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Fourniture d’eau dans les résidences universitaires :  Les étudiants subissent le martyre

En plein calvaire

Depuis l’installation des étudiants dans les résidences universitaires au titre de l’année universitaire en cours, un malaise germe inconfort au niveau des résidents. Il s’agit des coupures d’eau intempestives. Phénomène récurrent depuis des années, cette situation n’a toujours pas trouvé une solution concrète. Et chaque fois que la présente défaillance se fait remarquer, les deux autorités en présence à qui les étudiants peuvent se référer se jettent la balle. Pendant ce temps, les étudiants souffrent le martyre.

Sur les 2 mois où les étudiants ont pris possession de leur cabine dans les résidences universitaires, il est déjà survenu plus de 4 fois une coupure d’eau. Intervenant à n’importe quel moment de la journée, celles-ci peuvent s’étendre sur des jours et pire, des semaines. À preuve, la récente en date, au moment où nous mettons sous presse, intervenue le samedi 23 mars ne s’est estompé que le jeudi 28, soit après une période de 5 jours. D’ailleurs, quand l’eau se décide à revenir, le flux que laissent passer les robinets n’est pas de nature à rassurer pour une consommation. Quand même, résignés, étudiantes et étudiants s’accommodent de ce qui leur est servi. Et lorsque les coupures interviennent, bassine sur la tête, bidon dans les bras, pagne noué à la taille, les jeunes étudiantes trainent leur désespoir, allant des fontaines à leur cabine.

Les hommes quant à eux, short à la ceinture ou pantalon plié, trimballent leur sceau pour recueillir le litre de liquide nécessaire à leur besoin quotidien, geignant et exclamant leur désarroi. Wahab Koto, résident du bâtiment BID A, se désole : « Je vis au 3ème étage et à cause des coupures, je suis obligé de descendre, quitte à chercher l’eau et gravir les marches jusqu’à ma cabine. C’est difficile de supporter une situation pareille ». N’oubliant pas de marteler que les coupures créent des désagréments pires que la souffrance de l’approvisionnement, il ajoute que la situation devient presque un quotidien et que le mal qui en ressort tient les promesses des ouïs dire d’une vie en résidence universitaire.

Comme lui, Reine-Christelle Lawson, étudiante résidant dans le bâtiment A Canadien étaye et ajoute : « au début on s’était dit que la situation allait se réglé tôt, que ce n’était que pour un temps, mais ça va de mal en pis. Il faut prier chaque jour pour que l’eau ne soit pas coupée ». Cet état de choses, aussi bien l’autorité que ses représentants sur le terrain en ont conscience. Angelo Montcho, Chef Service Maintenance du Cous, avoue : « il est vrai que des coupures interviennent. Nous avons conscience de la situation et nous ne cessons pas de travailler à trouver des solutions adéquates pour finir avec ».

À l’origine de la défaillance

Si servir de l’eau aux étudiants est devenu un jeu de cache-cache, c’est avant tout parce que, pour l’autorité, le matériel est vétuste et le Cous n’a pas toutes les cartes en mains pour décider d’agir. Le Chef Service Maintenance du Centre des Œuvres Universitaires et Sociales justifie : « Le château d’eau qui désert actuellement toute l’Uac, donc les résidences universitaires, est vieux de plus de 40 ans. Son érection remonte à la création de l’université et normalement sa capacité se limite à la prise en charge des bâtiments canadiens. Mais aujourd’hui, c’est ledit château qui fournit l’eau sur tout le campus ». Il explique ainsi que l’équipement principal est véritablement vétuste et en réalité, n’a plus la capacité de répondre aux exigences actuelles de l’université, surtout quand il faut considérer la population de plus en plus croissante. Il ajoute aussi que le mauvais entretien du château peut aussi être la source du problème.

Par ailleurs, la question de la responsabilité vis-à-vis de la gestion du matériel de fourniture n’est pas sans générer une négligence sur le problème. Angelo Montcho détaille : « La gestion du château relève du Rectorat. Le Cous n’en est pas responsable ». De ce fait, à moins que l’institution en charge du social trouve les moyens pour se doter de son propre château, la fin du calvaire n’est pas près de pointer le bout de son nez. Sur un autre plan, par rapport à la qualité de l’eau servit, le coupable est rapidement désigné : « le matériel de construction est vieux, le château se dégrade, les tuyaux sont bouchés ».

Pendant ce temps…

Mauvaise odeur, saleté et insalubrité prennent droit de cité dans les bâtiments de résidence attribuée aux étudiants, surtout dans les toilettes. Le défaut d’eau faisant, les étudiants obligés de faire leur besoin en raccourcissant leur consommation en eau se débrouillent pour utiliser le minimum de litre possible. Conséquence, une mauvaise hygiène sans précédent s’installe. Constance Houédédjan, étudiante résidant dans le bâtiment D Bid témoigne : « On n’arrive pas à se doucher convenablement. En tant que femme, j’ai besoin par exemple d’une certaine quantité d’eau par jour, ce qu’avec cette situation je ne trouve pas. Je n’arrive donc pas à subvenir convenablement à mes besoins puisque faire plusieurs tours avec une charge d’eau sur la tête n’est pas facile. C’est donc un mal que cela crée en moi ». Ce constat n’est pas seulement l’apanage de femmes.

Chez les hommes aussi, plusieurs souffrent le martyre. Julien Tossou, raconte sa part de souffrance : « on a du mal à faire la cuisine, la lessive, etc. C’est vrai que je suis un homme et que transporter de l’eau ne doit pas être compliqué pour moi, mais je fais face à un problème plus grave : la possession de récipient pouvant m’aider à conserver de l’eau. Ainsi, je suis obligé de faire ma lessive au niveau de la fontaine. Pour les autres besoins, je jongle ».

Face à tous ces désagréments, le responsable en charge de la question, désespéré, s’en remet à ses supérieurs pour que l’institution se dote de ses matériels pour soulager les peines. Mais pour l’heure, l’eau va et vient.

 

 

Oyéyémi AGANI (Stag) & L. A. A.

Le Héraut
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