plateforme d'orientation, ISFE Laura vicuna, université privée, Le Héraut , Bénin

ENTRETIEN AVEC SŒUR SILVIA MELANDRI, DIRECTRICE DE L’INSTITUT SUPERIEUR DE FORMATION DES EDUCATEURS SPECIALISES ‘’LAURA VICUNA ‘’(ISFES-LV) : « Notre vision est celle d’une société inclusive où il n’y a pas de personnes marginalisées ; et nous croyons que seulement les jeunes peuvent être les vrais acteurs de cette transformation»

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L’Institut Supérieur de Formation des Éducateurs Spécialisés (ISFES) ‘’Laura Vicuna’’, est le premier Institut Supérieur privé au Bénin à former des éducateurs spécialisés. Il œuvre pour un enseignement de qualité pour le défi de la relève des jeunes de qualités, dynamiques  et capables d’entreprendre. Votre journal s’est entretenu avec sa première autorité, l’Italienne Sœur Silvia Mélandri, directrice dudit Institut afin de le faire connaître davantage au monde universitaire.

 Que retenir de l’Institut Supérieur de Formation des Éducateurs Spécialisés ‘’Laura Vicuna’’ ?

En présentant l’institut, je parle au nom de la communauté des Sœurs salésiennes dont je fais partie : l’Institut supérieur de formation des éducateurs spécialisés a été effectivement créé par les sœurs salésiennes en 2009, suite au constat qu’au Bénin, comme dans beaucoup d’autres pays, il existait pas mal de problématiques socio-éducatives concernant les enfants , la jeunesse, les personnes adultes et qu’il n’y avait pas vraiment de professionnels qualifiés dans l’accompagnement socio-éducatif de ces personnes en situation de grande vulnérabilité.

Donc, après avoir des renseignements sur les différents référentiels internationaux qui existent par rapport à la formation des éducateurs spécialisés, avec l’aide d’une communauté académique de très haut niveau, les sœurs salésiennes se sont lancées dans l’aventure d’ouvrir cet Institut qui a été par la suite autorisé par le MESRS et dont le programme a été homologué en 2011.

Notre vision est celle d’une société inclusive ou il n’y a pas de personne marginalisée et nous croyons que seulement les jeunes peuvent etre les vrais acteurs de cette transformation de la société, grace à leur dynamisme et à leur créativité».

Parlez-nous du profil professionnel de l’éducateur spécialisé

L’éducateur spécialisé est un travailleur social qui a comme compétence spécifique celle de l’accompagnement éducatif des personnes en situation difficile : on peut citer par exemple les enfants de la rue, les enfants victimes d’abus, ou ceux qui souffrent d’un handicap, ou des personnes qui ont de troubles mentaux, ou qui ont des maladies stigmatisantes, et qui ont besoin d’un accompagnement particulier pour atteindre leur autonomie personnelle, ou leur insertion professionnelle ainsi que la réintégration de la société et de leur propre famille.

Depuis sa création, quel bilan faites-vous des formations délivrées par l’Institut ?

Personnellement je ressens une grande satisfaction par rapport au bilan qu’on peut faire depuis ces premiers 8 ans d’existence, soit sur le plan des objectifs  pédagogiques liés à la formation soit par rapport aussi au marché de l’emploi. Par rapport aux objectifs pédagogiques, bien sûr je parle en termes de savoir, de savoir-faire et de savoir-être.

Pour un éducateur le savoir être c’est essentiel donc le fait que notre formation arrive à transformer la personnalité de nos étudiants en les rendant vraiment responsables et dynamiques ; sur le plan du savoir faire, à la fin de la formation ils sont capables de travailler en équipe, de créer des partenariats, d’impliquer les institutions dans des projets éducatifs, individuels comme collectifs. Concernant la question du marché de l’emploi, là aussi je peux exprimer ma satisfaction parce que selon nos données, ceux qui sont diplômés chez nous ont trouvé très rapidement de travail et un travail dans le domaine de l’éducation spécialisée.

Qu’est-ce qui fait la particularité de l’Institut Supérieur de Formation des Éducateurs Spécialisés ‘’Laura Vicuna’’ et quelles politiques menez-vous pour faire de vos étudiants les meilleurs au Bénin ?

Ce qui fait la particularité de l’ISFES, c’est d’abord le fait que nous sommes actuellement le premier et l’unique Institut à former en éducation spécialisée ; j’ajouterai que nous sommes une institution catholique et salésienne ce qui veut dire que, dans le respect de la liberté d’expression religieuse de chacun, nous avons une vision intégrale de la personne, donc nous ne nous interessons pas uniquement à la dimension intellectuelle de nos étudiants, mais nous prenons soin aussi de la croissance spirituelle et de la qualité des relations interpersonnelles au sein de l’institut.

Parlez-nous de l’offre de formation de votre Institut

L’ISFES offre une formation de trois ans pour l’obtention d’une licence professionnelle. Il s’agit d’une formation qui répond profondément à un besoin existant sur le territoire, celui de l’éducation spécialisée. Dans ce sens elle est adaptée aux problématiques locales et nationales et attentives aux stratégies et orientations internationales. Elle s’inscrit dans l’architecture du système LMD et ses objectifs pédagogiques sont définis en terme de savoir, savoir-faire et savoir être. Une place d’envergure est occupée par les stages pratiques qui s’effectuent en alternance avec les cours théoriques et qui sont rendus possibles grâce aux réseaux créés avec beaucoup de structures et services sur le plan national.

