Lutte contre les sachets plastiques au BéninSachet plastique

Lutte contre les sachets plastiques : Plusieurs activités économiques bientôt en difficulté

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Depuis le démarrage des différentes Conférences pour le climat et l’environnement (Cop21-22 et compagnie), les États ne cessent d’accroître les mesures pour protéger l’environnement. Le Bénin pour sa part n’entend pas rester en marge de ces initiatives. C’est pourquoi la question de l’usage des sachets plastiques fait déjà débat afin d’aboutir à son éradication de l’habitude des Béninois.Cependant, c’est sans compter avec le nombre d’activités génératrices de revenues, qui pour l’heure, ne peuvent s’en passer. Doivent-elles disparaître donc ou résister à la lutte ?

« Depuis que moi j’ai connu le “» Come” » — met local préparé en sachet plastique —, ce n’est qu’en sachet on le présente. Je n’ai pas encore connaissance d’autre méthode ». Ceci est un aveu de dame Affiavi, vendeuse de « Come », sceptique sur cette lutte contre les sachets plastiques. En listant la quantité d’objets commerciaux ayant pour support ces sachets plastiques, elle dit attendre de voir avant de croire. Comme elle, Clémence vendeuse d’Akassa à Cotonou émet elle aussi des réserves. « C’est peut-être possible dans les zones où, la forêt occupe encore une bonne superficie, mais dans les grandes villes où obtenir de feuilles d’arbre est bien compliqué, comment allons-nous faire » » ? En effet, si le gouvernement béninois envisage de mettre un terme à l’utilisation des sachets plastiques, nombre de projections et de résistances se pointent déjà à l’horizon. Pour certains, le sachet plastique est un contenant assez pratique. C’est du moins ce qu’explique Hubert : « en période de pluie, les sachets plastiques sont très pratiques et pour le simple fait, une probable disparition n’est que du leurre ». Mieux, Marlyse, commerçante à l’Université d’Abomey-Calavi, rapporte qu’il y a longtemps que le combat a démarré sur le campus, mais les résultats reste timide. La raison qu’elle avance est que certains s’opposent catégoriquement aux emballages papier qu’ils jugent vulgaires. Tenue donc par le souci de faire du profit, « nous, on ne veut pas perdre la clientèle, et donc, on est obligé de contourner la mesure par moment », confesse-t-elle.

Malgré les risques attribués à l’usage du sachet plastique, certains estiment qu’il n’en est rien, car l’usage ne date pas d’aujourd’hui et si tant est qu’il soit porteur de danger, nul ne serait encore en vie. A cet effet, Nazaire, conducteur de taxi-moto Zémidjan confie qu’il n’a pas connaissance de cas de dangers liés au sachet plastique, et donc pour lui, le problème est ailleurs. Il s’appuie même sur les pâtes alimentaires dont le Bénin ignore tout de la production et ne fait qu’importer pour justifier cette thèse. Pour lui, ces pâtes alimentaires occupent une bonne place dans l’alimentation des Béninois et par ricochet dans la mobilisation des ressources. Du coup, une quelconque politique de lutte contre les sachets plastiques ne les épargnerait pas. Mais, cela impacterait négativement l’État qui perdrait assez de ressources en déclarant la guerre à ces produits. En clair, si cette lutte prenait, certaines activités économiques risquent de disparaître. Ce faisant, le revenu de certaines couches sociales s’en trouvera affecté et le taux de pauvreté sera aggravé.

Une politique environnementale à mûrir

C’est une lapalissade que le sachet plastique constitue une menace pour l’environnement et les humains parce que, non biodégradable. Lutter contre ce phénomène ne devrait donc a priori poser de problème. Mais les autorités doivent mieux organiser le combat pour ne pas avoir à faire du tort à la population avec une aventure d’emblée ambiguë. Déjà, certaines bénéficiaires de microcrédits s’inquiètent de cette mesure qui risque d’en rajouter aux dégâts de déguerpissements avec son cortège d’inconfort social. « Je crains pour mon activité, car j’ai fait un prêt que je dois rembourser alors que je ne peux rien sans sachet » assène Maman Laure qui poursuit qu’elle livre du sel, du piment moulu, des épices, de l’arachide grillée et beaucoup d’autres denrées de la même catégorie et c’est dans des sachets qu’elle fait d’avance les mesures. C’est pourquoi elle a suggéré que les autorités les aident à trouver une autre alternative avant d’engager la lutte. Les sensibilisations et autres politiques d’information doivent être priorisées pour permettre aux citoyens d’être suffisamment informés des risques afin de prendre personnellement des résolutions pour accompagner l’État dans une telle lutte. Dans tous les cas, il va falloir que le Bénin mûrisse cette politique pour ne pas créer le pire en voulant mieux faire.

Oslo Chester WANOU



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