UAC, FNEB, Lettre Ouverte, Président Talon, Alimi Gounou, Le Héraut, 2018, Bénin

Mouvement étudiant :  « La Fneb travaille à restaurer l’image du mouvement étudiant» confie Alimi Gounou

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Conformément à la décision de réorganisation du mouvement étudiant émise par le gouvernement du Président Patrice Talon, les jeux électoraux sont ouverts à l’Université d’Abomey-Calavi depuis le 21 juillet 2018. Rhétorique, stratégies, projets… chaque organisation en propose à l’électorat pour le rayonnement du mouvement étudiant. Ici, Alimi Gounou, Président de la Fédération Nationale des Etudiants du Bénin(Fneb),  explique la vision de son organisation pour les étudiants.

Monsieur le Président, à quoi peut s’attendre la communauté universitaire si au soir du 9 juillet, la FNEB remporte les élections en cours pour l’organisation estudiantine la plus représentative ?

Je pense que si la Fneb arrive véritablement à gagner ces élections, ça ne serait que pour le bonheur des camarades étudiants et toute la communauté universitaire. Au vu déjà de ces expériences depuis déjà des décennies cela ne peut que véritablement venir contribuer à l’épanouissement des étudiants béninois que nous sommes. Parce que, vous n’êtes pas sans savoir que la FNEB de par son organigramme, a satisfait les étudiants depuis des décennies. Et si je m’en tiens déjà à cette prouesse, cette année, on peut retenir  véritablement un certain nombre de choses à savoir : le fait que par le biais de la FNEB, les étudiants, n’ont ni cette année ni l’année prochaine à payer les inscriptions à savoir : 25.000, 50.000 et 75.000 FCFA selon le circuit auquel ils appartiennent. Les nombreuses plaidoiries que la FNEB a pu faire et qui ont pu permettre à obtenir une satisfaction sur un certain nombre de choses.

Vous n’êtes pas sans savoir  que le 4 mai par exemple, le rectorat devrait procéder à la clôture des inscriptions, mais la Fneb a dû intervenir pour prolonger cette date à la fin du mois de mai, jusqu’au 25 tout au moins. Et mis à pas cela, vous n’êtes sans savoir que le rectorat a décidé pour le compte de cette année, pour ceux-là qui seraient en retard de leur faire payer une pénalité à hauteur de 50℅ de leur frais d’inscription. Quand on se réfère à la scolarité au niveau de nos écoles c’est au minimum 400.000f. 50℅ sur les frais de scolarité, ça fait donc 200.000f. Nous avons donc négocié avec le rectorat et les étudiants payeront un taux forfaitaire de 22.500.

Quant aux dépôts de dossiers à la direction des bourses et secours universitaires, il y avait une seule période et une seule vague unique de dépôt de dossiers. Et donc la Fneb a dû adresser une correspondance à la ministre pour souhaiter que véritablement on puisse nous accorder une dérogation qui constituerait à ouvrir à nouveau une seconde vague ; ce que nous avons pu bien obtenir. En ce qui concerne nos différentes allocations universitaires, voyez-vous, nous avons travaillé pour qu’il y ait une célérité dans le traitement des dossiers ; et pas plus tard que la semaine passée, nous avons eu encore assez de listes qui ont été affichées.

Au niveau des différentes entités, nous sommes intervenus pour faciliter la collaboration entre les bureaux d’union d’entités et les responsables d’Amphi et le décanat. Tout ceci dit, voyez avec moi que nous travaillons avec dextérité, et sans bruit pour satisfaire à la mesure du possible nos mandants. La FNEB ne fera que continuer dans ses œuvres salvatrices qu’elle mène depuis des décennies.

La FNEB ne fera que continuer dans ses œuvres salvatrices de manière un peu plus concrète, la conviction de la Fneb en participant à ces élections,  qu’est qu’on peut retenir ?

Le mouvement étudiant avec l’aide de certains de ses défenseurs est vu comme un repaire, c’est-à-dire un milieu sale, malpropre. Nous avons donc la stricte obligation de changer cette. Nous devons restaurer l’image du mouvement étudiant. Préparer  la jeunesse au militantisme responsable.  Ceci doit être observé dans les niveaux scolaires, secondaires et universitaires.

D’aucuns accusent votre organisation d’avoir trahi le mouvement pour avoir suspendu la motion de grève récente. Qu’avancez-vous ?

