palmier à huile, journal Le Héraut, Uac

FILIERE PALMIER A HUILE AU BENIN : Une richesse en voie de disparition

86

 

Si le palmier à huile fut la  première ressource d’exportation du Bénin jusqu’au milieu des  années 70, cela n’est plus le cas ces dernières décennies où il semble être délaissé au profit d’autres filières.

Cependant, il pourrait constituer une richesse et pas la moindre pour l’émergence du pays.

Base de l’économie béninoise depuis les années 1950, le palmier à huile faisait la fierté du Bénin qui comptait pour un producteur et un exportateur de qualité. En effet, rien sur cette plante n’est inutile. Tout est primordial et utilisé à de diverses fins : De la production d’huile rouge, des boissons alcoolisées aux savons, elle semble bien détenir le secret de la richesse. Mais, elle ne paraît plus  être au centre des politiques agricoles de ces dernières décennies. Et pour preuve, le ministre de l’agriculture de l’élevage et de la pêche de la rupture n’en a pas fait cas lors de la présentation de son  budget le 15 novembre 2016.

Pourtant, cette filière souffre de bien de maux. En effet, les héritiers  des propriétaires terriens procèdent déjà au  morcellement et la vente des terres des coopératives puisqu’ils semblent ne plus s’attachés  à cette culture. Aussi, il est à noter que l’urbanisation a englouti des terres qui autrefois étaient attribuées à ces plants de palmier. ZOPA (Zone des Palmiers) à Calavi en est un bel exemple. Quant aux usines de transformation installées par l’État et qui ont été privatisées en 1998, elles sont devenues obsolètes et n’ont plus un rendement adéquat ce qui conduit au pire certaines usines à fermer, comme l’usine de production d’huile de palme de Lokossa ; et au mieux à tourner au ralenti dans l’espérance d’un potentiel sauveur.

Vraisemblablement, depuis que l’Etat a laissé la gestion aux Coopératives d’Aménagement Rural (CAR), et aux URCAR (Union Régionales de CAR), rien ne semble plus fonctionner dans ce secteur. Conséquence, la production a connu un déclin. Et pour preuve, les 14 CAR et 3 UCAR qui couvraient une superficie de 14000ha dans les années 60 et 70, sont passées à 11000 ha avec une production de 80000 tonnes en 2016. A l’heure actuelle, les plantations de CAR sont improductives à près de 60%.

Ainsi donc, si rien n’est fait, le secteur palmier à huile au Bénin, pourrait bien disparaître. Quant aux plantations naturelles, elles représentent 60 à 70% des superficies plantées mais sont peu productives avec des rendements de 2 à 3 tonnes/ha et un taux d’extraction de 6% seulement. Et pour causes, elles sont souvent abandonnées et sans entretien, exposées donc aux feux de brousse et autres déprédateurs. Par suite, leur superficie est estimée à moins de 300.000 ha aujourd’hui contre 500.000 ha dans les années 60.

Pourtant, elle demeure la plante oléagineuse la plus importante sur les plans économiques et socioculturels, aussi bien pour l’amélioration de l’état nutritionnel des ménages que pour la formation des revenus d’une multitude d’acteurs dans un monde où les besoins en huile alimentaire sont en perpétuels croissance.

Mais, depuis que les coopératives ont été privatisées dans la deuxième moitié des années 70, l’Etat s’est tourné vers la production du coton qui est devenue la première ressource de base exportée. Les gouvernements qui ont suivi celui de ladite époque se sont attelés à redynamiser ce secteur qui est devenu désormais le secteur prisé qui doit à tout prix  soutenir l’économie du pays.

Au fil des ans, il a connu ces heures de chutes et de gloire et occupe néanmoins une place importante dans le Produit Intérieur Brute du pays(PIB), notamment 11/13% du PIB et représente 70% de la valeur des exportations, soit 45% des entrées fiscales. Alors est-ce pour autant qu’il faut délaisser l’autre secteur ?

En effet, les quelques stratégies de diversifications agricoles adoptés par les deux gouvernements précédents la rupture montrent  que cette filière pourrait retrouver ses lettres de noblesses si un regard est tourné vers elle. On note essentiellement que les exportations des produits du palmier à huile sont passées  de 116 millions de FCFA en 2000, à 2,3 milliards en 2006, et 5,5 milliards en 2008 contribuant de 0,35% à la formation du PIB. Donc elle pourrait très bien contribuer à l’essor économique du Bénin, si on s’y intéresse réellement. Alors, des mesures idoines doivent être prises pour lui donner un avenir meilleur.

Il faudrait que le gouvernement déploie beaucoup plus de moyens pour faire renaître ce secteur qui fût la première filière d’exportation du pays. Le gouvernement devrait en faire une priorité tout comme le Coton. Aussi devrait-il priorisé les zones où ses plantes sont encore cultivées  et encourager les propriétaires terriens à ne délaisser cette culture au détriment d’autres .Des usines installées doivent être rénovées pour encourager la production et la transformation.

Claude SOGNITO (Stag)



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *