Bénin : Patrice TALON, vers la trahison de sa parole

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Des campagnes électorales, à son arrivé au pouvoir, le président  Patrice TALON a promit au peuple béninois de faire un mandat unique. Mais depuis peu, l’inconstance de ses propos au sujet de ce projet  prête à confusion, au point où l’on se demande si  le chef de l’Etat  ne court pas, vers la trahison de sa promesse

Faire un mandat unique afin de réaliser son projet de société puis laisser la tête de l’Etat à une autre personne c’est la promesse ayant démarqué le chef de l’Etat de tous les autres candidats aux cours des campagnes électorales de Mars 2016. Une des  promesses électorales lui ayant valu de remporter les élections présidentielles avec à 65% des voix. Mais les propos du président n’ont pas arrêté d’évoluer depuis lors. En effet, le 6 Avril 2016, Patrice TALON, après avoir prêté serment devant Dieu et les mânes ancestrales, a réaffirmé solennellement dans son discours  d’investiture,  son intention de faire un seul mandat «  je ferai de mon mandat unique une exigence morale » déclarait-il. Axant ainsi son  quinquennat sur l’urgence aux reformes politiques, à la restructuration  du tissu social en redonnant  confiance aux citoyens et à la restauration de la crédibilité du pays.

Mais depuis l’échec de son projet de révision de la constitution, le 4 Avril 2017, le président, lors d’un entretien à lui accorder à la télévision nation (ORTB)  4jours  après le rejet du pojet, à fais sortir la célèbre formule n« j’aviserai » pour parler de la question de savoir s’il  pourrait être candidat en 2021. Or, un peu plus tôt, il soutenait ne  s’en tenir qu’à un seul mandat même si  son projet de révision de la constitution ne passe pas. Plus tard le samedi  7 Octobre 2017, Patrice TALON  face à la question : le mandat unique est-il d’actualité ? Tient un discours  avec de petites nuances «  je continue de penser que ce serait une bonne chose, a-t-il répondu.

Je n’ai pas dis  que je serais un mauvais président si je dois aller chercher un second mandat….il n’y a pas de raison que je  continue de proclamer haut et fort »  Mieux, tout récemment  au cours d’une émission réalisée par TV5 monde, le 22 Avril 2018, le président Patrice  TALON a encore affirmé qu’être candidat à nouveau en 2021, révèle de son droit le plus absolu. « Je ne sais pas si je serai candidat à nouveau » a-t-il ajouté. Au vue de tels propos successifs, allant de la renonciation, aux  avis favorables à un second mandat, l’on pourrait bien s’interroger sur l’origine de cette bivalence.

Et pour cause…

Vue  les difficultés rencontrées par le gouvernement dans  les réformes politiques envisagées à savoir : le rejet  du projet de « révision constitutionnelle » , le rejet  du projet de retrait du droit de grève à certains corps de la fonction publique par la cour constitutionnelle etc…  sans oublier  sur le plan social et économique, la réduction considérable du panier de la ménagère avec les casses massive pour libérer les espaces publiques occupés  illégalement : facteur de nombreux chômages dans le pays ; de même que la paralysie du pays par une crise sociale dès janvier 2018 par les grèves dans tous les secteur de la vie économique et les quelques échecs enregistrés dans les empruns obligataires au près de la banque mondiale.

Des faits  qui vont  d’une manière ou d’une autre retardés le chef de l’Etat  dans l’atteinte de ses prérogatives pour le quinquennat ; d’où la recherche  d’un second mandat. D’un autre coté l’on pourrait analyser la situation d’un point de vue purement politique et qui se justifierais par les échecs enregistrés dans la dynamique de la révision de la constitution. Cependant, le président, ayant prêté serment et déclaré qu’il ferait de son mandat unique  une exigence morale, ne sera-t-il pas traiter de parjure s’il se présentait aux élections de 2021 ?

En effet Patrice TALON  candidat en 2021, aurait trompé le peuple pour avoir son suffrage, ce qui va remettre en cause  sa crédibilité et sa réputation. Et pourrais même être condamné pour parjure car le sceau du serment est sacré. Face à telle situation, il serait honorable de la part du président de la République de  tenir parole, afin de préserver sa dignité. Mais irrémédiablement le choix lui revient n’est-ce pas à lui le choix.

Sèna Serge ADJAKOU & Daniel KOGO (Stags)



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