Professeur Enoch ACHIGAN-DAKO à propos de la semaine des Sciences et Technologie du 21 AU 25 mars : « …les innovations ne doivent plus rester cachées… »

Professeur Enoch ACHIGAN-DAKO à propos de la semaine des Sciences et Technologie du 21 AU 25 mars : « …les innovations ne doivent plus rester cachées… »

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Le professeur Enoch ACHIGAN-DAKO

Le professeur Enoch ACHIGAN-DAKO, Chef service Coopération internationale de l’Uac

Les jonctions vont bon train dans le milieu scientifique et technologique. C’est dans cette optique que l’université d’Abomey-Calavi ne déroge pas à cette évolution, en organisant la semaine des recherches, pour une information à la portée de tous. