NETTOYAGE DES VITRES DE VÉHICULES EN CIRCULATION:
Une activité qui gagne du terrain à Cotonou

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Ils sont nombreux ces nettoyeurs de pare-brise de voiture qui stationnent dans les feux tricolores et sur les grands artères de la ville de Cotonou. Malgré les nombreuses ‘humiliations et difficultés qu’ils rencontrent, ces derniers ne se lassent de vendre leurs prestations aux usagers.

Équipés de serviettes, de déodorants et de pinceaux ou grattoir de vitre, très actifs, ces nettoyeurs de pare-brise de voiture, proposent leur service de lavage de vitres et rétroviseurs aux automobilistes en circulation. Le contact est fait souvent dans les feux tricolores de saint Michel, fidjrossè, Agontikon et biens d’autres carrefours de la ville de Cotonou. Faufilant dans une atmosphère peu rayonnante maculée des ronflements de véhicules, des motos, des cris des bonnes dames vendeuse de quelques d’articles. Ces professionnels du métier de nettoyeurs de pare-brise de voiture s’attellent vivement à leur besogne. Dans la foulée, l’on aperçoit Sokouré Phillipe qui tente offrir sa prestation à l’un des usagers de la circulation. Ce dernier, moyennement habillé, plonge les usagers dans un spectacle vivant sous le regard impuissant des policiers qui régularisaient la circulation. Approché, Sokouré Phillipe se confit « Je viens toujours ici parce que j’entretiens de meilleures relations avec mes clients qui m’aident et promettent de me faire quitter ce boulot ». Très enthousiasmé après sa grande débrouille devant une voiture violette, il ajoute qu’il gagne « entre 1000f, 2000f ou 5000f chaque jour››. C’est le cas aussi pour Augustin Aligbonon un octogénaire natif de bohicon exerçant dans cette activité depuis près de 20 ans qui avec désolation martèle « Ça ne rapporte pas grande chose, parfois on trouve entre 1000f et 1500f ».

Et pour cause

Malgré les nombreuses difficultés qu’ils rencontrent dans l’exercice de leur métier, ils justifient leur présence par des arguments selon lesquels, des problèmes financier et le manque d’emploi. « J’avais travaillé dans l’art plastique mais après la fin de mon contrat, je ne me retrouve pas financièrement » s’est justifié Philippe Sokourè. Augustin Aligbono quant à lui avoue que c’est son dernier recourt pour ne pas évoquer le problème de manque d’emploi « Je n’ai pas d’autre choix que de procéder à l’entretien des véhicules » a-il confié. Et pour atteindre son objectif, il sollicite la générosité des clients. Mais, cette activité de prélavage qui se fait sans l’accord des bénéficiaires que sont les automobilistes est diversement appréciée.

Les ”mains ” qui croient encore à leurs missions

« Je suis déjà habitué. Et lors de mon passage j’essaie de leurs glisser quelque chose pour les aider » à laisser entendre Apollinaire Goutolou, un conducteur de taxi rencontré sur les lieux. Contrairement à son opinion, Akim Waliou, conducteur de taxi ville dans les pays voisins, se désole de leur présence: « Je ne permets pas qu’on s’approche de ma voiture car à cet âge, ces individus qui se font passer pour des nettoyeurs des vitres doivent se trouver un emploi plus rassurant » va-t-il avoué. La gratuité, des pairs de gifle, des injures et des interpellations policières sont les mots qui claquent. Sans langue de bois, Sokouré Phillipe confie ‹‹ on est victime de nombreux accidents. Aussi, j’ai été signalé plusieurs fois au commissariat d’AÏdjèdo tout juste à cause des clients qui ne veulent pas qu’on s’approche de leur véhicule. Ils nous giflent parfois, nous lancent des parjures inconcevables et quand on réplique : c’est la bagarre ». Au vu des conséquences que présentent cette activité qui mettent la vie des nettoyeurs de pare-brise de voiture en danger ainsi que celui des usagers de la route. Il s’avère important que ces nettoyeurs de pare-brise de voiture puissent revoir leur méthode de travail. Par ailleurs il serait ingénieux que les forces de l’ordre œuvrent pour sensibiliser ces derniers, afin de permettre la livre circulation des usagers de la route dans les feux tricolores.

ASSOGBA GBÈNNAKPON JORIS



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