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Activités sportives au Bénin : Une source de devise ignorée

Considéré comme une activité  improductive, le sport a été pendant  longtemps l’apanage d’une classe oisive. Et pourtant, le sport appartient aujourd’hui à la réalité économique. La performance sportive de haut niveau suppose de lourds investissements, consentis par les pouvoirs publics ou les sponsors, mais constitue aussi un spectacle payant, et surtout un support publicitaire. Face à cette réalité le Bénin a encore de la peine pour booster sa croissance économique à travers cette manne économique.

L’économie du sport est une branche de l’économie qui étudie l’incidence du sport, amateur et professionnel sur l’ensemble de l’économie. Au Bénin, cette manne ne profite pas encore au développement socio-économique du pays. Outres les problèmes structurels et législatif qui se posent dans le secteur, il y a aussi la mauvaise volonté des principaux acteurs.

Depuis 2001, année de la «relance» du football béninois,  après plusieurs années de crise, les efforts de l’Etat en faveur de ce sport sont considérables mais malheureusement vains. Plusieurs milliards injectés  pour du pipeau! Alors qu’il peut en être autrement. Les différents gouvernements qui se sont succédé à la tête du pays n’ont su insérer dans leur politique nationale de gouvernance l’économie du sport. Un pilier, une aubaine qui s’avère indispensable aujourd’hui dans le développement économique du pays. Car beaucoup de pays Européens et bien d’autres ont déjà compris la leçon et accordent une grande place au sport dans leur budget national.

Du foot en passant par les autres disciplines sportives, aucune n’a encore  réellement retenue l’attention des investisseurs publics ou privés. Depuis l’avènement du renouveau  démocratique, de Soglo, Mathieu Kérékou en passant par Yayi Boni et actuellement Patrice Talon, aucun d’eux n’a su réaliser cet exploit. A ceci, s’ajoute le problème de la mauvaise gouvernance et la guerre permanente de leadership des responsables en charges du sport au Bénin.

La performance du sportif de haute compétition n’est pas qu’une aventure individuelle. L’Australie, dans la perspective des Jeux olympiques de Sydney, en a donné l’exemple en investissant massivement dans la préparation de ses sportifs, notamment en débauchant des entraîneurs du monde entier. Quant aux sponsors, ils associent leur image à la réussite d’un champion ou d’une équipe, ou encore d’un club qui a le vent  en poupe. L’inflation des droits de retransmission sportive s’explique par la privatisation de chaînes de télévision dont la capacité financière est forte, mais aussi par le puissant impact des messages publicitaires pendant la retransmission des rencontres sportives avec des tarifs proportionnellement variables selon l’envergure du Club.

En France, le cas de Bouygues donne l’exemple d’une redoutable concentration verticale: le même groupe construit les stades en amont et retransmet les parties en aval. Source de prospérité pour certaines fédérations, la télévision tend à hiérarchiser mais aussi à transformer les sports en fonction de ses contraintes propres. Mais apparemment ignorant toutes ces offres et opportunités,  le secteur  est encore en berne au Bénin. Il contribue très peu à l’économie nationale qu’il absorbe malheureusement abondamment.

Nonobstant, le sport n’est toujours pas encore un secteur  prioritaire au Bénin même si le gouvernement de la Rupture tente de dynamiser les soutiens au club, la ristourne qu’elle attend, semble juste se limiter aux victoires, oubliant que le sport peut se financer lui-même. Cet état de chose est dû au fait que  le sport n’est pas encore identifié comme une activité  à part entière pour beaucoup de béninois et la majorité de ceux qui s’y aventurent, l’ont comme activité secondaire.

Il faille donc que le ministère revoit sa politique dans le secteur et scrute d’autres horizons, sachant que le secteur peut exploiter les championnats pour développer des communications et s’autofinancer, devenant ainsi un vecteur de croissance économique pour le pays.

Jacques CAKPO

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