Université d'Abomey-Calavi, classement unirank, meilleures universités afrique

MAUVAISE ORIENTATION : Les choix de filière sans conviction font dégâts

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La joie issue de l’obtention du premier diplôme universitaire par les nouveaux étudiants semble tourner au désarroi en raison de la mauvaise orientation de ceux-ci dans le choix de leurs différentes filières de formation. Entre appréciation et dépréciation, du fil reste à retordre pour une orientation en lien avec le développement

Échecs massifs, effectif pléthorique dans les facultés, double inscription, etc. sont, pour ne citer que celles-là, les quelques conséquences de la mauvaise orientation des nouveaux bacheliers dans les universités publiques du Bénin. L’une des causes majeures de cette déroute académique n’est rien qu’une mauvaise orientation, un choix de filière fait, soit par suivisme, soit par ambition. D’après les spécialistes de l’éducation, le problème d’orientation se pose dès lors que le nouveau bachelier fait son entrée dans le monde universitaire et doit faire un choix en ce qui concerne la formation qu’il désire suivre pour son cursus. Dans la mêlée, pendant que certains arrivent à faire un choix réfléchi, d’autres s’égarent totalement. A en croire les divers aveux enregistrés, le manque d’information exacte du nouveau bachelier sur les filières débouchant sur le marché de l’emploi, les séances d’orientation des différentes structures publiques ou privées mal ficelées, le phénomène du suivisme et bien d’autres réalités expliquent ce sempiternel chemin d’insuccès des étudiants dans les universités au Bénin. Estelle Z., étudiante en première année de Science économique (SE) à l’Université d’Abomey-Calavi, confirme : « Quand j’ai eu mon Bac, mes amis se sont inscrits à la Faculté de science économique et de gestion (Faseg). C’est à cause d’eux que je me suis moi-même inscrite à la Faseg ». Mieux, se considérant comme pèlerin depuis un moment, Bertrand Adjahoutchinon, étudiant à la Faculté des sciences et techniques (Fast) évoque avec infortune son exemple pour donner une autre raison : « Je suis contraint de faire la CBG car mes parents n’ont pas les moyens pour me payer la formation dont j’ai toujours rêvé » se désole-t-il en précisant qu’il est en 2ème année dans ce département après 3 années de formation. Par ailleurs, il ajoute qu’il n’a pas bénéficié d’une bonne orientation pour son cursus. Loin d’un simple constat, la problématique de l’orientation est de plus en plus un sujet à polémique. À ce titre, il juge très mal structurées les séances d’orientation organisées chaque année par le ministère et d’autres structures privées. Dans cette même lancée, Victor Loko, étudiant en 2ème année de géographie souligne : « Les orientations qui se font sont bonnes. Néanmoins, on a pas le temps d’échanger avec les organisateurs afin de leur présenter notre vouloir ». Ainsi, quand bien même des efforts se réalisent, le tir reste à repenser afin de permettre une réelle contribution de tout un chacun au développement.

Autorités et enseignants ne tergiversent point

Les autorités universitaires n’ignorent pas que le fait est à repenser. Déjà, le Vice-Recteur de l’Uac, Maxime da-Cruz, éclaircit : « Certains choisissent de suivre une formation, mais chemin faisant, ils se rendent compte qu’ils ont fait un mauvais choix de filière. C’est le cas de la période post-crise de l’année dernière où bon nombre d’étudiants se sont inscrits à la Fadesp et à la Faseg au moment où il n’était pas évident que la Flash recrute de nouveaux bacheliers. » De ces propos découlent donc le manque de certitude dans le choix des domaines de formation. Par contre, selon Romuald Mitchozounnou, directeur de contrôle et des équivalents de diplômes, la difficulté est encore plus grande car une politique d’orientation en bonne et due forme n’existe pas pour ces milliers d’apprenants. « On n’a pas une politique d’orientation. Une politique d’orientation suppose un dispositif qui prend en charge tout le système éducatif du primaire en passant par le secondaire jusqu’au supérieur ». De plus, pour lui, le dispositif du système éducatif béninois pour l’exécution de cette noble tâche n’est pas assez compétitif. « Notre dispositif au niveau de l’éducation nationale au Bénin n’est pas installé pour aider les apprenants à faire le bon choix. » précise-t-il. Pour arriver à faire de ce problème un passé, il faut réorganiser et réformer tout le système va-t-il conclure. Aux dires de ce dernier, la mauvaise orientation vient des choix des séries inappropriées des nouveaux bacheliers depuis les cours secondaires. Ce faisant, il importe de procéder autrement pour l’orientation des nouveaux étudiants pour le bonheur de ces derniers.

Revaloriser au plus vite la politique habituelle d’orientation ?

Pour permettre aux nouveaux bacheliers et également aux étudiants de choisir de façon efficiente leurs filières de formation, le Ministère de l’Enseignement Supérieur de par les nombreux cas de plaintes et situations de mauvaise orientation, se doit de revoir ou d’opter pour une nouvelle et riche politique d’orientation. Interrogé donc à ce propos, Romuald Mitchozounnou, directeur de contrôle et des équivalents de diplômes, suggère de commencer à donner des informations aux apprenants depuis le premier cycle du secondaire. Rencontré aussi, le doyen de la Faculté de Sciences et Techniques, Félix Hontinfindé, quant-à lui pense qu’il faut mesurer aussi ses compétences avant de s’aventurer dans le choix d’une filière. Donc, tenir compte un peu de ses potentialités et les vraies notes obtenues en terminale évidemment avant de s’inscrire dans n’importe quel domaine de formation. Et puisque dans toutes ces causes figurent par ailleurs le véto des parents des apprenants, Dossa Omonladé, étudiant en 3ème année de linguistique propose que les parents laissent les enfants faire un choix conséquent. Et à part les parents, ce dernier pense que les autorités ont également leur part de responsabilité dans le fait. C’est donc à juste titre que le Vice-Recteur Maxime da Cruz pense que les nouveaux bacheliers une fois à l’université, doivent se rapprocher des responsables, des personnes les plus expérimentées afin d’avoir des informations allant dans la formation qu’ils désirent suivre. Il conseille à cet effet, aux nouveaux bacheliers d’être curieux afin de s’enquérir les informations et de ne pas tomber dans le piège de la mauvaise orientation. La nécessité de revoir les mesures afin de mieux suivre les nouveaux bacheliers et étudiants dans leur cursus s’impose donc.

 Gwladys ODIN (Stag)



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