Nous n’avons jamais trahi le mouvement, encore qu’avant qu’on en arrive à prendre cette décision, c’est ensemble autour d’une table que nous nous sommes entendus pour en arriver là ! Parce qu’à un moment donné, on ne s’entendait pas sur les décisions à prendre. Les trois organisations avaient donc des positions opposées. Et c’est même le président de l’UNSEB qui a souhaité qu’on sorte un communiqué pour notifier à la communauté qu’on est pas arrivé à s’accorder sur la suite à donner au mouvement, et que la latitude est donnée à chaque organisation donc.

C’était de l’UNEB et l’UNSEB que la FNEB a opté pour la suspension et si ensemble on s’est entendu pour sortir un communiqué pour faire ça, c’est refuser véritablement d’assumer son choix. Les autres organisations ne doivent plus continuer par fonctionner comme si elles sont sous la coupole de la FNEB et de l’UNSEB. La FNEB a suspendu, l’UNEB et l’Unseb ont continué. Qu’est-ce se fait sur le terrain pour que le mouvement puisse continuer comme elles l’ont fait savoir aux étudiants ? Rien ! C’est là vous devez comprendre en réalité qu’il n’y a aucune conviction  dans leur prise de choix. On ne peut pas se plaire à s’amuser véritablement avec l’avenir de toute une génération, de toute une jeunesse qui véritablement a envie d’aller de l’avant.

Pourquoi risquer l’année invalidée au niveau de l’Université d’Abomey-Calavi, pendant que l’Université nationale d’agriculture est au cours,  pendant que l’Université d’Abomey est au cours, l’Université de Parakou est au cours ? Encore moins qu’au niveau de l’Université d’Abomey-Calavi nous n’avons pas réussi  véritablement à étendre le mouvement sur tous les centres universitaires. Donc pour nous, les allocations universitaires ne concernent pas que l’Université d’Abomey-Calavi et donc ça concerne tous les étudiants du Bénin. Si toutes les universités ne sont pas prêtes véritablement à faire le mouvement, ce n’était pas utile véritablement de prendre le risque d’aller à une année invalidée au niveau de l’Université d’Abomey-Calavi. D’où la nécessité de réorganiser tous les étudiants du Bénin pour que désormais nous puissions faire face à cet état de choses.

Vous venez de parler de fins politiques pour la poursuite du mouvement au niveau des deux autres organisations. Que voulez-vous insinuer ?

Non ! Moi je ne peux pas comprendre qu’il y ait de ces organisations qui, animées du désir ardent de se faire élire, refusent de dire la vérité à l’étudiant. Qu’on tienne un discours devant l’autorité et qu’on refuse de l’assumer devant l’étudiant, c’est assez grave ! Et mieux, ce que nous ne savons pas et c’est clair dans la tête de tout le monde, il y a de ces organisations qui en réalité, sont des  démembrements des structures politiques et donc on ne peut pas se permettre de se servir du mouvement étudiant pour des  fins politiques, pour se prostituer au nom de l’étudiant auprès des organisations politiques. Non ce n’est pas possible.

Nous avons quelques mois à faire à la tête de nos organisations respectives donc ce n’est pas important pour moi de véritablement utiliser le mouvement étudiant pour des trucs politiques. Nous n’en ferons pas et donc je dirai la vérité, rien que la vérité à l’étudiant et je ferai le meilleur choix possible.

Votre appel à l’endroit de la couche estudiantine !

Je voudrais dire tout simplement que l’étudiant ne se fasse pas manipuler parce qu’on n’insulte pas l’intelligence de l’étudiant. Qu’il fasse une analyse approfondie et malgré que les intoxications courent les rues de nos différentes universités et centres universitaires, et dise simplement que ces élections que le gouvernement a décidées, c’est pour permettre à l’étudiant de pouvoir faire un choix  entre les Organisations qui depuis des années, sont dans leurs universités.

Je voudrais aussi souhaiter qu’au niveau des autres organisations, on ne fasse pas de ces élections une campagne d’intoxication; après les universités nous avons une vie active, ne nous faisons pas d’ennemis parce qu’on a besoin ou envie d’avoir le pouvoir. Que les campagnes électorales soient véritablement des campagnes saines et pour le bonheur de la communauté universitaire.

Réalisation : Arsène Azangon & Serge Adjakou (Stags)



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


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