Considérés comme maladies propres aux pays industrialisés, les maladies de l’occident deviennent de plus en plus fréquentes de nos jours dans les sociétés africaines. En raison de l’accès à de nouvelles technologies et l’urbanisme, les pays du sud sont sujets à des maux qui jusqu’à présent étaient l’apanage des pays développés. Que ce soit des maladies cardio-vasculaires, des maladies du métabolisme, des maladies de l’auto-immune et de l’immunité ou des maladies dégénératives ; elles se développent en nombre inquiétant et semblent augmenter de jour en jour. Elles sont principalement les conséquences de la dégradation de notre environnement ou encore de nos modes de vies et de notre alimentation. En effet, notre mode de vie de citadin nous impose souvent une durée excessive de travail, des soucis professionnels, une insuffisance de sommeil et d’exercice physique. Mais surtout de nombreuses erreurs alimentaires, des excès d’alcool, de tabac, de drogues. Toute une floraison de procédés qui ont généré  l’expansion des pathologies non transmissibles. Hypertension, Accident cardio-vasculaire (AVC), diabète, hépatite chronique, le cancer et d’autres maladies dégénératives sont en explosion. Déjà que l’Afrique a toujours été vue comme le continent de risque sanitaire en raison du paludisme, d’Ebola, du sida…, il subit aujourd’hui une sorte de « double peine ».

Les pays africains subissent des bouleversements alimentaires profonds depuis la colonisation. L’agriculture conventionnelle a apporté son lot de pesticides, d’herbicides et d’autres raffinages infectant des grands principes de l’alimentation biologique et humaine. Notre alimentation est de plus en plus pauvre en éléments nutritionnels et riche en additifs (aromes chimiques, sucres de synthèse, conservateurs…). En conséquence nos organes s’épuisent à éliminer toutes les charges caloriques et toxiques. Et là une nouvelle réalité s’impose : les maladies spécifiques aux « pays au mode de vie occidental » explosent. Avec l’alimentation qui est saturée en gras, en sel et en conservateur, la santé est mise à de rudes épreuves. Ce qui est encore plus grave, c’est l’âge toujours plus précoce auquel ces maladies apparaissent régressant ainsi l’expérience de vie (moins de 60 ans en Afrique subsaharienne selon l’OMS). Et si dans les pays développés, la majorité des consommateurs prend conscience de l’importance de privilégier une alimentation diversifiée à base de produit sain, ce n’est pas le cas en Afrique. Ils deviennent encore plus accros à ces poisons silencieux, et ne pensent même pas à se protéger.

Malheureusement, pour les pays en développement, les médecins ne sont pas suffisamment formés aux outils de promotion de la santé, de restauration de l’énergie, de diagnostic et de correction des déséquilibres alimentaires  ou les centres hospitaliers  ne disposent pas de la technologie nécessaire. Pour traiter le fond du problème, il n’y a pas d’autres choix que de revenir à des modes de vie plus adaptés à l’espèce humaine et plus respectueux de l’organisme (éviter la pollution et les excès). C’est dans notre alimentation, l’exercice physique, la gestion du stress qu’on peut trouver la solution. Si nos autorités œuvraient plutôt pour notre bien-être et notre santé, elles auraient interdit l’importation de beaucoup de ‘’ces poisons lents’’ que nous mettons dans nos assiettes. Mais comme il est clair que nous ne pouvons pas compter sur nos dirigeants pour nous protéger, il urge alors que chacun veille sur sa santé, car les conséquences risquent d’être désastreuses dans les années à venir.

Par Kalpinoxe KPOKPA