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CLASSEMENT DES NOUVEAUX BACHELIERS DANS LES INSTITUTS ET ÉCOLES DU BÉNIN : Entre objectivité et coup de hasard, l’excellence sacrifiée

Les résultats issus de l’étude des dossiers relatifs à la sélection et au classement des nouveaux bacheliers dans les écoles et instituts du Bénin se révèlent plus que grands compagnons d’infortune aux concernés. Plaintes et amertume au rendez-vous, du fait des mentions obtenues et qui visiblement sont inutiles pour la concrétisation des vœux des apprenants, plus d’un s’interrogent sur les critères de sélection et de classement dans les écoles qui parfois, ne sont pas dans la liste des choix de base.
Aussitôt finie, et d’ailleurs à sa première édition, la phase de sélection et de classement des étudiants dans les écoles et instituts du Bénin entamée le 9 octobre 2017 dresse déjà des ratés. Initiée dans le but de promouvoir l’excellence et l’équité au sein de tous les groupes sociaux sans distinction de classes sociales d’une part, et pour pallier la massification à l’Uac d’autre part, l’initiative fait régner en maître la confusion dans le rang des nouveaux bacheliers sélectionnés ou non. En effet, après la délibération des résultats relatifs à la sélection et au classement des nouveaux bacheliers dans les écoles et instituts du Bénin, plusieurs sont ces étudiants qui ne se mirent point dans les choix à eux faits par la commission chargée de ladite tâche. Nouvelle bachelière série A2 avec une mention assez bien, Farida Clédjo explique : « Je suis dans une confusion totale parce que j’avais choisi faire à l’ENAM, l’archiviste ou le secrétariat de direction ou encore la diplomatie et relation internationale (DRI). Mais lorsqu’ils ont ramené les listes, c’était toute autre chose. » Pour rappel, au cours de l’année 2017, les candidats à l’examen de baccalauréat avaient été contraints à choisir leurs filières et écoles de formations à fréquenter après l’obtention du Bac. À suivre donc cette nouvelle bachelière, le choix jadis fait, outre qu’il n’est pas pris en compte, la nouvelle école à elle attribuée, n’a jamais figuré sur les lignes qu’elle a remplies. « Ils m’ont choisi une autre filière à l’INMAC, une filière de l’art et musique dont je n’en sais rien » achève-t-elle. La joie du baccalauréat fait place donc à des indésirables. La désolation s’étend jusqu’aussi à Arthur Eglo qui, malgré les 13,24 de moyenne (mention assez bien), doit continuer l’aventure dans les facultés classiques parce que n’ayant pas été sélectionné pour l’école choisie. Si le vin est tiré et il ne reste qu’à le boire, l’autre obstacle pour lesdits apprenants est bien l’impossibilité de s’inscrire dans les autres facultés classiques qui ont déjà clôturé la phase de dépôt de dossiers. Les concernés sont donc en bonne posture pour perdre une année au risque de faire un choix de filière ne répondant pas à leurs aptitudes ou rêve.

Des critères de choix peu commodes

Le calcul des moyennes pondérées des nouveaux bacheliers classés par ordre de mérite et retenus à titre « boursier » ou « partiellement payant » et ceux qui ont choisi une filière à titre « entièrement payant », d’après les sources bien indiquées, a été fait sur la base des notes obtenues au baccalauréat et des matières principales affectées de leur coefficient de revalorisation telles que publiées dans le guide d’orientation. Ce qui conduit à la formule (Moyenne générale du BAC X 2) + moyenne des matières principales coéfficiées, le tout divisé par 3. C’est donc suivant ces critères et modalités de calcul des moyennes pondérées que certains candidats sont défaillants dans l’aventure. En qualité de président de la commission, le professeur Bienvenu Koudjo, Directeur de cabinet du ministère de l’Enseignement supérieur et de la recherche scientifique (MESRS), clarifie : « le classement se fait filière par filière, selon les choix. Or lorsque le candidat fait le choix d’une filière dans laquelle il y a beaucoup de candidats qui ont de bonnes moyennes, mais très peu de places disponibles dans cette filière, ce sont les meilleurs qui vont occuper les places pour être bousier, demi-bousier et même à titre payant. Si le candidat est dans une filière où il y a très peu de demandes, même s’il n’a pas une bonne mention, il peut être retenu dans cette filière. Par contre, lorsque le candidat s’est retrouvé dans une filière où il y a beaucoup de demandes, même s’il a obtenu une bonne mention, il peut ne pas être sélectionné compte tenu du nombre de bourses disponibles dans la filière de son choix ».

À côté de la plaque

Avant tout, l’objectif de l’initiative de classement des jeunes dans les écoles et instituts est de les aider à mieux réussir leur parcours académique et à promouvoir l’excellence. Mais, considérant les critères de choix pris en compte, il est à observer que ceux-ci sont loin des génies de chaque apprenant, car le bonheur n’étant pas toutes les fois au rendez-vous, les notes obtenues à l’examen n’ont pas qualité d’apprécier les domaines de compétences des lauréats. Ne voit-on pas des brillants connaître des moments faibles dans le cours de leur vie ? Objectivité s’invitant, il aurait plutôt été raisonnable de consulter les notes obtenues par ceux-ci le long de l’année scolaire 2016-2017, pour ne même pas dire deux ans en arrière. Face à cette situation, les candidats laissés pour compte sont toujours dans l’attente que les autorités proposent une nouvelle thérapie. « Je souhaite que nos autorités, notamment la ministre Odile Attanasso fasse quelque chose pour nous, pour que nous soyons réintégrés dans les écoles » invoque Artur Eglo, nouveau bachelier.

Saturnin A. NOUKPO

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