Ulrich Gbéwoton, directeur de l’entreprise « Siap-Agroland Bénin»

Interview avec Ulrich Gbéwoton, directeur de l’entreprise « Siap-Agroland Bénin» : De juriste à promoteur agricole

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De plus en plus, le monde d’emploi se rétrécit aux jeunes diplômés. Quelle autre possibilité pour  eux ?  Certains ont très tôt compris et se sont lancés dans l’auto emploi. Même s’il leur reste des choses à parfaire, ils  font aujourd’hui leur chemin et s’en sortent mieux. La jeunesse  a-t-elle une chance d’entreprendre  de nos jours? Peut-elle réussir ? Lisez ici l’interview accordée au responsable de l’entreprise (Siap-Agroland Bénin) Ulrich Gbewoton à propos.

Vous  êtes très jeunes mais  aujourd’hui responsable d’une entreprise propre à vous. De juriste, vous êtes passé à un promoteur agricole. Dites-nous, Monsieur Ulrich Gbéwoton,   comment cela est-il arrivé ?

J’ai fait un Master en fiscalité et droit des affaires. Donc vous comprenez  que de la fiscalité et droit des affaires à la création de ma propre ‘il n’y a qu’un pas.  En toutes choses il y a des difficultés. Mais je puis vous rassurer que seule la volonté de se surpasser peut nous permettre d’aller au-delà de nos limites. Disons que l’histoire  de SIAP-AGROLAND Bénin remonte à l’an 2013. Au cours de cette année,  je faisais mes études en Droit des Affaires et Carrières Judiciaires à l’Université d’Abomey-Calavi. Et il fallait pour moi, face à certaines contraintes financières, opérer un choix afin d’une part amoindrir les dépenses aux parents et de pouvoir subvenir à mes besoins.
Au début, j’étais juste dans le courtage commercial. J’achetais  les produits auprès des producteurs et je les revendais aux bonnes dames dans le but d’avoir une marge de bénéfice. Cela ne m’arrangeait pas forcément mais vu les objectifs que je me suis fixé au départ, j’ai choisi de poursuivre le rêve. Pour pouvoir maitriser le domaine que j’ai choisi, j’ai renforcé mes capacités avec d’autres formations extra-académiques.
Progressivement avec le temps, j’ai moi-même commencé la production de l’ananas sur une portion de terre que j’ai loué. Aujourd’hui, Siap-Agroland investit dans plusieurs autres spéculations telles que: le maïs, la tomate, le manioc et l’élevage des porcins et des volailles. Cela n’a pas été facile mais j’y suis parvenu et j’ambitionne à long terme devenir un pôle d’excellence dans le domaine agroalimentaire dans la sous-région et en Europe à travers l’industrialisation de mes produits.

Fort de vos expériences,  pensez-vous  aujourd’hui que la  jeunesse a une chance de réussir sa  vie à travers  l’entrepreneuriat ?

Nous avons la ferme conviction que les jeunes lorsqu’ils se décideront, vont réussir leur vie en osant entreprendre. Il serait malhonnête de notre part d’ignorer le contexte financier précaire de notre pays. Toutefois, cet état de chose ne saurait constituer un frein à l’entrepreneuriat des jeunes que nous sommes.
Nous jeunes, devons pour réussir et changer le coup des choses à travers notre capacité à penser et créer de nouvelles possibilités. Nous devons cesser de rester dans les mêmes idées. Les personnes qui réussissent exceptionnellement bien se posent constamment des questions stimulantes et motivantes. Pour y répondre, elles sont forcées d’imaginer sans cesse de nouvelles possibilités.
C’est la passion avec laquelle vous vivez votre vie qui détermine l’ampleur de vos réalisations. Nous jeunes, nous  avons la possibilité de réussir malgré le contexte délicat. Il faut juste innover.

Aujourd’hui vous avez une ancienneté dans l’entrepreneuriat, vous avez une connaissance de ce nouveau monde de plus en plus recommandé aux jeunes. Dites-nous  quelle appréciation vous faites du climat d’affaire au Bénin ? Le voyez-vous  favorable aux jeunes entrepreneurs ?

Au-delà de tout, il faut reconnaitre que le climat des affaires au Bénin est l’un des plus envié dans la sous-région. Nous avons beaucoup de potentialités non explorées.
C’est un secret de polichinelle d’affirmer que la politique joue un mauvais rôle dans le milieu des affaires de nos jours. Pour peu, que tu sois d’un bord politique ou que tu aies des liens avec telles ou telles personnes, tu subis la colère du «roi».
Le fisc constitue également un frein à l’essor des jeunes entreprises. Ces dernières à leur début n’ont pas les moyens requis pour y faire face.
Toutefois, les jeunes ne doivent pas se décourager pour cela.
Il faut donc oser.

A votre avis, comment le gouvernement  peut-il accompagner les jeunes entrepreneurs ?

Je pense que le gouvernement doit pouvoir améliorer les conditions de création et d’exercice des nouvelles entreprises car ce sont ces entrepreneurs qui créent de la plus-value à l’économie du pays.
Il doit élaborer des mesures incitatives aux jeunes, leur donnant ainsi des facilités d’accès aux marchés internationaux et aux financements publics.

Si vous devriez donner de conseils  aux  jeunes désireux d’entreprendre, que leur diriez-vous ?

A ces jeunes, je dirai qu’il leur faut apprendre à se poser les bonnes questions et à prendre du recul. Ils doivent cultiver leurs  aptitudes à prendre les bonnes décisions, à avoir confiance en eux-mêmes et à croire  en leurs capacités. Je leur dirai aussi qu’ils doivent apprendre à se motiver, à booster leur créativité et leur efficacité. Il leur faut apprendre à transformer les obstacles en opportunités, chérir leurs visions, et surtout apprendre à saisir les opportunités et à les provoquer.

Votre mot de fin

Aux jeunes frères et sœurs qui souhaitent entreprendre, je leur dis de croire fermement en leurs rêves et de ne jamais détourner de leurs idéaux.

Réalisation : Kévin ADOKPO



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


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