Sosthène KADE, AGREMAS-Bénin

ENTRETIEN AVEC SOSTHENE KADE A PROPOS D’AGREMAS-BENIN : «Accompagner les cultivateurs parce que l’autonomie alimentaire compte énormément pour notre ONG »

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Jeune étudiant en fin de formation, entrepreneur et titulaire d’un DEAT (diplôme d’études agricoles tropicales) au lycée agricole d’adja-ouèrè, Sosthène KADE a vite compris l’importance de l’entrepreneuriat. C’est pourquoi depuis quelques temps, il dirige une ONG spécialisée dans la transformation des produits d’origine animale et végétale.  AGREMAS (Agronomes et gestionnaires pour l’émergence de l’agriculture en milieu scolaire). Dans une interview accordée à votre journal, Sosthène Kadé, parle, de l’ONG AGREMAS-BENIN. Lisez plutôt.

Beaucoup ne vous connaissent pas encore. C’est quoi en réalité AGREMAS-BENIN?

 Tout d’abord je m’appelle Sosthène KADE, technicien en production animale. Je suis le Président directeur exécutif de l’ONG AGREMAS-BENIN, entendez, Agronomes et gestionnaires pour l’émergence de l’agriculture en milieu rural et scolaire. AGREMAS-BENIN  est une ONG à but non lucratif qui a eu à faire déjà ses preuves dans la commune de Zê depuis 2014. Elle a été officiellement reconnue sous l’autorisation de la préfecture de cotonou. Elle est une ONG enregistrée depuis décembre 2016, spécialisée dans le secteur de l’initiation des élèves aux pratiques agricoles et dans la transformation agro-alimentaire. Son objectif   vise à aider et  à accompagner une jeunesse improvisatrice, entreprenante et consciente de l’auto-emploi par le biais de l’agriculture sur ses divers secteurs. Et c’est ce qui justifie d’ailleurs notre slogan: << Pour un Bénin plus florissant>>.

   Quels sont  les différents objectifs d’AGREMAS-BENIN?

 Les objectifs de l’ONG AGREMAS sont multiples. Cependant, les plus principaux et plus chers se présentent comme suit. Primo, nous formons les jeunes scolarisés et déscolarisés en milieu rural et urbain dans les domaines de  l’agriculture,  de l’élevage, du  maraîchage,  de la transformation des produits d’origine animale et végétale. Ensuite, nous engageons et soutenons toute initiative de communication visant à promouvoir l’agriculture en milieu urbain pour une sécurité et une autosuffisance alimentaire. L’ONG AGREMAS-BENIN organisera dans l’avenir, des sensibilisations à l’endroit des femmes pour qu’elles puissent améliorer l’hygiène alimentaire. Nous voudrions que dans chaque ménage, chaque enfant ou élève puisse avoir au moins une planche pour produire par exemple de la tomate. Et procédant ainsi, nous lutterons, par ailleurs contre la pauvreté et le chômage qui fragilisent cette jeunesse assoiffée de travail. Nous développons aussi des initiatives en vue de protéger l’environnement. Pour finir, il faut retenir que l’ONG-AGREMAS intervient essentiellement dans le domaine de la formation des jeunes au sein des collèges, des femmes transformatrices de produits agricoles. Nous initions également des rencontres avec les paysans pour leur permettre par nos différents conseils d’améliorer leurs productions agricoles.

 Quelle est votre vision pour la formation des jeunes scolarisés et déscolarisés?

 Nous avons pour ambitions  de créer dans chaque collège d’enseignement des exploitations agricoles dans chaque commune. Parlant de la création de ces exploitations, nous avons commencé déjà par faire l’expérience. À l’endroit des déscolarisés, nous allons récupérer les élèves qui ont perdu le goût de l’école. Nous les formerons tout en les occupant dans le domaine de l’élevage des poulets locaux, des ovins, dans le domaine de la transformation des produits d’origine animale et végétale. Ce sont, pour la plupart, des formations très simples, et qui ne nécessitent pas grands moyens mais profitent pleinement. Et ce qu’il faut rappeler, nous accordons une place capitale à la femme. En ce qui concerne les filles scolarisées, déscolarisées et des femmes en général, nous donnerons aux femmes des conseils pour l’amélioration de l’hygiène alimentaire.

 Quelles sont les visions d’Agremas-Benin au plan rural?

 L’ONG-AGREMAS effectue régulièrement des rencontres avec les cultivateurs des zones rurales. Nous  mettons à leur disposition le nécessaire d’informations et de formation pour l’amélioration des productions agricoles. De par notre ONG, nous nous rendons disponibles et sommes engagés à accompagner les cultivateurs pour des récoltes plus améliorées. Sur trois paysans, nous pensons opérer au moins chez deux paysans, un changement systématique au sujet des pratiques culturales agricoles. Nous devons surtout accompagner les cultivateurs parce que l’autonomie alimentaire compte énormément pour notre ONG.

 Quel message avez-vous à l’endroit de la jeunesse ?

 Nul ne le fera à notre place. C’est mon leitmotiv quotidien. Que la jeunesse se fixe cet objectif et sache que les aînés ont fait pour eux, et, en ce qui nous concerne, en tant que jeunes, nous devons relever le défi. Il y a un manque criard d’emploi et le seul chemin et unique recours, c’est l’auto-emploi. Seul l’entrepreneuriat pourra nous aider. Nous devons éviter d’être une jeunesse avide de l’argent et viser loin. L’unique moyen actuellement, c’est saisir les opportunités de l’entrepreneuriat.

 

Réalisation : Hervé D. FADONOUGBO (Stag)



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