La formation est dispensée par des enseignants qualifiés et des professionnels compétents. Des conventions inter-établissements permettent l’échange d’apprenants et d’enseignants à un niveau international (le CRFPE de Lille, la Haute Ecole Léonard de Vinci de Bruxelles, le CEGEP de Joliette au Québec)

Adéquation emploi et formation, que fait l’ IFES Laura Vicuna’’ et quelle est la chance de facilité d’insertion de css étudiants ?

 Nous avons constaté, et les spécialistes le confirment, que le secteur social est très porteur du point de vue de l’emploi ; malheureusement, on n’a pas cette idée-là, et les gens le lient à la notion de pauvreté ou de charité. En réalité, il suffit de suivre le journal de 20h pour voir jusqu’à quel point il y a des initiatives, des activités, des campagnes, pour résoudre des problématiques sociales (pensons aux dernières campagnes contre les mariages forcés, le travail des enfants, ou bien les questions de santé publique…). Et ce n’est pas uniquement une affaire de l’Etat, au contraire, cela intéresse beaucoup aussi le privé. Il y a des ONG internationales comme Plan Bénin, l’Unicef, Handicap International qui s’intéressent et qui investissent énormément dans ce domaine socio-éducatif. Voilà pourquoi c’est un espace vraiment porteur pour l’emploi et pour l’entrepreneuriat.

Quelles sont les mesures mises en place par votre école pour accompagner vos diplomés dans la recherche d’un emploi.

Cet accompagnement commence déjà à travers les cinq stages pratiques que nos étudiants réalisent pendant les 3 ans de formation. Ces stages sont en même temps une possibilité qui est donnée à l’étudiant de montrer ses capacités. Et donc très souvent ça nous arrive que l’étudiant soit recruté avant la fin de  sa formation. A par cela, beaucoup de structures nous envoient des avis de recrutement.

Quelles sont les mesures mises en place par votre école pour accompagner les nouveaux bacheliers dans le choix de leurs filières de formation ?

Je dirais que nous  ne ratons  aucune opportunité qui nous est offerte pour parler d’orientation avec les jeunes bacheliers, à la radio ou à travers la presse écrite. Il nous arrive aussi de les rencontrer dans leurs lycées ou aux salons d’orientation. Et donc c’est surtout à travers l’échange avec eux que nous essayons  de faire comprendre l’intérêt de faire un bon choix en termes d’université. Comme je le disais tout à l’heure, nous constatons que  les jeunes ont encore une image de l’université comme le lieu qui doit faire qu’après trois ans  je serai habillé en veste et en cravate, j’aurai un bureau climatisé  et ça sera le bonheur.

Il faudrait aller à l’origine de la naissance historique de l’enseignement supérieur en Afrique pour comprendre d’où elle sort. En réalité, la réalisation personnelle n’est pas forcément derrière un bureau et ce n’est pas la question financière qui doit être mise en première position mais la satisfaction et la joie qui surgissent d’un travail qui passionne; cela n’empêche que dans le domaine socio- éducatif, on puisse devenir un dirigeant, créer une entreprise, avoir des relations, nouer des partenariats très intéressants sur le plan international.

Quels sont les critères dont doit tenir compte un nouveau bachelier dans le choix de sa filière pour réussir son avenir professionnel ?

Je pense qu’il doit avoir une certaine connaissance de soi-même, de ses capacités,  de ses attitudes, de ce qu’il aime. Il doit faire le tri entre ses vraies aspirations et les fausses recettes que d’autres ont inculquées dans sa tête. Il doit aussi beaucoup dialoguer avec ses parents même si le dernier mot lui revient. Souvent ce n’est pas le cas : parfois un choix autonome demande une rupture totale avec la famille. L’idéal serait un dialogue constructif à l’intérieur de la famille.

En quoi l’orientation est-elle importante dans le choix des filières pour les apprenants?

Plus on connait, plus on peut choisir de manière correcte et pertinente. L’orientation doit permettre tout d’abord de connaitre tout ce qui existe. Comme je l’ai dit, la question est d’aider les jeunes à se connaitre, à savoir ce qu’ils veulent, et à être en même temps réalistes, mais aussi à rêver et à être créatifs.

« Comment réveiller le génie créateur de chaque étudiant béninois ?». C’est le thème de la POIUPP-Bénin 2017. Que vous inspire-t-il?

Ce thème m’inspire beaucoup de choses, je pense que la créativité  devrait être beaucoup plus  développée dans tout le parcours scolaire de chaque jeune. C’est à partir de l’école maternelle, primaire, du collège qu’il faudrait donner plus d’importance  à la créativité et à la capacité réélaborer de manière personnelle les contenus qu’on reçoit.

Vous savez, la créativité est un muscle, il faut la développer, l’entrainer depuis le bas age. Maintenant, quoi faire quand quelqu’un est déjà grand? Il serait souhaitable que dans toutes les filières, il puisse y avoir des cours qui aident à dévélopper la créativité. Par exemple, à l’ISFES, nous offrons à nos étudiants des activités  artistiques, musicales, théâtrales qui seront utilisées en suite comme mediation éducative quand ils auront à dévélopper un projet avec une ou plus personnes en situation difficile.

Un message pour les apprenants et leurs parents à l’orée de cette rentrée ?

Je les invite à se concentrer sur la question de l’orientation et à participer aux initiatives comme la POIUPP, à visiter les différentes universités et bien évidemment notre Institut (l’ISFES est à Fifadji, rue du CEG Zogbo) et de se renseigner sur l’offre de chaque université afin de faire un bon choix.

Aux parents je dirai que l’enseignement supérieur n’est plus un luxe aujourd’hui, mais une nécessité et cela a besoin d’un investissement pour que les études soient fructueux. Pour finir,  je salue l’initiative du journal, le Héraut.

Réalisée par Carine AGOSSOU et Oscar MEDO-ADOKON (Stags)



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


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