FORMATION PARA-ACADEMIQUE À L’UAC : L’art plastique, un tremplin pour l’auto-emploi

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Depuis 26 ans, l’Union culturelle et artistique des étudiants (Ucae) de l’Université d’Abomey-Calavi regroupe des acteurs culturels, quasiment des étudiants, autour de la pratique de l’art en milieu universitaire. Concrètement, elle offre diverses formations aux étudiants dans plusieurs domaines dont l’art plastique, qui regorge plusieurs avantages et opportunités. La parution de ce jour vous envoie donc à la découverte de ce noble métier, qui a fait déjà plusieurs talentueux et professionnels.

Les études de nos jours à l’université d’Abomey-Calavi ne se limitent plus aux amphis ni aux diplômes académiques. En effet, outre les activités académiques, les associations faîtières estudiantines offrent aux étudiants des formations pratiques dans bien de domaines variés les uns des autres. C’est le cas de l’Ucae, créée en 1993 avant d‘être officialisée en 1996, qui permet aux étudiants qui le désirent de s’auto-employer dans les domaines de l’art et de la culture. Quant à la section « art plastique », elle est actuellement dirigée par un bureau de section (BS) composé de trois membres, dont le chef matériel et financier, l’organisateur général et le chef section. C’est ce dernier qui coordonne et ordonne les activités au niveau de la section. Pour Acakpo Doumavo Mawulin, Chef section de section ‘’art plastique’’, « on ne saurait donner une définition exhaustive à l’art plastique ».

Néanmoins, on peut retenir que c’est l’ensemble des disciplines et des activités consistant à donner de la beauté, de l’esthétique aux œuvres fabriquées. En effet, confie-t-il, la forme donnée aux réalisations parle, de telle sorte qu’à première vue, l’acheteur sait de quoi il s’agit. À noter que le domaine des arts plastiques est très vaste et varié. Comme exemple, « nous pouvons citer la sculpture, la peinture, les installations de la sérigraphie, la marqueterie, les dessins, les tableaux, etc. ». Et dans chacun de ces domaines, l’Ucae donne des formations à des dizaines d’étudiants chaque année, lesquelles formations sont surtout pratiques pour « permettre aux artistes d’avoir vite la main ». Déjà, l’artiste qui est régulier aux répétitions peut, après deux ou trois mois, commencer par fabriquer quelque chose. Aussi, sied-il de retenir que ces formations sont quasiment gratuites, puisque les étudiants désirant se faire former dans n’importe quel domaine de leur choix ne paient que « les frais pour la confession des cartes de membre et les frais d’adhésion ». Et la formation se passe dans une ambiance bon enfant. Il faut aussi retenir « qu’il y a trop d’argent dans ce métier, mais, seuls ceux qui s’adonnent réellement peuvent tirer leur épingle du jeu ». Et pourquoi ? Parce que « le monde a évolué et on ne peut plus se passer des arts plastiques. Pour les évènements, les artistes plasticiens sont présents pour la confection des tee-shirts, des Lacoste, des badges, des cartes de visite, la réalisation des dessins, la décoration des chambres avec des peintures et pancartes, etc. ».

Comment gérer le duo études académiques et formations para-académiques ?

À cette question, Acakpo Doumavo Mawulin répond simplement : « Tout est une question d’organisation et de passion ». Et d’ailleurs, pour faciliter la tâche aux étudiants et leur permettre de suivre les cours dans les amphithéâtres, « les artistes plasticiens ne répètent qu’une seule fois par semaine ». C’est dire donc que le suivi des cours dans les amphis ainsi que les formations para-académiques peuvent aller de pair, si bien sûr les étudiants s’organisent. Prenant son exemple, le Chef section de section ‘’art plastique’’ nous avoue qu’il a suivi sa formation alors qu’il était étudiant et vit de cette formation para-académique depuis quatre ans. « Même chose, ajoute-t-il, chez ceux qui m’ont formé et ceux qui suivent actuellement les formations ».

Un gagne-pain !

Quoique détenteur d’un master en biologie moléculaire à la Faculté des Sciences Agronomiques (Fsa), il y a déjà 4 ans, Acakpo Doumavo Mawulin ne vit que de sa formation para-académique. Et qu’en est-il du diplôme académique ? « Ce n’est pas ça qui me nourrit aujourd’hui », répond-il. À l’en croire donc, dans un contexte où « il y a un déséquilibre quand on prend le nombre de diplômés et celui d’emplois disponibles », seule une formation pratique peut aider les étudiants à subvenir à leurs besoins sans trop dépendre des parents. « J’ai connu des gens qui ne savaient rien de l’art plastique, mais qui en quatre mois ont commencé par nous émerveiller en fabriquant des tableaux qu’on peut vendre à 10.000 FCFA. Combien de salariés peuvent gagner 10.000 FCFA par jour ? », questionne-t-il d’ailleurs, avant d’ajouter que, « l’art plastique, c’est de l’argent ». Bien sûr qu’il sue avant de trouver cet argent !

Abdoul Aziz A. FINTIOLA & Fréderic DANSY (Stags)



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