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PIERRE DOSSOU-YOVO SUR SA VISION POUR L’UAC : « Notre université doit être dans le top cinquante des universités d’Afrique »

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Après 12 ans de service au poste de Chef Cabinet du rectorat de l’Uac, Pierre Dossou-Yovo court à conduire l’université qu’il a tant servi en succédant à Brice Sinsin.  Avec « Oui UAC », il entend  donner davantage de souffle à l’institution. Pourquoi et comment ? Il en parle dans cette exposition sommaire de la quintessence du projet de développement de son équipe.

Le Héraut : Pierre DOSOU-YOVO, qui est-ce ?

Je suis professeur titulaire de chimie analytique, chimie alimentaire avec des brevets d’invention. Je suis chercheur et innovateur.  Actuel Chef Cabinet du Recteur de l’Uac, je suis venu pour servir. À ce poste, j’ai été appelé suite à une activité que j’ai faite pour mon université, université que j’ai fait rayonner à l’extérieur, surtout dans mon pays de formation, la Russie.

C’est justement sur cette base que ceux-ci ont vu l’intérêt de venir coopérer avec un pays africain. À preuve, mon maitre de thèse a effectué un voyage en mars 2001 à l’Uac. À son retour, il n’a pas tari d’éloges à l’endroit du Bénin.

Grâce à cela, assez d’opportunités ont été offertes aux étudiants béninois, ceci pour leur permettre d’étudier hors du Bénin. Ceci n’est qu’un exemple pour illustrer comment la coopération ouvre des portes aux citoyens. C’est donc suite à cette activité que j’ai été appelé pour servir mon université.

Je suis venu ici en 2005 après le mandat du prof Salifou Alidou. Le recteur Awanou, qui lui a succédé, a souhaité que je l’aide aussi.  À son arrivée, l’actuel Recteur, le professeur Brice Sinsin a émis le même vœu. En tout donc, cela fait pratiquement douze ans que je suis là. J’ai vécu ici, j’ai vu  travailler et j’ai perçu toutes les facettes de difficultés propres à mon université, difficultés qui ne tendent pas à s’arrêter.

Les difficultés que nous avons vécues avec les différents régimes qui se sont succédé à la tête de l’université nous ont amenés à nous dire que si nous partons d’ici, nous n’aurons rien cédé à l’université. Nous avons les aptitudes pour pallier bon nombre de difficultés que traverse l’UAC. Ce sont ces réflexions qui nous motivent à apporter notre touche  pour une meilleure UAC, à ne pas nous terrer. Notre équipe s’est alors mise en place pour régler certains carcans académiques, sociaux et culturels.

Nous avons une richesse culturelle. Nous avons une richesse sociale, nous avons un certain nombre de défis auxquels nous devons faire face à l’université.

Dans la logique des défis, quels sont ces problèmes auxquels l’Uac est confrontée ?

Si vous sillonnez les facultés, nos entités, prenons l’exemple de l’ex-Flash, combien d’ouvrages ont-ils pour se développer en linguistique ? Combien d’ouvrages ont-ils pour se développer en langue  allemande ? Vraiment combien d’ouvrages parce que pour apprendre une langue, il y a une littérature. La bibliothèque centrale, elle est pratiquement vide.

Normalement quand vous allez dans une bibliothèque, vous devriez pouvoir trouver un nombre suffisant d’exemplaires d’un livre d’un même auteur. Chacun peut en prendre un et rester là-dessus jusqu’à la fin de l’année. Quand j’étais étudiant, vous rentrez à la bibliothèque et vous constatez que des pages de livres ont été arrachées.

Ceci arrive parce que ces étudiants n’ont pas les moyens pour acheter ces livres. Mais ils privent ainsi les autres qui sont venus aussi étudier. Alors nous avons pensé que nous allons rénover les  bibliothèques à travers chaque établissement.

La bibliothèque centrale demeurera la mère des bibliothèques et pourvoyeuse d’expertise à ces dernières. Nous souhaitons, et nous y travaillerons, activer l’autonomie  d’inscription aux différents établissements de l’Uac tout en  conservant l’expertise et le contrôle de la scolarité centrale.

