7 ème FORUM SUR LA COOPÉRATION SINO-AFRICAINE : Vers une dépendance de l’Afrique vis-à-vis de la Chine

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Les 3 et 4 septembre 2018 s’est tenu à Beijing en Chine, le 7ème Forum sur la coopération Chine-Afrique. Un sommet qui a connu la participation de 53 pays sur les 54 que compte le continent africain. Une ruée de plus en plus grandissante des pays africains vers  l’empire du Milieu. Ceci, sous le regard inquiet et impuissant des Occidentaux.

Seul le Swaziland, dernier allié de Taïwan en Afrique, n’a pas fait le déplacement de Beijing en ce début du mois de septembre 2018. Les 53 autres pays du continent africain ont tous déployé de fortes délégations en Chine pour le compte du 7ème Forum sur la coopération sino-africaine (FCSA) qui s’est tenu les 3 et 4 septembre 2018 sur le thème : « Chine et Afrique : vers une communauté de destin encore plus solide via une coopération gagnant – gagnant ». De même que le président de la commission de l’Union Africaine (UA), le secrétaire général de l’ONU et 27 autres organisations internationales et régionales africaines. L’empire du Milieu, premier partenaire commercial du continent noir depuis 2008, est devenu la ruche des dirigeants africains, qui s’y bousculent dans l’espoir de décrocher des prêts pour financer des projets. Mais au-delà du financement de projets, des questions d’industrialisation et de transferts de compétences, plusieurs chefs d’État sont aussi allés solliciter de l’aide pour maintenir l’équilibre de leurs finances publiques. Et ils auront réussi à se tailler une toute petite part du gâteau. Puisque la deuxième économie mondiale va leur octroyer 60 milliards de dollars supplémentaires d’aide au développement économique. Ce financement sera déboursé sous forme d’aide gouvernementale, ainsi que des investissements et de financements en provenance d’établissements financiers et d’entreprises chinoises, a précisé le président Xi Jinping lors de ce Sommet de Beijing. Il a aussi annoncé que la Chine entend travailler avec l’Afrique pour mettre en œuvre des programmes de coopération dans les trois années à venir. Ce qui démontre la volonté de la Chine de lier son propre développement à celui de l’Afrique et d’aider l’Afrique à lever les trois obstacles de développement que sont le sous-développement des infrastructures, le déficit en personnel qualifié, le manque de moyens financiers, a laissé entendre Li Changlin, ambassadeur de la RP de Chine au Burundi selon des propos publiés par les Publications de Presse burundaise.

Une recolonisation de l’Afrique en vue

Avec un volume des échanges commerciaux estimé à 170 milliards de dollars en 2017 et des prévisions d’investissements à hauteur de 76,5 milliards de dollars en 2018, personne ne fait mieux que Pékin en Afrique. La Chine a damé le pion à l’Europe et aux États-Unis, dont l’Afrique était autrefois la chasse gardée. Et rien ne semble pouvoir faire obstacle à la conquête de l’empire du Milieu sur les terres africaines. Ceci n’est sans doute pas du goût des traditionnels bailleurs de l’Afrique, qui voient leurs intérêts ainsi menacés. Même si les États-Unis d’Amérique ont annoncé après ce sommet, l’octroi d’un fonds de 50 milliards de dollars au continent noir, il n’en demeure pas moins que les regards de ce continent sont beaucoup plus tournés vers la Chine où beaucoup d’hommes d’affaires africains y trouvent aussi leur compte.

Les Occidentaux ont longtemps déclaré la concurrence déloyale de la Chine dans les affaires, mais ils avancent d’autres arguments depuis peu à l’instar d’Antonio Tajani. Le président du Parlement européen a déclaré dans un entretien accordé au quotidien allemand « Die Welt » et relayé par Jeune Afrique le 29 mars 2017, que : « l’Afrique risque aujourd’hui de devenir une colonie chinoise, les Chinois ne veulent que les matières premières. La stabilité ne les intéresse pas ». Mais la grosse inquiétude reste bien la dette publique des États africains. La Chine contribue à environ un sixième du total des prêts accordés à l’Afrique, selon une étude du John L. Thornton China Center à la Brookings Institution. Et selon les évaluations de l’institut américain The China Africa Research Initiative (CARI), c’est près de 132 milliards de dollars de dettes que l’Afrique a contractées depuis vingt ans auprès de Pékin. Cette situation a obligé certains pays comme l’Éthiopie, la Zambie ou le Cameroun à restructurer une partie des créances détenues par la Chine. Le risque est bien visible : les gouvernements africains contractent tellement de dettes envers la Chine qu’ils mettent en gage leur indépendance politique et économique.

Riwane Waliou HOUNNOU



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