Après son tacle envers le parlement béninois : Kémi Séba exprime sa “déception” face à Patrice Talon

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Après le limogeage de l’avocat Yves Ogan au parlement suite à ses commentaires sur le franc CFA, le panafricaniste Kèmi Séba déçu de la position du gouvernement du Président Talon sur les questions de souveraineté au Bénin a de nouveau donné de la voix.

La position actuelle des autorités béninoises sur les questions de souveraineté ne reçoit pas l’assentiment du panafricaniste Kémi Séba qui comme d’habitude n’a pas caché sa colère. En effet, par le biais d’une publication sur sa page Facebook, ce dernier a écrit qu’il a été traversé par une certaine fierté avec l’arrivée au pouvoir de l’actuel dirigeant béninois en 2016. À ce propos, il a laissé ces quelques phrases sur sa page Facebook « J’ai fait partie de ceux qui furent émus aux larmes lors de la victoire aux dernières présidentielles béninoises , de Patrice Talon face à Lionel Zinsou car ,à mes yeux, Talon représentait la souveraineté africaine face au supplétif de la France qu’était et continue d’être Zinsou ». Malheureusement, avec le temps, sa fierté s’est métamorphosée en des interrogations qui aujourd’hui, expliquent son mécontentement. « Comment doit-on réagir lorsque l’on constate, depuis son élection, la systématique fuite en avant du président Talon face aux questions de souveraineté? Comment justifier cette humiliation qui consiste à faire licencier Yves Ogan du parlement pour le seul et unique motif qu’il a eu la dignité de s’opposer à cette mascarade de Franc Cfa maquillé de manière ridicule en Eco? Comment doit-on réagir quand son ministre de l’intérieur Sacca Lafia me menace (…) en me stipulant que l’État béninois va, je cite, restreindre le périmètre de mes libertés individuelles si je continue à déranger ses partenaires (cf Ouattara, et sans doute la France) après que j’aie dénoncé le rôle Clef qu’occupe Alassane Dramane Ouattara, au sein de la Française? Comment doit-on réagir quand certains journalistes des TV locales béninoises m’appellent pour me dire qu’ils ont reçu l’ordre d’en haut de ne plus me recevoir en plateau, de peur que je tienne des propos qui dérangent, après que j’ai critiqué le fait que la gestion du port de Cotonou soit confiée à des Belges plutôt qu’à des Africains? » se demande le panafricaniste et leader de la lutte contre le franc CFA et la FrançAfrique.
Si par le passé, ce dernier avait de l’admiration pour le chef de l’État béninois, comme le souligne cette phrase de lui, – « J’aimais le président Talon, il a fait plus que beaucoup de ses pairs sur le terrain du développement, le nier serait de la malhonnêteté », Kèmi Séba n’est cependant plus en phase avec la méthode du successeur de Boni Yayi. Pour lui,
« On ne développe pas un pays sans appliquer le principe de souveraineté. On ne développe pas un pays en tuant la liberté d’expression.»

Aimé AKEKE



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