En notre temps, c’est par établissement que les inscriptions se faisaient. Et, on verse le tout à la scolarité qui centralise. Comme cela, ça va plus vite. Quand on attend que ce soit la scolarité centrale qui organise les inscriptions, voyez tout le brouhaha qu’il y a lors des inscriptions.  Ça donne lieu même à du commerce. Nous pensons doter les écoles doctorales et les comités scientifiques sectoriels de moyens locaux adéquats à leur fonctionnement.

Nous pensons rétrocéder aux établissements leur finance parce qu’il y a effectivement ce problème. Nous allons négocier avec le ministère de tutelle  pour que ces finances arrivent à temps, rétrocéder et organiser l’autonomie de la gestion par ces établissements.

Notre vision est de mettre résolument au travail toutes les composantes de l’université. Bien entendu, mettre quelqu’un  au travail ne veut pas dire lui dicter ce qu’il doit faire, mais plutôt, l’amener à le faire. Chacun doit donc se mettre résolument au travail de manière inclusive. Communiquer et régler les problèmes. Quand on réfléchit ensemble, les problèmes trouvent leurs solutions.

Pour avoir eu la chance de faire avec des équipes, aviez-vous fait des propositions ?  

Chaque situation avec son apparition naturelle  et chaque apparition avec sa résolution naturelle. Tout dépend de l’objectif de chaque équipe. Souvent, nous n’arrivons pas à coordonner les activités.  C’est pour dire que lorsque les situations apparaissent, et que vous n’arrivez pas à trouver la solution tout de suite, ça vous échappe et en faisant autre chose, vous pensez que vous évoluez. C’est pourquoi, dès que je constate que quelque chose pouvait se faire, je note.

C’est ce que j’ai fait tout le temps.  Je note ce qu’on peut améliorer plus tard. J’ai donc rassemblé les différents problèmes qu’on peut régler. Donc ce n’est pas parce que je suis là que je n’ai pas travaillé. J’ai beaucoup aidé  l’université à gérer des crises. Tantôt le Recteur m’envoie ou le COUS m’appelle.

 À titre d’exemple, j’ai été beaucoup sollicité au cours des tensions de 2013-2014 ;  2014-2015.

Au même titre que l’actuel premier vice-recteur Maxime da-Cruz, vous êtes candidat, n’est-ce pas là une preuve de division au sein de l’équipe finissante ?

C’est la démocratie ! Ce n’est de l’extérieur qu’on se pose la question de mal compréhension, mais à l’intérieur,  je ne crois pas.  Ajavon et son grand frère étaient candidats à la présidentielle, Houngbédji Adrien et son frère Gatien, pareil. De l’extérieur vous allez vous dire que ce sont des frères qui sont en mésentente. Du coup il y a beaucoup de supputations.

Vous avez vu passer tous les épisodes des mouvements étudiants, Si vous vous faites élire recteur, quel sera votre politique pour un campus apaisé ?

J’ai dit qu’il faut accorder une attention soutenue à la vie estudiantine.  Réinventer l’écoute de chaque composante de l’Uac  et particulièrement celle de la composante étudiant. Ce n’est que cela qui règle les problèmes.   Et je l’ai appris ici.  Et pas ici seulement, j’ai été responsable étudiant en Europe. Nous rêvons vraiment grand pour l’université. Ce rêve je le porte en moi, c’est pourquoi j’ai dit « Oui Uac ».

Un message à la communauté universitaire

Notre université doit être visible dans le top cinquante des universités d’Afrique.  On voit des universités comme celles du Maroc, Tunisie, Afrique du Sud et autres, mais on ne voit pas encore l’université d’Abomey-Calavi.  Il faut qu’on en arrive là.

L’objectif de la liste ‘’OUI UAC’’, c’est de redorer le blason de l’étudiant.  Entre temps, quand on dit qu’on est étudiant, c’est une fierté, mais aujourd’hui, l’étudiant est mal vu. L’étudiant doit être remis dans sa lettre de noblesse. Je rêve grand pour mon université et à partir de la couche estudiantine.

L’étudiant a été dégradé et il faut qu’on  le ramène. Le personnel technique et administratif aussi doit être recyclé.

Réalisation : Sylvestre TCHOMAKOU &  Prosper Yessoufou HOYETON 



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


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