ATTRIBUTION DES ALLOCATIONS UNIVERSITAIRES : Les étudiants crient au scandale, mais le rectorat tempère

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L’application du décret définissant les conditions d’octroi des allocations universitaires laisse voir de nombreuses irrégularités pour le compte de l’année 2019-2020. Alors que les étudiants et les organisations estudiantines s’activent déjà pour se faire entendre, le rectorat vient modérer les ardeurs.

Les murmures se font encore entendre cette année. Si bien que pour tous, le fait est devenu une coutume. Pour le compte de l’année académique 2019-2020, la mise en œuvre du décret n°2017-155 du 10 mars 2017 définissant les modalités d’octroi des allocations universitaires connaît certaines irrégularités. La principale est liée à la violation de la restriction relative au critère d’âge. En effet, en consultant les listes affichées, on se rend compte que plusieurs allocataires ont déjà plus de 21 ans. Une chose qui ne rime pas avec les réformes en cours. Car, d’après le décret susvisé, le seuil d’âge pour pouvoir bénéficier des allocations universitaires est de 21 ans au plus au 31 décembre de l’année de l’obtention du baccalauréat.

Selon les informations recueillies, cette « erreur » est due au fait que le service en charge de l’étude des dossiers cette année, c’est-à-dire l’Office du baccalauréat ne serait pas informé de ce critère. Un argument balayé de revers de la main par bon nombre d’étudiants qui estiment qu’un tel travail ne peut se faire sans un minimum d’attention ni en l’absence des services compétents du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique.

Pour y remédier, la direction des bourses et secours universitaires (Dbsu) compte extirper du lot des bénéficiaires les étudiants qui ne respectent pas les critères fixés par le décret de 2017. Mais c’est sans compter sur le fait que plusieurs étudiants concernés ont déjà versé dans les comptes du rectorat 15.000 FCFA représentant les droits d’inscription. Lesquels droits devraient être payés uniquement par les allocataires. « Pour ne pas être surpris par le temps, nous avons vite fait pour valider l’inscription, avant de recevoir l’information selon laquelle nous ne sommes pas en règle vis-à-vis du décret et qu’on sera retiré », confie un étudiant dans le cas, inscrit en première année d’anglais. A l’en croire, les tentatives pour le remboursement sont, à l’heure où nous mettons sous presse, vaines.

Approché, le 1er Vice-Recteur, Professeur Djimon Marcel ZANNOU, appelle les étudiants concernés à la patience. « Pour le moment, ceux-là n’ont qu’à attendre. Lorsque la liste des boursiers va sortir et qu’ils n’y trouveront pas leur nom, ils apporteront ce qui prouve qu’ils ont payé les 15 000F CFA et là, ils seront remboursés, » a-t-il ajouté. Bonne nouvelle pour les concernés.

ENCADRÉ : Le clap de fin est pour quand ?

C’est l’heure de tirer la sonnette d’alarme. Au vu des nombreuses incommodités enregistrées depuis l’entrée en vigueur de ce nouveau décret définissant les modalités d’octroi des bourses et secours universitaires. Promeut-on la compétence ou l’incompétence, si certains étudiants avec 10 de moyenne au baccalauréat sont retenus comme allocataires tandis que d’autres, même avec 12 voire 14 de moyenne, ne sont pas retenus ? Ma foi, c’est l’incompétence. La raison avancée pour justifier cette inégalité, c’est que l’État priorise certains domaines de formation, précisément les facultés techniques. Pis, cette année, comme pour confirmer que certaines administrations sont désertées de compétence, on fait et défait des listes sans respecter les critères définis. Et, éventuellement, ce sont les étudiants concernés qui vont en payer les frais. Il serait bon que l’État, au vu de ces constatations, abroge sans bruit ni tambour ledit décret. Ou à tout le moins changer les modalités d’application afin de promouvoir l’excellence. Car, comme le dit un proverbe, quand on ne sait pas où l’on va, on retourne d’où l’on vient.

 

Ferdinand DANGBENON



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