acceuil dans l'administration universitaire, cous ac et rectorat, mauvais acceuil, Rony fatokinsi et Ghislain Fanou, Le Héraut

ACCUEIL DANS LES BUREAUX ET SERVICES DE L’UAC ET DU COUS/AC : Le rendez-vous de l’incivisme

94

Se rendre dans certains bureaux et services de l’Université d’Abomey-Calavi (Uac), pour quelque raison, n’est pas toujours chose aisée. Ceci, du fait du mauvais accueil, de l’écart de langage et de l’insuffisance criarde de civilités dont font montre certains agents de service à l’adresse des usagers.

Ignorance, mépris, absence totale de courtoisie, manque de civilité.  C’est bien là l’épreuve que subit tout visiteur ou personne désireuse de s’offrir les prestations de certains services de l’Uac. Même le service social (Cous-Ac) censé rester très ouvert aux étudiants ne fait pas exception à la malséance. Du secrétariat du département des lettres modernes à la scolarité de la Faculté de droit et des sciences politiques (Fadesp), en passant par la guérite du rectorat, au secrétariat de l’Ecole Nationale d’Administration et de Magistrature (Enam), services les plus indexés par les usagers, la discourtoisie s’observe de diverses manières.

En effet, c’est une répulsion suivie d’une attente indéfinie qui marque l’accueil. En témoigne une étudiante en première année de Science Juridique et requérant l’anonymat : « Fermez-moi la porte et attendez dehors ! C’est ce que m’a lancé la secrétaire alors que je venais pour avoir quelques renseignements».

Mieux, même si certains agents de service ont l’amabilité de laisser entrer les usagers, la suite ne tarde pas à s’avérer bien décevante. Au fait, certains usagers expliquent qu’à toute sorte d’inquiétude, la réponse « Je ne sais pas » ne leur échappe point. Quand ils décident alors de consacrer quelques secondes de leurs temps à leur vis-à-vis, c’est pour l’assaillir de questions.

Pire, sachant bien que la préoccupation du visiteur ne relève pas de leur compétence, certains s’efforcent vaille que vaille à connaitre dans les moindres détails les contours de ladite préoccupation, objet de la venue.  Et ce pour quelle fin ? Nul ne le sait. C’est du moins ce que rapporte Cédric, étudiant et journaliste à la presse universitaire : « Dans le cadre d’un sujet que je conduisais, j’ai senti le besoin d’aller me renseigner chez le Directeur adjoint du Cous-Ac. Mais mal m’en a pris. Mon interlocuteur, à la demande de rencontrer l’autorité, a voulu savoir qui je suis. Ayant appris que je suis de la presse universitaire, elle s’est acharnée sur moi, dans l’attente que je lui donne les moindres détails sur les raisons de ma visite. Elle a même voulu que je lui expose mon protocole d’entretien avec le directeur adjoint ».

Et quand bien même le poste dont ils ont la charge exige une bonne réception du visiteur, et même une meilleure introduction de ce dernier auprès de l’autorité compétente, à entendre les usagers des lieux suscités, certains secrétaires versent dans l’extrême l’inconvenance. Une attitude qui laisse penser que le/ la secrétaire à tendance à se substituer à l’autorité. Quant aux plantons, agents de sécurité ou intermédiaires des autorités, l’acte fait montre de son habituel désidérata accablant. En complicité avec l’autorité ou non, ceux-ci nonobstant la présence de leurs patrons jurent sur leur absence.

Accusés et victimes, justifient les probables motivations

 L’administration un patrimoine publique, il est loisible de s’interroger sur les éventuels motifs pouvant constituer de terreau à aux comportements observés chez certains agents de service au cœur du haut lieu du savoir. Pendant que des étudiants victimes pensent que la sous-rémunération ainsi que le faible niveau d’instruction de ces agents de service expliqueraient le fait, certains secrétaires, tout en reconnaissant le fait,  exposent tout autres raisons pour justifier l’acte. Secrétaire de la Faculté des lettres, langues, arts et communications (Fllac), Thérèse Kiniffo, trouve que c’est le visiteur qui détermine l’accueil à lui offrir sinon, poursuit-elle, « le doyen nous a ordonné de bien recevoir nos visiteurs ».

C’est à croire que, les instructions laissées  par certaines autorités atténuent désormais l’arrogance des secrétaires vis-à-vis des usagers et des étudiants en particulier. A l’instar de Thérèse Kiniffo, Herman Hossou, chef poste-rectorat, argumente que le non-respect des formalités préétablies et  la mauvaise humeur du visiteur peuvent en dépendre.

Dans le même sillage, il ne serait pas sans importance de faire remarquer la façon dont ces agents sont parfois recrutés. En fait, il en existe de ceux-là qui sont recrutés par népotisme ou par affiliation.  Lesquels se moquent des règles d’accueil et se targuent de leur lien de parenté avec l’autorité pour mal se comporter à l’égard des usagers.

Mieux que la tâche pour laquelle ils sont rémunérés, « ce sont les réseaux sociaux et les jeux sur téléphone portable qui les préoccupent ». Et pourtant, cette conduite qui s’écarte de toute valeur éducative n’est pas sans déconvenues.

Influences à deux volets

 

Le fait, tel récurrent, devient la mode dans certaines administrations malgré les différentes répercutions  qu’il  enfante. Conséquences, les étudiants victimes éprouvent de la peine à se rendre à nouveaux dans ces bureaux au risque de s’exposer aux regards peu tolérables des mêmes agents de service. Dès lors, malgré les multiples inquiétudes de ceux-ci, ils sont contraints de se fier aux camarades, qui passent pour ‘’connaisseurs absolus’’ du campus et détenteurs de toute sorte d’informations.

Ce mode de fonctionnement, bien qu’il semble être plus facile, est porteur de nombreux dégâts pour faute d’ignorance. Par contre, certains estiment que ces mauvais accueils éduquent parfois. C’est du moins l’avis d’Alexine, victime du phénomène : « j’ai toqué et j’attendais qu’on me réponde avant de rentrer. Cependant quand je me suis décidée, le sieur m’a d’abord injurié et a fini par me demander si je suis chez moi. » A l’en croire, c’est à cette occasion qu’elle a appris le fonctionnement administratif selon lequel, il aurait fallu juste toquer et pénétrer. Mais eu égard à tout ceci, il est impérieux que les agents de service de l’Uac comme du Cous-Ac revoient leur copie afin de faciliter une meilleure prestation dans les services de ce haut lieu de travail.

Rony FATOKINSI & Ghislain FANOU (Stags)



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *