Martin assogba sur le rôle des osc en période électorale

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Assogba martin « La société civile est chargée d’éveiller la conscience des populations… »

L E HE R AUT : Bonjour monsieur le président, vous êtes membre de la société civile.  Dîtes nous, quel est le rôle de la société civile au cours d’une période électorale ?

MARTIN ASSOGBA : Mais écoutez ! La société civile organisée, s’occupe de faire connaître les différents textes qui régissent les élections aux populations. La société civile est chargée d’éveiller la conscience des populations par rapport aux questions électorales. La société civile est chargée d’éduquer les populations, d’informer les populations, de collaborer avec les populations pour leur faire connaître les différents enjeux et le comportement qu’elles doivent avoir au cours des préparatifs des élections ; avant, pendant et après. Nous, nous sommes là pour informer les populations depuis qu’on a demandé à les enrôler pour qu’elles aillent s’inscrire sur la liste électorale. Nous avons fait ce travail en association avec les crieurs publics, les gongonneurs pour qu’ils puissent nous aider à informer les populations pour qu’elles sortent pour aller s’inscrire sur la liste électorale. Et après, en ce moment ci, nous sommes en train de travailler dans les différents arrondissements, dans les différents quartiers pour que les populations sortent pour aller chercher leurs cartes d’électeurs. Le jour du scrutin, nous allons observer comment le déroulement se passe, nous allons essayer de voir si les bureaux sont ouverts à l’heure prévue, c’est-à-dire à 7heures du matin et que nous avons 9 heures ou 10 heures de vote à observer. Nous allons au cours du vote, voir si tout le matériel électoral a été mis à la disposition des scrutateurs. Et lorsque nous constatons qu’il manque des choses, nous, nous prenons contact directement avec la CENA ou avec le coordonnateur de la zone pour permettre de pourvoir en matériel, ce qui a manqué dans les bureaux. De même, nous restons pour voir comment le dépouillement se fait. Voilà en gros le travail de la société civile pendant les périodes électorales.

Quelles appréciations faites-vous de l’organisation de la présidentielle en général et du report des scrutins en particulier ?

Vous savez, depuis l’ère du renouveau sous Yayi depuis dix ans, aucune élection n’a jamais été organisée à bonne date. Bien que le président ait appelé les populations à voter le 28 févrierdepuis plus d’un an, vous avez vu que la date a été reportée. On dirait que c’est comme ça sous l’ère du président Yayi Boni ; et nous avons fait avec, depuis dix ans. Nous pensons que nous continuons par faire avec et nous pensons que le 06 mars ne sera  plus reporté. Parce qu’avec le fait qu’il n’y a pas les cartes d’électeurs par endroits, la  Cour Constitutionnelle ayant déjà réglé le problème en partie, a bel et bien dit que ceux qui n’ont pas les nouvelles cartes, peuvent aller avec les anciennes cartes. Donc, nous, nous demandons aux gens de préparer leurs anciennes cartes en attendant de recevoir la nouvelle. Si la nouvelle n’arrivait pas, ils vont utiliser l’ancienne. Je pense que c’est ce qui risque de se passer. Mais il y a d’autres zones où les gens n’avaient pas aussi leurs cartes avant, lors des dernières élections. Il faudrait que le Cos- Lepi ou le Cnt fasse tout possible pour qu’au moins, ceux-là puissent avoir leurs nouvelles cartes. Parce que ces populations ne détiennent pas leurs anciennes cartes. C’est très important.

La Cour Constitutionnelle, après plusieurs plaintes, a mis fin au mandat du Cos- Lepi. Qu’en dîtes-vous ?

