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3ans de gestion du gouvernement Talon : Qu’a gagné l’enseignement supérieur ?

Le gouvernement de la rupture a bouclé le 06 avril 2019 dernier ses trois ans de gestion à la tête de la Marina. Pendant cette période, plusieurs réformes ont été faites. Le monde universitaire se pose la question de savoir si ses réformes constituent une progression ou régression des  universités nationales du Bénin (Unb).

« Je m’attacherai à reconstruire le système éducatif ». C’est l’une des promesses qui ont été faites par le président Patrice Talon le 06 avril 2016 lors de sa prestation de serment au Stade Charles De Gaule de Porto Novo. Pour respecter cette promesse, plusieurs réformes ont été faites pendant ces 36 mois de gestion notamment dans l’enseignement supérieur. Au plan académique le premier qui a retenu l’attention de tous les acteurs du monde universitaire en général et ceux du  privé en particulier est l’organisation des examens nationaux de licence et qui constitue la première au Bénin et dans la sous-région. Cette innovation a été succédée par d’autres à savoir la gestion des allocations universitaires, le renforcement des  intrants du système universitaire, les infrastructures et équipements, la formation et le recrutement d’enseignants.

De nouvelles filières avec une durée courte de formation de deux ans ont été crées à savoir la création de l’institut national supérieur des classes préparatoires aux études ingénieures ; la création des instituts universitaires d’enseignement professionnel dans 8 domaines à savoir agriculture, tourisme, bâtiment, travaux publics, textile A et culture, vente et commerce, maintenance des véhicules. L’augmentation des fonds destinés à la recherche scientifique, au bon fonctionnement des entités, nationale des étudiants du Bénin ont été élus respectivement première et deuxième. A tout ceci s’ajoutent les nouvelles mesures de recrutement des enseignants et la suspension des élections des chefs d’établissement, une mesure ayant impliqué la nomination le 31 janvier 2019 ; de nouveaux doyens et vice-doyen, directeurs et directeurs adjoints y compris l’installation du Conseil national de l’éducation présidé par le professeur Noël Gbaguidi.

 Les implications de ses réformes

Le 1er élément positif est l’organisation des examens nationaux de licence et de master. Grâce à l’organisation de ces examens nationaux dont la première édition a eu lieu le 28 août  2017 a permis d’assainir et de rendre crédible davantage les diplômes de l’enseignement privé. Ces établissements se sont arrangés et ont pris au sérieux les formations, ce qui ne se faisait pas auparavant. De plus, les nouvelles filières qui ont été créées ont permis de concrétiser et renforcer l’employabilité des étudiants à la fin de leur formation. Concernant la gestion des bourses, la mise en place d’une plateforme informatique de gestion des allocations universitaires et leurs bancarisations afin d’assurer la sérénité dans leur traitement et leur paiement à bonne date aux étudiants et étudiantes est devenue une réalité depuis la rentrée académique 2016-2017.

Une réforme importante a consisté à la prise de décret 2017-155 du 10 mars 2017 pour une amélioration remarquable des pratiques alors en cours. L’application de ce décret a conduit à retenir un effectif global de 29977 allocataires. Concernant le recrutement, plusieurs méthodes ont été adoptées pour accroitre le nombre d’enseignants dans les Unb en vue d’améliorer la qualité de la formation et de corriger le ratio entre enseignant et étudiant, un programme de recrutement de 200 doctorants est engagé pour améliorer les écoles doctorales avec l’espoir que dans 3ans les universités publiques au Bénin auront à leur disposition 200 nouveaux.

De plus, une vague de  100 assistants a été sélectionnée en juillet 2018 pour être recrutée dans les 4 universités nationales. Le processus de sélection de 100 nouveaux assistants sur le budget 2019 est en cours. Cette réforme permettra aux étudiants d’être mieux formés et être capables à travailler sur le terrain après leurs cursus universitaires. De même, elle permettra aux enseignants d’avoir une idée du niveau de leurs étudiants afin de les suivre tout au long de leur formation. Elle consiste ainsi un emploi aux jeunes docteurs qui étaient sans emploi, donc la réduction du chômage dans leurs rangs.

L’organisation de l’élection des organisations estudiantines à caractère syndical la plus représentative a permis d’élire l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin et la Fédération. Cette nouvelle réforme vient mettre fin au mal compréhensions entre les responsables étudiants et les autorités à divers niveaux. Ainsi, les étudiants auront de bonnes collaborations avec les autorités.

