Théophile SONOU

A CŒUR OUVERT AVEC LE PRESIDENT DE L’IUP, THEOPHILE KODJO SONOU : « Nous avons des formations de Licence et de Master en Lettres et langues (Français, Anglais, Allemand, Yoruba)»

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Convaincus de ce que l’Etat, c’est l’ensemble des citoyens, nombre d’universités privées, aux côtés des publiques, se sont décidées à produire des têtes pleines et utiles à la nation. Se trouvant dans le rang de celles-ci, l’Institut Universitaire Panafricain(IUP), a aussi retenu l’attention de votre Journal Le Héraut qui vous invite ici à la découvrir par cet interview avec Théophile Kodjo Sonou, son président, ceci à l’occasion de la 2ème édition de la Plateforme d’Orientation et d’Information sur les Universités Publiques et Privées du Bénin.

Monsieur le Président, dites-nous, pourquoi l’idée de création de l’Institut Universitaire Panafricain ?

C’est un hasard, mais je ne crois pas à tout ce qui est hasard. Il faut dire que je travaillais à l’étranger dans une université nigériane à Lagos, village français du Nigéria. Les étudiants viennent là pour faire ce qu’on appelle bain linguistique. Avant ils allaient en France, au Togo, parce que la francophonie a aidé le Togo à construire un centre à l’intérieur de l’Université. Et c’est de là que j’ai compris l’importance de la république fédérale du Nigéria à nos côtés. Et malgré ces potentialités à nos portes, on n’en profitait pas. Et c’est pour cela que j’ai créé une ONG « éducation for all » et cette ONG s’est chargée d’aider les étudiants. On ne peut pas faire une immersion linguistique dans un pays anglophone étant donné que l’environnement est anglophone. Donc j’ai vu qu’un pays francophone serait adéquats. J’ai alors créé au sein de mon ONG un centre universel de recherche d’étude de langue(CUREL). Donc, le CUREL a alors signé un accord avec George GBAGUIDI le président fondateur de l’ISAM pour qu’il puisse accueillir les étudiants. C’est comme ça nous sommes entrés dans un cadre formel qui n’était pas mien à 100% puisqu’on cosignait les diplômes et aussi qu’au Nigéria, il n’est pas permis d’avoir une autre structure ailleurs. C’est de là que j’ai quitté le NIGERIA pour créer un cadre formel au Bénin. J’ai donc créé L’INSTITUT D’ENSEIGNEMENT SUPERIEUR SONOU d’Afrique. Au fil du temps, l’institut à changer de dénomination pour devenir l’institut universitaire panafricain. L’école a été créée avec le français comme langue de départ mais après l’anglais. Les étudiants anglophones viennent pour apprendre le français et non pour étudier au Bénin. Ils viennent pour un diplôme préparatoire d’études françaises.

Quelle est la particularité de l’IUP ?

La qualité des enseignants, l’ordre et la discipline est notre crédo. N’importe qui ne vient pas ici. Nous veillons même à l’habillement des étudiants parce qu’un cadre doit bien s’habiller. Nous avons une vingtaine de professeurs titulaires et de Maitres de conférences et plus d’une cinquantaine de maitre-assistant dans toutes les filières. Il y a également des assistants, et c’est des gens qualifiés qui viennent d’un peu partout en Afrique. La liste des professeurs est disponible et on peut même consulter. Ils viennent pour former nos étudiants, parce que nous insistons ici beaucoup plus sur la qualité de l’enseignement.

Quelles sont les filières disponibles à l’IUP pour une insertion facile ?

Toutes les filières de l’UIP sont porteuses. Si nous prenons juste les filières d’études françaises, lorsque vous faites le français ici, vous pouvez devenir un enseignant en lettres modernes. Donc, nous avons les lettres modernes. Les filières porteuses sont en grande partie les langues telles que le Français, l’Allemand, l’Anglais et le yoruba. Mais à part cela, nous avons les relations internationales et la diplomatie, l’Administration du Travail, la traduction et l’interprétation, l’administration des finances, secrétariat bilingue, le journalisme, le transport et logistique, la sociologie. Il y a aussi les mathématiques, la physique et anglais dans lesquelles nous commencerons à octroyer le BAPES pour accompagner l’Etat.

Vu toutes les opportunités que vous pouvez offrir à un étudiant qui vient s’inscrire à l’IUP, quel bilan faites-vous depuis la création de l’institut ?

Le bilan est positif. Il est positif parce que notre travail s’accroit tous les jours et que nous avons de très bon résultat. Mais nous avons un problème majeur au Bénin qu’est le manque de promotion des formations pratiques et des universités privée qui offrent de très bonne formation aussi. Outre cela, ce que je déplore aussi c’est que l’Etat n’oriente pas les étudiants vers les privées.

Que peut alors faire le gouvernement pour rendre la tâche facile aux nouveaux bacheliers ?

L’orientation systématique des étudiants et dans les universités et instituts publiques comme privées. Puisque ce côté est lourd à gérer, il faut créer une Agence Nationale d’Immatriculation des Etudiants qui se chargera d’informer tous les étudiants du Bénin national comme international sur toutes les universités privée comme public. Il faudrait également un soutien du gouvernement c’est-à-dire des subventions et aussi une collaboration étroite entre le gouvernement et les écoles privées.

Parlant de réformes, quelle appréciation faites-vous de tout ce qu’a entrepris madame la ministre de l’enseignement supérieur, Marie Odile ATTANASSO au cours des 12 derniers mois?

Je l’ai déjà dit à maint reprises je soutiens les réformes, je suis réformateur, je soutiens la rupture. Professeurs Marie Odile ATTANASSO est en train de faire une réforme énorme, ce que nous soutenons. Cependant, ce que nous déplorons, ce sont les précipitations qui s’enregistrent. On n’a pas besoin de faire ça, on peut planifier. Et donc, ça marche, nous soutenons, mais c’est précipité.

Quel appel avez-vous à lancer, aux nouveaux bacheliers, aux étudiants et même aux parents ?

Je leur dit que l’IUP forme dans les filières porteuses. Et qu’ils doivent tous venir puis que je peux prendre plus de 5000 étudiants. En effet j’ai de centre un peu partout, soit le campus Dangbo, celui de Cotonou, ou encore celui de Kétou, quoique celui de Porto-Novo. Je leur suggère surtout les langues au lieu de s’engloutir dans les facultés ou même de se confronter aux problèmes de cota dans universités publiques.

Propos receuillis par: Sylvestre TCHOMAKOU Transcription: Jean-Carbi ADJANOUKOU & Ghislain FANOU (Stags)



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