Même si les dirigeants chinois déclarent que les projets de développement chinois ne représentent pas la majorité de la dette des pays africains, il n’en demeure pas moins que le risque de surendettement de ces pays est bien énorme face à cette croissance galopante des relations Chine-Afrique. Dans un environnement de crise financière mondiale et de chute des prix des matières premières, les dirigeants du continent noir pourraient bien être tentés de prendre des engagements extrêmes pour essayer de relever leurs économies. Ce qui pourrait les conduire vers une autre dépendance, non envers l’occident, mais cette fois-ci, envers le pays de Mao. Les gouvernants africains doivent donc prendre au sérieux ce risque. Il est vital qu’ils reprennent le contrôle de leurs relations avec leurs partenaires étrangers, qu’il s’agisse de l’Occident ou de la Chine. Car il ne sert à rien de se libérer de la dépendance vis-à-vis des Occidentaux pour s’offrir à celle des Chinois. Ils doivent établir des priorités, insister sur le transfert des connaissances et négocier selon leurs propres conditions. Une perspective que les dirigeants ne sauraient éviter qu’en ayant une vue d’ensemble de la coopération avec la Chine et en faisant preuve de lucidité. Cesser d’être les gros enfants qu’ils ont souvent été devant les partenaires du continent. « Les Africains doivent être clairs et déterminer qui joue quel rôle. C’est à eux de décider, et non pas aux étrangers. »

 

Riwane Waliou HOUNNOU