Enregistrement au RAVIP : Le film d’une descente aux enfers dans la commune d’Abomey-Calavi

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Le processus d’enregistrement dans le compte du  Recensement administratif à vocation d’identification de la population (Ravip) a démarré au Bénin depuis Novembre 2017. Mais quand l’engouement tend à prendre, il se fait que  la tâche se révèle être des plus harassant pour les populations. C’est le cas à Abomey-Calavi et environs.

Parcours du combattant, c’est en résumé le calvaire que vivent les différentes populations pour l’enregistrement au Ravip. Malgré les 4 mois passés, la gestion de l’affluence par les agents recenseur ne facilite toujours pas la tâche. La population mobilisée pour la circonstance côtoie ainsi une kyrielle de difficultés allant des longues files d’attente dans les centres d’enrôlement aux mésententes entre citoyens et agents formulaires ou opérateurs kits en passant par le mauvais accueil que ceux-ci offrent. Ceci sans oublier la défection des outils électroniques des opérateurs kits.

Christine Lokossou, rencontrée à Houèto dans les environs de 13h fait son témoignage sur les difficultés que rencontrent les citoyens venus se faire enrôler au Ravip : «Je suis là depuis 5h et voilà, je ne suis pas certains de me faire enregistrer aujourd’hui. Quand  bien même l’équipe installée ici y passe son dernier jour ». Pendant que cette dernière décrit les difficultés relatives à l’attente, une autre afférente à la courtoisie et au refus de compréhension entre agent enregistreur et population se fait plus palpante. Echange d’insulte, refus d’inscrire un tiers pour « impolitesse », violence verbale, menaces, ce sont là certaines réactions qui deviennent le quotidien dans les différents centres Ravip. Et ce constat, il est fait dans presque tous les centres.

De Houèto en passant par Togoudo, la mairie de Calavi, de telles bisbilles s’observent d’un temps à un autre. À propos, Gisèle, une vendeuse de divers rencontrée à Arconville avoue : « là où j’ai fait l’enregistrement, l’équipe sur les lieux renvoie des gens et insultent trop; il faut être  beaucoup patient pour faire le Ravip». Autre chose qui accentue la peine de la population : la défection des outils électroniques nécessaires pour l’enrôlement. Autrement, les tablettes remis aux opérateurs kits font parfois peuve de disfonctionnement. Une situation qui donne un coup de main à la peine de la population.

L’autre incommodité

L’une des insuffisances qui n’est pas sans créer des difficultés, c’est celle de l’absence de centres dans plusieurs quartiers. Tout porte à croire que certaines zones sont laissées aux oubliettes. A preuve, au moment où nous mettons sous presse, certains quartier comme Finfonsi, Yinnin, Djadjo, Ahinkanmin, Wèkègbo, Zopah et autres, de même que le campus d’Abomey Calavi, n’ont jamais accueilli d’équipes pour l’enrôlement de la population. Pourtant ce ne sont pas des démarches de la part des autorités qui manquent. Hounkpati Simon, chef quartier de Zopah avoue avoir discuté avec le chef d’arrondissement de la zone pour qu’une équipe soit dépêchée à Zopah aux fins d’enrôler la population. Cependant, aucune suite n’est donnée à sa demande.

«Nous, on se plie à ce que vont dire nos supérieurs hiérarchiques » conclut-il. Pareillement, le chef quartier de Djadjo, Houngan Eloi, confie avoir mené des suppliques et que bientôt «une équipe sera envoyée pour  faire deux semaines». Aussi, faut-il ajouter que dans les autres quartiers, juste une seule équipe est installée par quartier pour l’enrôlement.

Pas plus. Une situation qui irrite Mme Lokossou lorsqu’elle demande « pourquoi contrairement à la Lépi, il n’y a qu’un seul centre d’enregistrement à Houèto alors que la population est nombreuse?». Une assertion justifiée puisque pour l’opération d’enregistrement dans le cadre du Ravip, il y a 1500 kits dans 2162 zones pour 5303 villages. Alors que pour la cos-lepi l’État a reparti les citoyens dans 7914 centres de vote.

Alternative

S’il s’avère que jusque-là, certaines zones n’ont pas encore accès aux centres d’enrôlement, ce qui sous-entend que les citoyens devraient parcourir une longue distance pour se faire enrôler, la population béninoise en général et celle d’Abomey-Calavi en particulier ne pourra se faire enrôler dans le temps convenu.

D’autant que l’opération qui a démarré le 1er novembre 2017 a duré déjà quatre mois sur les six définis. L’autre conséquence éventuelle, tirée de la défection des kits des opérateurs, est l’infiltration des erreurs dans le travail accompli par les équipes installées sur l’ensemble du territoire national. Ce qui pourrait être préjudiciable aux échéances électorales prochaines même si l’État nie une vocation électorale au Ravip en dépit des circonstances qui font un démenti. Vu l’importance du Ravip, carte à tout faire, mieux répartir géographiquement les centres d’enrôlement serait la bienvenue pour dire halte aux difficultés jusque-là observées.

Taïwo ONIONKITON & Mazidi FASSASSI



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