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CESTIA-BENIN : La marque du tertiaire et de l’agriculture

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Dans un univers où les écoles et universités se laissent emporter par une généralisation  qui inhibe les vrais talents des uns et des autres, une école a vu le jour. Contrairement aux pratiques en vogue, elle  entend se distinguer de la masse, en donnant plus de chances aux jeunes bacheliers, étudiants et  tout jeune béninois de se donner une arme sûre d’insertion. L’agriculture et le tertiaire sont sa force. À la découverte de CESTIA-Bénin, c’est avec son directeur,   Jean-Louis SOKADJO, enseignant des sciences économiques et social

C’est quoi le CESTIA ?

CESTIA, c’est le Centre d’études supérieures en tertiaires, industrie et agriculture du Bénin. Elle est née de la volonté de trois enseignants qui ont eu le goût de vouloir promouvoir le BAC+. On avait des élèves qui finissaient la Terminale et puis il y avait un problème de distance pour eux pour se rendre dans la ville de Cotonou ou encore au Campus d’Abomey-Calavi. Et c’est de là que nous avons eu l’idée, c’était en 2004. Notre ambition était beaucoup plus de s’orienter dans l’agriculture, un domaine beaucoup plus fertile en matière d’auto emploi. Mais, chemin faisant malgré les efforts d’orientation, le tertiaire a fini par dominer. Certes, il y a les structures et lycées agricoles au Bénin, mais nous nous adressons beaucoup plus à nos élèves d’enseignement général. On voulait les orienter un tout petit peu dans ce domaine. Mais il se fait que le coût de la formation ne leur permet pas, parce qu’on formait BAC+2 en agriculture, mais l’examen se déroule en Côte d’Ivoire. Donc, on a eu une première promotion qui a pu s’insérer en production animale puis en production végétale. Mais après, les promotions suivantes, c’est le tertiaire : la comptabilité, le marketing, la gestion des ressources humaines  et puis la communication. Mais à côté de cela, nous faisons des formations professionnelles de très courte durée, des modules de deux, trois mois en agriculture. Ça peut être la production animale, la production agricole. On a des institutions associées avec qui nous travaillons qui forment surtout dans le domaine des énergies renouvelables et le montage des antennes paraboliques.

CESTIA, c’est donc le tertiaire, mais est-ce qu’il y a  d’autres avantages ?

D’autres avantages, c’est surtout la possibilité que les étudiants ont de pouvoir poursuivre en Côte d’Ivoire avec CESTIA Côte-d’Ivoire dans le domaine agricole, mais je dis toujours question de ressources.

Et ceux qui n’ont pas assez de moyens ?

Ceux qui n’ont pas les moyens seront obligés de suivre une formation diplômante. Ce que le béninois n’aime pas beaucoup. Sinon, si c’est pour des formations censurées par un diplôme en agriculture, en production animale, nous aidons.

Les cours au niveau du CESTIA, comment se déroulent-ils ?

CESTIA, Nous faisons une formation de la journée continue. C’est-à-dire on commence  à 7h30 et on termine déjà à 14h30. Et les  cours puisque jusque là, nous formons pour le Bac+2, nous avons des cours semestriels à plein temps. Donc ce n’est pas des cours modulaires. Cette année, nous allons commencer l’expérience des cours modulaires puisque les réformes en termes de LMD nous contraignent à atteindre le niveau de la licence. Néanmoins, nous continuons toujours avec le cycle BTS.

Qu’en est-il du suivi et de l’insertion des étudiants qui sortent du CESTIA

Nous les suivons, mais placer véritablement, il faut être honnête, non. Si c’est pour faire les stages d’abord, oui. On essaye de toucher des gens pour qu’ils fassent des stages. Et la manière dont vous faites votre stage peut vous permettre d’avoir un emploi.  Donc si nous, on fait l’effort de vous envoyer en stage, ne serait-ce que stage académique, selon le comportement que vous aurez eu, vous pourriez facilement avoir un stage professionnel et finir par vous rendre même indispensable à votre structure d’accueil. Mais la meilleure façon, Ce serait de former les gens à l’auto-emploi. Ce n’est pas facile, mais c’est une tâche pour laquelle il va falloir œuvrer.

Comment voyez-vous les réformes introduites dans le secteur de l’enseignement supérieur par le gouvernement en place ?

