Edito : Dans l’univers de la cité… Par Moïse TCHEGNONSI

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L’université a ouvert ses portes pour recevoir à nouveau ses occupants. C’est bien parti pour environ 10 mois de mugissements tels des vagues d’océan. Enseignants et étudiants se retrouvent pour la quotidienne dialectique du « lier le bois au bois » de l’apprentissage.

L’administration retrouve son affairement à offrir la meilleure terre de marche à ses occupants. Les bouchées sont mises doubles pour faire tourner la locomotive. Les décanats sortent les nouvelles autour desquelles s’agglutinent de part et d’autres des essaims d’étudiants qui y prennent les informations utiles. Les unes pour rendre les résultats finaux et les autres pour donner le programme des cours. Ces étudiants, les plus nombreux de la cour du roi du savoir y viennent pour acquérir une portion de sa potion de génie. Rien de plus pour créer une montée d’adrénaline en cette rentrée. Ils étaient un octomillier l’an dernier.

Combien sont sortis ? 1000 ? 10000 ? L’évidence nous amène à compter plus que le nombre de la dernière rentrée car un flot de nouveaux étudiants s’y est ajouté. Ces novices découvrent l’univers de la cité. Il est grand, vaste et complexe. Rien n’est simple dans ce « haut lieu de savoir » constatent-ils. Déjà pour obtenir la filiation de la grande cité, il faut suivre un ordre protocolaire.

Du dépôt de dossier à l’obtention du précieux sésame de la carte d’étudiant, il faut être un combattant. Aussi n’apprend-t-elle pas aux combats de la vie ? C’est avec désillusion qu’ils découvrent cette grande réalité. Le combat est d’ailleurs sans cesse. L’inscription, le premier combat ouvre la voie aux multiples autres vicissitudes de l’univers de la cité. Il faut aller au cours. Cette obligation les fait découvrir un nouveau vocable : les amphithéâtres.

Ce sont de grandes et vastes salles de cours construites pour contenir plusieurs centaines voire un millier d’étudiants. Cette découverte n’est pas alarmante. L’alarme est déclenchée en eux lorsqu’ils se retrouvent à l’intérieur des amphithéâtres entassés tels des poissons dans des boites de sardines, suffoquant et assis dans un inconfort de prison. Ils apprendront à leur dépend qu’il faut venir plus vite que la lueur du jour pour réussir à se trouver une demie place assise sinon on reste debout de la matinée jusque dans la soirée.

Pendant les premiers de jours de cours, les nouveaux venus dans l’univers de la cité ont du mal à comprendre le système de cours, tellement le style a changé. Ils sont désormais à  la recherche. A cet imbroglio, s’ajoute l’enquiquinement des chasseurs de lead. Ceux-ci n’ont cessé de venir troubler les pauses passer un prétendu message qui pour la plupart n’est pas d’une utile importance.

Ils sont très préoccupés de se faire une place au soleil au point de se donner quelque fois à des spectacles dignes de cirque comme l’écrivain russe De Anton TCHEKHOV l’a dit « l’université développe tous les dons de l’homme, entre autres la bêtise. » Ils découvrent ainsi des politiciens du campus.

Ces parleurs passent leur temps à se montrer préoccupés par la piteuse condition d’étude et promettent lune et miel. Et pourtant la journaliste Delphine Jouenne a prévenu dans sa tribune libre paru dans le journal français l’opinion le 22 Mai 2019 que les promesses sont des paroles à crédit mais qu’en savent-ils ces nouveaux ? Ils sont pareils à des moutons de panurges et se laisseront prendre au piège de leur recherche de gain facile.

Dans cette quête, des étudiants « doyens » se prenant pour défenseur fixent des montants pour leurs œuvres de bienveillance et grugent ainsi les âmes ignorantes. Bientôt ils les découvriront dans leurs muscles réclamant des « droits inavoués » au lieu de leur matière grise au tribunal de la pensée. La liste des découvertes est longue dans l’univers de la cité…

 

Par Moïse TCHEGNONSI

 



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


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