Le phénomène rupture

EDITORIAL : Le phénomène “Rupture”

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Des rêveurs, voulez-vous en connaître ? Ne remontez pas le temps jusqu’à Arthur Rimbaud, Charles Baudelaire ; ou encore à Paul Verlaine, Stéphane Mallarmé, etc. Ils sont là. « Béninvi » 100%. Leur leitmotiv, c’est « tenir tout le monde sans avoir de compétiteur ».

À leur apparition, personne, devin soit-elle, ne pouvait songer à quel point ils seraient prêts à tout désacraliser. Pour eux, même les mains figées ont clamé de jubilations, de jubilations, et encore de jubilations. Hélas ! C’était un égarement de l’esprit. Les étudiants quoiqu’adulateurs ont vu  tôt s’avancer l’Hydre en prenant les rues pour réclamer le retour à l’orthodoxe.

Au grand dam des missions confiées à lui, le régime de Patrice se conduit avec maestria en fulgurant autocrate parce que n’ayant “rien à prouver et rien à servir au peuple” pour insérer son nom dans les annales des “Hommes du changement”.

L’indifférence, la surdité, l’oisiveté, la somnolence et même la ruse dont fait montre la compagnie « rupture » pour prétendre préparer une jeunesse forte ; une jeunesse responsable, dynamique et prête à relever les défis de la nation, provoquent langueur.

Si on admet qu’un jeune homme qui a parcouru cent(100) villages peut rivaliser en connaissances avec un vieillard centenaire, la connaissance de la jeunesse est embrigadée par la maladie de l’ignorance dont souffre « la Rupture ».

Un peu perdus dans les couloirs de la Marina, les imposants de l’idéologie rétrograde  ont-ils eu le temps d’oublier qu’hier, quand la terreur dictait sa loi et tout le monde se dissimulait, les organisations estudiantines, à la faveur des actions multiples et grâce à leur pluralité ont fait jaillir de l’absolutisme, la démocratie ?

S’il faut suivre la logique du décret de réorganisation des faîtières brandi par le gouvernement au lendemain de la décision de la Cour, aucun doute que, si positif est l’avis des étudiants, maudit serait donc le mouvement étudiant. Car, respirant politique jusqu’à la moelle épinière, les initiateurs tout comme d’autres apprentis ne rateront aucune occasion pour en faire un appareil hautement politique. La liberté de choisir aidant, bonjour “la boîte de Pandore”.

Cela dit, la “Réorganisation ” tient au positionnement politique du clan “Rupture”. Héros et compétiteurs ! Certainement pas. Ce que je sais, comme Jules Renard, « quand un homme a prouvé qu’il a du talent, il lui reste à prouver qu’il sait s’en servir ». Le mouvement étudiant prendra du temps pour chavirer.

Sylvestre TCHOMAKOU



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


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