Non ! Il y a un texte qui dit que le Cos-Lepi doit plier ses clics et clacs le 31 janvier au plus tard. Mais ils n’ont pas vite observé cette loi. C‘est pour cela que les candidats et d’autres personnes se sont plaints à la Cour Constitutionnelle. Donc, la Cour n’a fait que rappeler à l’ordre le Cos-Lepi qui avait déjà fini son mandat. C’était logique qu’on mette fin au mandat du Cos-Lepi. La loi 2011-20, punit l’usage des biens de l’Etat à des fins personnelles. Mais, en cette période électorale, ce fait est monnaie courante.

Pourquoi et que font les OSC pour lutter contre ces comportements?

Nous, nous ne pouvons faire que dénoncer ce que nous constatons. Donc, nous avons dénoncé et je suis en train d’apprendre que le candidat qui était le plus accusé, et qui est le candidat de la mouvance, a fini par obtempérer et a laissé les moyens de l’Etat. Mais, lui seul ayant laissé les moyens de l’Etat, le cortège qui le suit continue toujours par utiliser lesdits moyens. Donc, le problème n’était pas à son seul niveau ; mais chez lui c’était plus criard parce qu’il est la plus haute personnalité. Ce n’est pas lui seul qui utilisait les moyens de l’Etat pendant les campagnes. Il y a les ministres, les cadres de l’administration qui le suivent et qui continuent par utiliser les moyens de l’Etat. Ce que nous allons toujours dénoncer. Nous, on ne peut que dénoncer. On n’a aucun pouvoir. Notre seule force, c’est la dénonciation des mauvaises pratiques de ceux-là qui sont des cadres et qui utilisent les moyens de l’Etat pour battre campagne. Considérant que les autres n’ont pas ces moyens, il y a de l’inégalité.

Quelle est votre appréciation de l’état de la démocratie dans notre pays le

Bénin ?

Vous savez, sans nous et un certain nombre de citoyens qui font la  veille sur la démocratie au Bénin, nous aurons déjà viré à la dictature. Parce qu’à l’allure où allaient les choses, on voudrait que ce soit la révision de la Constitution. Si jamais, on avait fait la révision de cette Constitution, on aurait mis entre parenthèses notre démocratie. Donc, nous continuons par faire la veille citoyenne pour que notre démocratie continue par survivre et pour que l’alternance au pouvoir soit une réalité. Et pour qu’elle survive, les citoyens doivent veiller au grain, parce que ceux qui nous gèrent, ceux qui nous dirigent, ont tendance à s’arroger tous les droits et à aller vers la dictature.

Pensez-vous qu’elle soit menacée ? Mais notre démocratie est menacée ! Absolument.

C’est pour cela que tous les jours, nous ne cessons de crier, de tirer sur la sonnette d’alarme et de dire que les choses doivent se faire démocratiquement  comme les textes le prévoient.

Parce que vous allez constater que nos textes ne sont pas respectés. Regardez par exemple le code électoral ; il est violé constamment par tous. C’est nous, membres de la société civile, qui veillons au grain pour éviter que notre démocratie ne soit mise entre parenthèses.

Un mot à l’endroit de la jeunesse militante en cette période de campagnes électorales.

Oui. Vous savez, les jeunes comme il y a le chômage ambiant, sont toujours utilisés comme des éléments de troubles dans des camps donnés ; et chaque politicien a sa jeunesse qu’il manipule.  Je vais demander à la jeunesse de ne pas se laisser manipuler et de ne  pas se laisser acheter sa conscience avec 5000 ou 10000 FCFA et d’amener des problèmes dans le pays. Car, ce sont eux qui collent les affichettes des candidats. Ils n’ont qu’à faire beaucoup attention. Il faut qu’ils cessent de vandaliser les affichettes des autres candidats qui ne sont pas leur candidat à eux. Donc, la jeunesse n’a qu’à prendre conscience de son rôle et de savoir qu’elle doit agir comme de bons citoyens, comme des enfants bien éduqués, comme des citoyens civilisés. Voilà le message que je porte à la jeunesse.

Réalisation : Sylvestre TCHOMAKOU & Nelckaël IGUE (Stag)



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