Dr GEOFROY BOTOYE À PROPOS DE LA PRESSE UNIVERSITAIRE D’AFRIQUE :« L’objectif du PRUNAF est de rendre visible la recherche scientifique et de diffuser le savoir »

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Depuis  une presse universitaire atypique a vu le jour à l’UAC. Destinée à la production, la reproduction et la publication des documents scientifiques provenant des universités, cette presse vient révolutionner la publication et la production des documents académiques et scientifiques. Geofroy Botoye, responsable de ladite presse explique ici ce qu’est la PRUNAF.

Professeur, de quoi retourne la Presse Universitaire d’Afrique ?

 

Cela relève d’une initiative de quelques enseignants et collègues à moi de l’espace CAMES. La PRUNAF est une maison d’édition qui s’occupe exclusivement de la production des chercheurs. Ceci est motivé par le fait qu’ici en Afrique, les maisons d’édition ne font pas une classification de sorte à produire dans les normes les documents académiques, les conserver de façon adéquate et les distribués dans les espaces appropriés. En effet, faute de sérieux, les productions qui se sont faites à l’intérieur des laboratoires, des départements des facultés, des institutions, des écoles, etc., se retrouvent dans la rue. Ceci, alors qu’il s’agit de productions scientifiques, académiques. C’est suivant tout ceci que mes collègues et moi avons mis sur pied la PRUNAF. Par ailleurs, c’est une tradition pour les pays qui ont un programme scientifique d’avoir leur presse. C’est ainsi que nous avons la presse universitaire de France, de Reine etc. Et puisque l’espace Cames n’est pas doté de cet instrument, nous avons mis sur pied l’initiative. La PRUNAF est donc typiquement consacrée à la production scientifique des chercheurs. Son objectif est de rendre visible la recherche scientifique et de diffuser le savoir

 

comment l’Uac est-elle devenue le siège de cet instrument régional ?

 

Lorsque l’idée est née, plusieurs pays se sont proposés pour l’accueillir et servir de base pour la réalisation. Entre autres, il y avait le Sénégal, le Burkina-Faso, le Mali, etc. Pire, le Mali avait fait même comprendre qu’il a un bâtiment pour l’accueillir. Tout était pratiquement fait. Mais, au moment de présenter le projet à l’ex-recteur, Brice Augustin Sinsin, il m’a fait remarquer, compte que cet instrument serait plus utile au Bénin. En effet, l’Uac disposait d’un centre similaire qu’est le CPU où s’effectuait la reprographie ; mais ledit centre est en déliquescence. Il fallait lui donner un coup de neuf, le dynamiser en trouvant une structure parallèle capable de lui assurer les travaux nécessaires. L’aubaine était la Presse Universitaire d’Afrique. Poussé alors par un sursaut patriotique, j’ai saisi cette occasion que m’offrait le recteur Sinsin. Celui-ci a pris le dossier en main et nous a autorisés à nous installer dans l’Amphi TELETON/UAC au 1er étage. Nous siégeons par ce fait à l’Uac. Les professeurs et recteurs des universités d’Afrique sont venus nous rendre visite par la suite et ont constaté que nous avons démarré les activités.

 

À ce jour, qu’avez-vous déjà fait au Prunaf ?

 

Il faut savoir qu’en 2000, j’avais déjà créé une 1ère revue : AEGYPTIA. Avec les collègues membres du comité de la PRUNAF, je l’ai ressuscité. À propos, nous avons déjà publié un premier numéro (EGYPTIA N°1) et le second s’annonce déjà. L’autre travail que nous avons fait est de séparer les productions des sciences humaines et sociales des productions scientifiques des sciences dures. Nous avons donc deux productions simultanées : la parution scientifique et la parution touchant les sciences humaines et sociales. Autre chose, quand nous lançons la campagne, nous prenons des articles aussi bien en sciences humaines et sociales que des articles en science expérimentale, économique. Mais ils paraissent dans deux documents séparés. Nous donnons aussi une autre possibilité aux laboratoires et aux chercheurs, aux doctorants et étudiants vers la fin de l’année à partir de juin. Ceci, afin de faire pour la rentrée de septembre, une édition spéciale. Ce qui fait que nous avons une 1ère campagne qui parait en Mars et puis une seconde qui collecte les articles vers la fin d’année. Puisqu’il y a des échéances des docteurs qui ont besoin de publier leurs articles, les chercheurs qui doivent aller aux échéances, au CAMES.

 

Combien d’articles ont été déjà publiés ?

