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PRATIQUES CULTURELLES RELIGIEUSES : Incursion dans le monde estudiantin d’Abomey-Calavi

 

Après l’obtention du baccalauréat, nombreux sont ceux qui décident de poursuivre  les études à l’Université d’Abomey-Calavi. A côté des études, s’impose un regard sur la vie cultuelle et culturelle des étudiants. Les étudiants continuent-ils avec leurs pratiques culturelles religieuses endogènes de chez eux? Une investigation menée révèle plusieurs motifs.

«Miétonou wê, mi nou djala do>>, dit un adage populaire au Dahomey, l’actuel Bénin. Signifiant littéralement ‘’ c’est pour nos pères, entretenons-le’’, cet adage repris par Sagbohan Danialou dans l’un de ses morceaux plonge dans un environnement purement culturel et cultuel. Que faut-il entretenir est-on tenter de se demander.

Une rétrospection visuelle sur le clip vidéo de Sagbohan Danialou fait remarquer qu’il faut entretenir et sauvegarder le cultuel et le culturel relevant des différentes religions endogènes. Baptisée ou non par les nouvelles religions importées, chaque famille doit s’accommoder à la philosophie de l’homme-orchestre car c’est la <<chose des ancêtres>>. Issus de différentes familles, les étudiants continuent-ils leurs pratiques religieuses endogènes ? Autrement dit, arrivent-ils à être les ambassadeurs culturels et cultuels de leur localité, une fois, venus à calavi? Le constat est bien visible.

Pour Séro Clément, natif du Nord Bénin, département de l’Alibori et étudiant à la Fast, les étudiants <<abandonnent leurs pratiques religieuses endogènes et les raisons sont personnelles et diverses>>. Confirmant le constat, Lydie Awokou, native d’Abomey et étudiante à l’école polytechnique (Epac) se désole face à la question. << Comment peut-on continuer avec ses anciennes pratiques jusqu’à l’Université ?>> a-t-elle répondu amèrement. Plusieurs raisons soutiennent alors l’abandon des pratiques religieuses endogènes au sein  des étudiants.

 Les motifs…

 Avant d’exposer les raisons pour lesquelles les étudiants observent un tel abandon, il urge de comprendre et de saisir le sens de ce que c’est que la croyance. Pour le commun des mortels, la croyance est <<le fait de croire à la vérité ou à l’existence de quelque chose>>, et il existe plusieurs croyances: celle religieuse, philosophique, politique, etc. P

our Denis Adjignon Hodonou,socio-anthropologue, la croyance est le fait de <<croire et de tenir pour vraies des pratiques religieuses. C’est croire à quelque chose, quelqu’un ou en Dieu>>. Et si les étudiants, une fois arrivés à calavi, mettent sous boisseau les pratiques endogènes de chez eux, plusieurs raisons élucident la préoccupation. Il y a en premier lieu, l’absence au campus des conditions de pratique  de la religion endogène de chaque étudiant, d’où le souci d’intégration.

En second, il y a dans la société tout un <<complexe méprisant de se voir être en train de s’adonner à des pratiques religieuses endogènes. La preuve, personne ne veut afficher ouvertement qu’il opte pour les pratiques religieuses endogènes», se désole le socio-anthropologue. Les étudiants rencontrés ne diront pas le contraire.

Revenant sur la question, Lydie Awokou estime qu’il y a la civilisation occidentale qui influence en grande partie. Tout le monde veut rester à la mode. Le monde évolue, poursuit-elle, et continuer à pratiquer les religions endogènes, c’est s’humilier. «Même les cicatrices,on a honte de les porter au visage», affirme-t-elle. Ne tarissant pas d’idées, Lydie fait remarquer qu’il y a trop de sacrifices exigés pour les pratiques culturelles endogènes et c’est sans avantages. L’esprit n’est même pas tranquille pour les études, finit-elle par confier.

Les conseils et l’absence de temple: autre mobile

Pendant que ces pratiques sont superfétatoires et importunant pour certains, d’autres y trouvent différentes raisons. Se prononçant sur le sujet, Douglas Henri Oscar étudiant à l’uac et natif de Ouidah pense que c’est plutôt l’abence des temples Vodun sur le Campus qui explique l’abandon des pratiques religieuses endogènes au sein des étudiants. Pour ce dernier, un Lègba érigé au grand portail résoudrait le problème. Si le << Zangbéto, le  Oro, le Egun-Egun>> et autres pratiques se faisaient sur le campus <<l’on ne manquerait pas d’étudiants adeptes>>, insinue l’étudiant de Ouidah.

Au-delà de l’absence des conditions de pratique des religions endogènes et des raisons sus-énumérées, les motifs sont tout autres pour d’autres étudiants. Quant à Sossoukpo Joël, natif du couffo, la raison principale concerne le souci de réussite. L’étudiant veut réussir ses études et c’est Jésus-Christ seul qui pourra l’aider. C’est donc dans le souci de réussite que l’étudiant change involontairement de pratiques religieuses, conclut Joël.

Ne contredisant pas du tout son frère, Félicien Adjèvi natif du couffo et étudiant à la Fllac abonde dans le même sens. Pour celui-ci, c’est surtout à cause des conseils prodigués par des amis afin de trouver solutions aux difficultés du Campus. Et le comble dit-il, il y a toute une campagne d’évangélisation organisée par les religions révélées qui envahissent l’Université et quand l’étudiant se laisse faire, il doit se convertir. C’est là le mobile de la question de l’abandon des pratiques religieuses endogènes chez les étudiants, certifie Adjèvi Félicien.

 Les conséquences…

 Abandonner ou continuer ses pratiques religieuses endogènes, le phénomène cache plusieurs conséquences. Peur d’étre mal reçu ou mis en quarantaine par ses camarades, l’étudiant qui s’accroche à ses pratiques religieuses endogènes vit une contrainte religieuse et fait preuve d’une hypocrisie vis-à-vis de sa croyance ancestrale.

Pour Denis Adjignon Hodonou, cet abandon débouche sur une sorte de <<syncrétisme voilé>>. Les religions endogènes sont peintes d’un noir répugnant et de diabolique au point où personne ne veut afficher sa conviction pour le cultuel voir le culturel, or le Fâ et le Vodun sont enseignés au Nigeria, informe le socio-anthropologue.

Par ailleurs, il faut remarquer qu’au sein d’un groupe d’études composé de chrétiens par exemple, l’étudiant qui respire le cultuel et le culturel fait objet de commentaires et même ses pairs l’obligeront à prier au début et à la fin des études. L’étudiant pratiquant les religions endogènes fait dos à petit coup à sa culture et c’est l’endogène qui prend un coup, revient rappeler Denis Adjignon Hodonou. Les chefs religieux sont vivement interpellés pour étancher la soif des étudiants sur cette piste cultuelle et culturelle.

 

Hervé D.FADONOUGBO (stag)

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