes pour une satisfaction générale de la classe politique béninoise.

Quelle analyse faites-vous de la situation électorale actuelle au Bénin ?

D’entrée de jeu, je dirai que c’est dommage que nous soyons arrivés à cette situation. Je ne suis pas de nature à formuler des critiques acerbes sur un camp, je ne le ferai donc pas. Nous avons mis en place une réforme qui connaît des difficultés, cela est évident. Il faut donc trouver des solutions. Les difficultés que nous sommes en train de traverser doivent nous servir d’élément d’échelle pour aller aux solutions qui vont nous permettre d’aller aux élections. De toute, ce qui est heureux en ce moment, c’est que la commission électorale nationale autonome (Cena) continue de travailler.

Elle affirme être dans les dispositions de l’organisation des élections. La presse a relayé que les coordonnateurs d’arrondissement sont déjà en formation y compris même les membres du poste de vote. Je pense que se sont des dispositions et dès que ces dispositions sont faites et que la question des cartes d’électeurs ne se pose pas et que tout le monde à sa carte d’électeur, on pourra aller aux élections moyennant les raccourcis du délai des campagnes.

Qui peut-on désigner comme coupable de cet état de choses ?

La faute n’est à personne. Une nation est constituée d’institutions et du corps de la nation et les partis politiques font partir de ce corps, de ces organisations qui animent la vie politique. Donc, c’est l’ensemble du corps qui a trouvé que cette réforme est nécessaire et puis s’est engagé. La preuve, c’est qu’on a voté la loi et quand une loi est votée, elle s’impose à tout le monde. Maintenant dans son application, il peut y avoir des difficultés et ce sont ces difficultés que nous nous sommes en train de vivre. Et si en face de ces difficultés, nous décidons de trouver des moyens dérogatoires, des lois dérogatoires, tant mieux. Je pense que le corps et tout ça va constituer des éléments d’apprentissages et d’approfondissement de notre démocratie. Si demain, nous devons faire d’autres reformes, tout cela sera capitalisé pour conduire des reformes qui n’amèneront pas à cette situation.

Donc à priori, il n’y a pas feu, il n’y a pas encore catastrophe, il n’y a que des difficultés auxquelles il faut trouver des solutions. C’est le lieu même de remercier la société civile. La société civile joue très bien son rôle. Depuis la réforme, elle s’est prononcée là-dessus, et après que la réforme est mise en place, elle s’est prononcée et dans cette crise, elle a donné aussi son avis. Tout ceci prouve qu’il y a une veille qui est mise en place aujourd’hui. Elle travaille à ce que nous ne tombions pas dans des conflits stériles pour que le Bénin arrête de fonctionner comme d’habitude. Je l’encourage même à continuer dans ce sens.

Considérant cette situation, le Bénin continue-t-il d’être un pays démocratique ?

Absolument ! Mais c’est exactement çà la démocratie. Vous savez, l’opposition d’aujourd’hui devient la mouvance de demain et ainsi de suite la roue de la politique tourne. Nous avons des lois qui sont votées au parlement et elles s’imposent à nous. Donc, il n’y a pas de raison qu’on ne puisse pas les respecter. Maintenant, il y a des difficultés dans leur application et sur ces difficultés, tout le monde est unanime.  Le président de la République a donné des consignes claires après avoir rencontré la classe politique : trouvons des solutions. Alors qu’est-ce qui reste ? Il n’y a plus rien. C’est vrai les gens parlent du dilatoire à gauche et à droite, mais tout ça pour moi va se cristalliser en une volonté commune pour pouvoir trouver de solution.

Avez-vous un mot à l’endroit de l’opposition ?

Elle doit faire ce que tout le monde fait. Elle doit être en règle par rapport aux dispositions qui seront prises. Je l’invite à pouvoir faire l’effort parce ça peut leur profiter demain

Quels doivent être les grands défis de la prochaine législature ?

Le rôle de l’Assemblée Nationale, c’est de faire la loi comme on a l’habitude de le dire et de contrôler les actions du gouvernement. Je pense que ce rôle ne doit pas souffrir, quel que soit la composition de la législature. Je souhaite que le prochain président de l’Assemblée Nationale, garde en esprit ces deux fonctions qu’on confie à nos représentants. Dès que, nous avons satisfaction sur ces deux points, je pense que l’essentiel est fait. Il faut que de plus en plus, on vote des lois qui donnent de l’emploi aux jeunes, des lois dont l’implication en terme budgétaire donne de l’emploi aux jeunes parce que nous avons beaucoup des jeunes qui cherchent de l’emploi. Je les invite à respecter les lois de la constitution béninoise

Votre mot de fin

Nous avons un pays qui fonctionne bien. Les gens prennent les occasions de crises comme si nous ne devons pas travailler sans difficulté. Les conflits, les crises sont des éléments de la dynamique des sociétés humaines. Que nous ayons nous-mêmes des lois, que ces lois soient difficiles à appliquer, ce n’est pas encore un problème pour quelqu’un qui connait la dynamique des sociétés. Nous sommes dans une crise, c’est évident, mais nous ne sommes pas dans un cataclysme politique. Nous tirerons les leçons capitalisées. Nous sommes dans un pays où la dynamique politique est l’une des meilleures en Afrique et cela restera.

 

 

Emmanuel AZINHOU

Le Héraut
Le Héraut
Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.

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