Oui, c’est de bonnes réformes. La licence nationale, il faut dire que c’est une réforme qu’il faut soutenir pour effacer l’injustice qui se créait. Puisque l’État a donné l’autorisation à des écoles de former les gens et c’est avec regret qu’au cours des recrutements, ils sont souvent écartés. Évidemment nous formons pour le privé, mais jusqu’à présent, l’État est le premier employé au Bénin. Mais l’État veut recruter, il y a une certaine discrimination à laquelle nous sommes confrontées. Or c’est ce même État qui a donné l’autorisation de former. On forme, et même certains ont eu la co-signature. Certes CESTIA Bénin n’a pas la co-signature. C’est pour ça nous sommes cantonnés à la formation au diplôme d’État, BTS et nous voulons aussi faire le diplôme d’État Licence. Nous pourrons ainsi concourir  si l’État veut recruter. Donc avec cette réforme, nous on se dit que cela corrigerait le tir. La licence n’aurait donc plus le nom d’une licence-école, mais une licence d’État.

Parlez-nous de vos relations avec d’autres universités d’ici et d’ailleurs

Nous avons de très bonnes relations. CESTIA Bénin a fini même par intégrer une grande institution qu’on appelle « Forum des grandes écoles ». C’est un regroupement d’ensembles d’universités avec des objectifs clairs et précis et une organisation en symbiose. Nous coopérons et nous composons pendant les mêmes périodes que certaines qui sont à Cotonou.

Adéquation formation emploi, que fait CESTIA ?

Adéquation formation emploi. C’est très facile de dire qu’il y a inadéquation. D’abord, qui formons-nous, pour quoi ? Est-ce qu’on forme les gens pour l’auto-emploi ? Et c’est là la question. Si c’est cela, on doit revoir notre manière de former. Mais si nous restons dans le schéma ‘’formation pour un emploi’’, je ne pense pas qu’il n’y ait véritablement inadéquation. On n’a jamais appris qu’il y a une structure qui a employé des diplômés qui n’arrivent pas à faire le travail. Donc il n’y a pas inadéquation là. La structure disponible qui veut recruter un jeune pour un travail, le jeune le fait. Il suffit pour elle, après l’avoir recruté, de le former à tout ce qu’il faut. Il a déjà le savoir. C’est comment faire pour que la structure, l’entreprise en question l’initie sans que cela ne prenne du temps. Donc l’expression « inadéquation », on l’utilise seulement, mais ce n’est pas véritablement cela. Si on veut que les jeunes créent de l’emploi, là, je suis d’accord, on va changer la manière de former, ils auront beaucoup plus de cours d’entrepreneuriat et il faudrait des structures autour pour pouvoir financer ceux qui vont sortir des projets.

Certains ont peur d’aller dans les écoles et universités privées parce qu’ils estiment qu’il faut débourser un pactole, ne serait-ce pas aussi le cas avec CESTIA ?

Non, c’est l’une des particularités de CESTIA. Certains diront que le montant est trop faible et donc, ça ne serait pas sérieux. À plusieurs occasions, ça nous fera bientôt dix ans d’existence, nous n’avons jamais la taille d’effectif en fonction de ce que nous faisons en résultat, en prix et autres. Malgré cela, ce coût bat est quelque part encore un désavantage parce que certains diraient que ce n’est pas sérieux. Mais tout est lié au contrat que vous avez avec les enseignants et la manière dont vous les traitez. Donc, que les montants soient élevés quelque part, on a l’impression que c’est une école très sérieuse, mais même si cela est moindre à un autre lieu, il faudrait d’abord voir ses résultats et l’apprécier en fonction de cela.

Le Héraut organise cette année la deuxième édition de la POIUPP-BENIN, qu’en pensez-vous ?

C’est une bonne chose, car l’orientation, elle est fondamentale. Surtout quand on va à l’Université, beaucoup se perdent pour défaut d’informations en orientation. Certes, le ministère organise des séances d’orientation, mais des structures comme la vôtre qui l’organisent également, c’est une bonne chose. Ça donnerait plus d’information aux futurs étudiants.

Un message aux étudiants et parents

Un message ! C’est un peu fort. Les parents, je dirai que le plus dur commence après le Bac. Le primaire et le secondaire ne sont rien du tout. Le parent qui dit que son enfant a déjà le Bac, il peut se débrouiller, c’est grave. Le plus difficile, c’est après le Bac et pour cela il faut qu’ils essayent de mûrir suffisamment la réflexion sur ce que l’enfant veut faire. L’enfant lui-même a son mot à dire, ce qu’il veut faire et maintenant il serait assisté parce qu’il ne faut pas confondre rêves et réalités. On rêve, mais il faut aussi tenir compte de ses potentialités pour véritablement avancer. Je dirai aux nouveaux bacheliers, aux jeunes d’avoir la tête sur les épaules, être réalistes en matière d’orientation et chercher toujours à être assez perspicaces dans son travail.

Propos recueillis par Oslo Chester WANOU & Sylvestre TCHOMAKOU Transcription : Bidossessi Alexandre AYADJI (Stag)


Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


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