Delphin Mèhinto à propos de ses prérogatives une fois recteur : « C’est une considération équilibrée entre enseignants, étudiants et personnel administratif »

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Chirurgien de formation, Delphin Mèhinto s’aligne lui aussi pour la course au fauteuil rectoral de l’Uac. Qu’est-ce qui peut bien expliquer une telle ambition d’administratif chez un homme qui est formé pour rester au chevet des malades ? Quel diagnostic a conduit le chirurgien à cette option et quelle est sa thérapie pour la réanimation de l’Uac vue sous l’angle d’un patient ? À cœur ouvert avec Delphin Mèhinto, c’est ici.

Le Héraut : Pourquoi avez-vous décidé de prendre part aux élections rectorales de l’UAC ?

Je m’en vais d’abord saluer l’équipe finissante qui sans fausse modestie a beaucoup fait pour notre université. Néanmoins, vous convenez avec moi que des défis restent à relever. Et si nous avons décidé de nous mettre au-devant de la scène, c’est pour nous mettre au service de la communauté universitaire, nos talents, nos atouts, les atouts de notre équipe en développant les politiques idoines pour inscrire et durablement cette université dans l’excellence que chacun de vous appelle de tout son vœu. Il sera aussi question de travailler pour l’épanouissement de chaque couche de la communauté que nous formons, à savoir les étudiants, le personnel administratif et de service, les étudiants, bref, toutes les composantes de l’université.

Quels sont déjà vos ambitions et projets pour le corps professoral

Le problème du corps professoral, c’est les conditions de vie et du travail. Certes, on n’a pas de problème de salaire, nos salaires sont payés par le ministère des Finances. Nous n’avons donc pas de problème de salaires, mais ce qui dérange, c’est les conditions dans lesquelles nous travaillons. Et donc, notre équipe propose d’améliorer, de changer cette condition de vie là. On a parlé de problème de rétrocession. Quand les chefs d’établissement n’ont pas à temps les rétrocessions, ils ne savent pas faire face à leurs dépenses, donc, nous, nous avons proposé une méthode originale pour les rétrocessions. Quand vous êtes de l’Enam, Flaac, Fsa… vous payer à la banque, si c’est 1 F qui doit revenir à l’entité, le compte est à la banque là-bas et lorsque vous payez, le dispatching se fait à la banque et l’entité a de l’argent pour travailler. Ce faisant, on aurait amélioré déjà les conditions de travail des enseignants.

Ensuite, quand l’enseignant a ces conditions matérielles, il doit évoluer dans sa carrière. Sur ce plan, nous sommes régis par le Cames et l’enseignant a besoin de travailler. En même temps, il y a les critères du Cames qui lui permettent de gravir les différents échelons donc, nous apportons des solutions particulières à chaque critère pour favoriser l’octroi des conditions matérielles pour aller suivre des congrès, publier des articles, présenter des communications… toute chose permettant de se mettre en valeur et en même temps de satisfaire les critères rapidement pour évoluer et avoir les différents grades du Cames. Nous allons augmenter le nombre d’enseignants qui bénéficient des fonds de recherche ceci, pas sur l’argent des enseignants des entités, mais, on va chercher des fonds externes.

Et rassurez-vous, il y en a dans la ville de Cotonou ; les Béninois sont capables quand on va leur expliquer que c’est pour l’Université, pour le bien du pays, ils vont sortir l’argent et nous accompagner parce qu’ils verront eux-mêmes que l’université a décidé résolument de prendre sa place et de jouer sa partition et donc de contribuer effectivement au développement du Bénin et même au-delà. Quant à la qualité de l’enseignement, on va faire en sorte que celui qui doit enseigner viendra enseigner.

Collaboration autorités universitaires et représentants étudiants, votre thérapie

C’est une gestion inclusive, c’est une excellente ambiance de travail à partir du moment où je vous ai dit que c’est une considération équilibrée entre enseignants, étudiants et personnel administratif, on ne fera rien dans le dos des étudiants les concernant. On ne peut pas dire que les étudiants seront présents à toutes les audiences, ça ne les concerne pas, mais les audiences qui les concernent, ils y seront, écoutées et leurs doléances seront prises en compte parce que c’est eux qui vivent les conditions. Ils seront donc pris en compte dans tout ce qu’on fera les concernant. C’est un cadre consensuel et d’ailleurs, ce n’est pas nous qui allons créer le cadre de dialogue, il existe déjà ; seulement, que nous allons travailler à le redynamiser.

Que pensez-vous que la question du genre face à l’équipe totalement masculine que vous proposez.

On a trop vite faire de penser que le genre se limite au sexe. Mais il n’y a pas que ça, nous avons dit dans notre projet que nous allons faciliter l’accès à l’Université aux handicapés, aux couches défavorisées, tout ça, c’est l’approche genre. Nous allons réserver des parkings spécifiques pour les étudiants. Nous allons développer des programmes spécifiques au profit des étudiants handicapés physiques, moteurs, visuels aussi. Cette dernière catégorie par exemple, il y a des ordinateurs qu’ils utilisent avec leurs caractères brailles, des programmes spécifiques et nous travaillerons à mettre tout ça à leur disposition et c’est aussi ça l’approche genre. En plus, il ne faut pas être femme pour défendre la femme. Il n’y a pas meilleur sexe, qui défend la femme que l’homme.

Une invite, un appel aux électeurs

Le programme est réalisable donc, sur cette base-là, de nous faire confiance et de nous élire massivement le 30 octobre prochain, pour que notre université soit revigorée pour une véritable excellence d’où la liste MYBA-EXCELLENCE ; nous voulons l’excellence !

Réalisation : Oslo Chester WANOU



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


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