Patrice Talon, Chef de l'Etat,Chef du gouvernement

COLLABORATION GOUVERNEMENT – ETUDIANTS : Le grand retour après la débâcle ?

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Après la suspension des associations estudiantines le gouvernement béninois a décidé de la levée de l’interdiction à la suite du conseil des ministres tenu le 26 juillet 2017. Même si la décision finale et les critères de collaboration Etat-associations estudiantines ne sont pas encore disponibles, cette décision qui n’est pas sans faire réjouir les associations et institutions estudiantines, vient marquer la fin d’un log épisode de geôles.

Patrice Talon, Chef de l'Etat,Chef du gouvernement

Patrice Talon, Président de la république du Bénin

La communauté universitaire aura attendue 9 long mois avant la levée de l’interdiction d’activités de toutes les associations faitières d’étudiants. Tombée le 5 octobre 2016, cette décision qui sonnait le glas du droit à la liberté d’expression et d’association garanti par la constitution, n’a pas manqué de faire couler encres et salives. En effet, dès sa sortie, ce sont les professeurs de l’Uac représentés par Alphonse Gaglozoun, qui, lors de la cérémonie de lancement officiel de l’année académique 2016-2017, l’ont fustigé. Ce ne sont pas les confédérations syndicales et les organisations de défenses de droits de l’homme qui sont restés en marges du courant de contestation qu’elle a suscité. Par ailleurs, les étudiants, premiers concernés, n’ont pas manqué de lutter par toutes les voies possibles et de revendiquer leur libertés d’association. C’est d’ailleurs dans cette optique qu’un recourt a été adressé à la Cour Constitutionnelle, Cour qui a tranché en faveur des étudiants, reconnaissant ainsi la violation de la constitution. Le gouvernement, ainsi désavoué, qui entre temps, face aux récusions, a entrepris une longue campagne d’explication, vient se remettre, après ce conseil des ministres du 26 juillet 2017, d’une décision assez contestée.

Au campus ont se réjouis

Dès le communiqué final du conseil des ministres annonçant l’abrogation de la décisions précédente portant suspension et interdiction d’activités de toutes les associations faitières d’étudiants sur tous les campus universitaires public du Bénin, c’est un ouf de soulagement qu’ont marqué la masse estudiantines. Les responsables des différentes institutions estudiantines longtemps resté dans l’abattement n’ont pas manqué d’exprimer leur joie. Alphonse Sindo, responsable à l’Ensemble Artistique et Culturelles des Etudiants (Eace), avoue que cette décision est salutaire. Il fustige quand même l’absence d’accompagnement car affirme-t-il « quand on donne la liberté sans accompagnement, il n’y a rien de saint ». Dans la logique de la satisfaction, les responsables des institutions représentatives des étudiants, contents de ce revirement, ne manquent pas d’affirmer toute leur exultation. « Désormais le gouvernement reconnait et garantie la liberté d’association sur les campus universitaires » jubile Rodolpho Dah-Kindji, président de l’Union nationale des Scolaires et Etudiants du Bénin (Unseb). Comme lui, Alain Nouho, président de l’Union Nationale des Etudiants du Bénin (Uneb), n’est pas sans se satisfaire, même si, précise-t-il, « on n’a pas encore eu connaissance du décret en tant que tel », invitant ainsi l’autorité à faire parvenir le décret afin de permettre aux étudiants d’être au même diapason. Mais pour Rodolpho Dah-Kindji, « c’est déjà important que le gouvernement revienne sur sa décision ».

Risque d’un nouvel embrigadement ?

Si les uns et les autres sont satisfaits de la décision, ils ne manquent pas de marquer des réserves. C’est déjà le cas du d’Alain Nouho, président de l’Uneb pour qui, la non mise à disposition du décret pris, ne rassure pas. C’est alors à juste titre qu’il s’interdit de se prononcer définitivement sur l’opportunité ou non de la décision prise en conseil des ministres. Pour le président de l’Unseb, la liberté d’expression et d’association est garantie par la loi fondamentale en République du Bénin. « Le gouvernement ne saurais donc quel que soit sa force l’embrigader à nouveau » précise-t-il. Il espère aussi la transmission et la publication du décret pour plus d’éclaircissements sur les intentions réelles du gouvernement.

Luc Antoine AMEGNISSE


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