 

Nous avons un numéro composé de 10 articles et nous attendons le second numéro pour aller à l’imprimerie. Ces articles ont été déjà publié par les auteurs eux-mêmes dans le compte de leur soutenance pour obtenir un grade au CAMES mais ne l’étaient pas encore dans la PRUNAF. Les revues sont annuelles et les livres peuvent être publiés à tout moment.

 

Vos productions sont-elles en ligne ?

 

Ceci reste encore un projet. Nous faisons déjà l’effort pour écrire sur des sites. À cet effet, nous fonctionnons aussi sur demande. Lorsque quelqu’un écrit son livre, son projet, et nous demande de le traiter, nous le faisons avec toute notre volonté.

 

Qui sont ceux qui peuvent publier au Prunaf et quelles sont les conditions à remplir ?

 

Cette maison d’édition concerne tout le monde : les enseignants de tous les grades, même les étudiants. Quand je parle d’étudiants, je ne parle pas que de ceux qui sont en master, je mets aussi l’accent sur ceux qui sont en année de licence et qui ont envie de publier un article ou toute autre production. D’ailleurs, des étudiants travaillent actuellement sous ma direction et j’ai promis publier au Prunaf, les productions de ceux qui auront réussi leur mémoire. Le Prunaf prend en compte toute catégorie de personne ayant l’ambition d’écrire et de publier. À propos des conditions à remplir, sachez que lorsque vous apportez votre manuscrit, nous le traitons en l’envoyons à des spécialistes. Ceux-ci le lisent, le corrigent en y insérant le nécessaire. Bien sûr, ils sont rémunérés. C’est ainsi que toutes les revues sont payantes. Actuellement, nous payons 5O mille francs par articles. Notre base de financement nous permet d’assurer ces dépenses.

 

Qu’en est-il de l’appel à collecte ?

 

Nous avons lancé depuis le 10 octobre passé, un nouvel appel à collecte afin de recevoir et publier en mars prochain une nouvelle édition de notre revue. Au public universitaire, nous offrons donc la possibilité, à partir du mois d’octobre de chaque année, de déposer le manuscrit de son article pour publication. À cet effet, avons créé trois collections : la collection Nille (pour les thèses), la collection Whangarei (pour les recherches scientifiques) et la collection Colibri. La revue annuelle est dénommée AEGYPTIA et elle vient renforcer ses prestations éditoriales en vue de l’objectif commun à atteindre : la visibilité de la recherche et de la diffusion de notre savoir dans notre espace de production scientifique africaine. Il faut rappeler que, la revue AEGYPTIA organise pour son édition annuelle deux parutions simultanées et distincts au service des Sciences Humaines et Sociales d’une part et d’autre part, des Sciences Expérimentales et Economiques. Il s’agit notamment de : « AEGYPTIA revue africaine de philosophie et des sciences de l’homme » ; « AEGYPTIA revue africaine des sciences expérimentales et économiques du développement ». L’appel à contribution pour l’une et l’autre s’ouvre, bien entendu, le 10 octobre de chaque année en vue d’une parution prévue au mois de mars de l’année suivante. Si vous envisagez une publication, merci de respecter ce calendrier. Toutefois, comme dit précédemment, une édition de rentrée peut être spécialement ouverte sur demande pour satisfaire les besoins de publications des écoles doctorales, laboratoire, etc. La collecte pour l’occasion s’organise exclusivement du 1er au 05 novembre.

 

Quelles sont les difficultés que vous rencontrez ?

 

La première difficulté est la communication, la seconde est le matériel. Nous sommes confrontés à celles-ci parce que nous avons commencé avec nos propres moyens. Mais nous n’osons pas demander davantage aux universités. Avec le minimum d’équipement que nous avons, nous serons obligés de travailler avec les coopérations universitaires pour installer une reprographie, car les professeurs en ont besoin pour mieux dérouler les cours.

 

Un appel à lancer ?

 

Nous exhortons les autorités à divers niveaux à soutenir cette presse qui valorise la recherche scientifique. Nous les sollicitons surtout pour créer des postes de distribution afin de faire voyager les documents partout dans les universités africaines, car la production scientifique est la puissance d’un continent et d’un pays.

 

Parallèlement à vos fonctions, vous êtes aussi promoteur d’une université privé. Donnez-nous un aperçu de vos prestations

 

En effet, je suis également promoteur d’une université qui s’appelle « Institut des Formations Avancées ». C’est une école normale supérieure dont le siège principal est à Bohicon. Nous avons aussi une annexe à Paraná (Calavi Tankpè). Nos formations qualifiantes offrent des connaissances et un savoir-faire de niveaux supérieurs à tous. Une vraie chance d’insertion professionnelle pour ceux qui n’ont pas le BAC ou le brevet.

Réalisation : Emmanuel AZINHOU



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


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