PORT DES FAUX CILS : Une astuce de beauté aux dessous fâcheux

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Il est un secret de polichinelle que les femmes aujourd’hui dans leur majorité adorent mettre des faux cils comme accessoire de maquillage. Mais cette pratique qui ne cesse de prendre de plus en plus d’ampleur n’est pas, à vrai dire, sans conséquences sur la santé de ses nombreuses habituées.

Picotements, démangeaisons, brûlures… Ce sont là quelques ressentis suite à un port de faux cils. Des sensations pouvant s’étendre sur plusieurs jours et causer sur le long terme l’inflammation des paupières. Mais tout ceci ne semble en rien émousser l’ardeur des jeunes dames et filles. Car il n’y a plus aujourd’hui de cérémonie d’anniversaire, de baptême ou de mariage au cours de laquelle on ne voit pas celles-ci exhiber leurs yeux de biche à la Carolina ou Victoria.

Si pour les uns, c’est juste pour se faire belle, d’autres par contre le feraient dans le dessein de se faire remarquer, de séduire leurs vis-à-vis. Inès Ouinssou, la trentaine, confirme : « Je mets les faux cils pour me rendre belle et remarquable ». Pour montrer la grande part que prennent les faux cils dans l’effectivité de sa beauté, elle poursuit en précisant que : « si je ne les mets pas, je ressens un énorme manque ». Comme elle, plusieurs autres femmes se voient indissociables de cette astuce de beauté. C’est le cas de Rosalie et de Émilienne qui avouent « ne plus pouvoir se passer des faux cils ».

Contrairement à ces dernières, Charmelle Vignon, jeune étudiante, a de l’antipathie pour cet accessoire dont l’usage, pour elle, serait risqué. Pour soutenir sa thèse, elle confie : « ce qui m’effraie le plus, c’est la colle ou le ‘’super glue’’ utilisée lors de la fixation des faux cils. Ces produits pour moi ne doivent en aucun cas approcher les yeux, et donc, je m’en méfie ».

Présentés comme des paillettes en plume, en plastique ou en fibre de soi, les faux cils ont la forme de cils naturels et sont rangés par taille dans une boîte. Il faut rappeler que les cils peuvent être naturels, semi-naturels ou purement synthétiques et le coût varie entre 500 et 3000 francs CFA selon la qualité. À en croire maman Duciel, esthéticienne à Akassato, la longueur dépendrait du résultat recherché. Ils peuvent en effet, précise-t-elle, « être longs pour un regard extravagant et courts pour un regard séduisant ».

Un danger…

« Étant donné que c’est à base de colle ou de super glue que nous fixons les faux cils, il est possible que cela engendre des problèmes », confie Nadège Zinsou, esthéticienne, sans réellement donner plus de précisions sur les problèmes auxquels elle fait allusion. Elle sera cependant confortée dans cette appréhension par le docteur Ayopo Adéyèmi, médecin qui, interrogée par l’Agence de Presse du Nigeria, explique que : « les conséquences de l’usage des faux cils sur la santé sont entre autres les abrasions, les ulcères cornéens, les dommages causés aux cils naturels, la sensibilité oculaire, etc. »

S’il y a une chose dont est sûre Nadège Zinsou, c’est qu’à force de mettre chaque fois les faux cils ; on finit par perdre les naturels, ces derniers sont censés protéger les yeux contre la saleté, la sueur, les bactéries et autres matières étrangères. Un avis que partage la docteur Adéyèmi, Rozelle Aza, ophtalmologue, qui dans la même veine que Nadège ajoute que le port des faux cils, sur le long terme, endommage la vision. Elle continue en soulignant que « les personnes qui utilisent en permanence ces accessoires de beautés peuvent contracter facilement des maladies comme la cataracte, le traumatisme de l’œil, la maladie des paupières, etc. ». Les matières dans lesquelles sont taillées les faux cils eux-mêmes, vient renchérir docteur Adéyèmi, « peuvent causer différentes formes d’allergies et d’infections, plus précisément le piégeage de la conjonctivite allergique et la rétention de la saleté autour de l’œil ».

Pour finir, la spécialiste conseille aux habituées de minimiser le rythme auquel elles en font usage si tant est qu’elles veulent conserver des cils naturels sains.

 

Abdoul Aziz Fintiola & Rachidatou Akougbè



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