Le revers de la médaille

Ce bilan en général, même si pour certains peut susciter un satisfécit, pour d’autres il reste mitigé. Primo, la suspension des élections des chefs d’établissement des Unb ne reçoit pas l’approbation des enseignants du supérieur, car ils devraient choisir eux-mêmes leurs responsables avec toute liberté. Le hic pour la majorité des universitaires, c’est la transition insaturée avec la nomination des chefs d’entités en installant un conseil national de l’éducation. Ce qui suscite beaucoup d’encre et de salive dans le rang des universitaires. Cette situation a fait que les enseignants laissent les cours et organisent des sit-in. Ceci agit sur le bon déroulement des activités académiques notamment les cours d’amphithéâtres et agit sur la formation des étudiants. Aussi, ça fait que les enseignants ont du mal à se rapprocher de leurs collègues nommés, ce qui est le contraire de ce qui se faisait.

Secondo, le champ qui semble être le plus satanique est la suspension des 21 étudiants qui ont été exclus lors des mouvements de débrayage qui ont conduit à l’invalidation de l’année académique 2015-2016 à l’ex-faculté des lettres, langues, arts et sciences humaines qui est devenue aujourd’hui la faculté des sciences humaines et sociales puis la faculté des lettres, langues, arts et communications. Cette suspension vient de tordre un coup au cursus des intéressés. Tertio, le gouvernement pense réorganiser le mouvement étudiant en organisant l’élection des deux organisations à caractère syndical les plus représentatives, mais le constat est que ses deux institutions ne travaillent pas ensemble. Déjà quelques mois après leur élection et la discrimination s’installent. Le pire est qu’il y a déjà une mal compréhension entre les responsables étudiants et certaines autorités.

En guise d’exemple, dans le mois de mars dernier, les membres du bureau exécutif fédéral ont bloqué les bureaux du Cous/Ac à cause du non-fonctionnement du transport étudiant, des restaurants universitaires puis lors des rencontres avec la directrice du Cous, les responsables étudiants et la D/Cous se séparent à queue de poisson. Ce qui suscite beaucoup d’interrogation est l’organisation des examens nationaux de licence et de master dans les établissements privés d’enseignement supérieur. On se demande si ces examens vont permettre directement aux candidats d’être retenus sur le terrain de l’emploi. Le cas le plus criard est que les candidats malheureux font perdre ainsi leur contribution pour l’année d’échec et ces examens ne reçoivent pas d’ailleurs l’accord des acteurs des établissements privés. La réforme qui semble être démoniaque est celle des nouvelles stratégies dans la gestion des allocations universitaires. Le décret portant fixation de cota dans l’attribution des allocations a déjà suscité beaucoup de mouvements de grève, de troubles, de casses des infrastructures, et continue de susciter des sit-in jusqu’aujourd’hui.

En ce qui concerne la création de nouvelles filières, on peut dire que c’est une bonne initiative, mais où se trouve l’emploi ? Plutôt, c’est le chômage qui continue son chemin. Même pour les stages académiques on ne trouve où aller et le gouvernement parle de réforme en créant de nouvelles filières. D’ailleurs, création de nouvelles filières n’est pas une réforme, car tout chef d’établissement peut initier des matières. Pour ce qui concerne le Cne, cette institution a été installée depuis près de 2ans, mais on ne sait pas concrètement son rôle.

Au regard de tout, ceci, tous les efforts qui étaient en cours avant l’avènement de la rupture devraient être pris en compte. Toutes les réformes faites par la rupture en ces derniers 36 mois n’ont subi aucune étude ; d’abord la procédure est ratée en compte. Mais, c’est le contraire qu’on observe depuis le règne du président Patrice Talon. Ce qui conduit les universités béninoises dans une régression totale. Cela voudra dire que si rien n’est fait d’ici quelques années le Bénin sera à la dernière position dans le classement des universités africaines et celles mondiales.

Que faire pour corriger le tir ?

Pour résoudre tous les problèmes qui minent l’enseignement supérieur, il faut mener des études diagnostiques, financières, sociales, une étude stratégique et une étude technique opérationnelle avant de faire une réforme sur tous les volets.

Le gouvernement doit ramener l’élection des chefs d’établissement dans les universités nationales du Bénin pour un bon déroulement des activités académiques et permettre une bonne collaboration entre les chefs d’établissement et leurs collègues enseignants. Il urge que le gouvernement et le ministère de l’enseignement supérieur et de la Recherche scientifique prennent leurs responsabilités et revoir les réforment qui sont avantageuses pour le commun des mortels dans les Unb.

Emmanuel AZINHOU

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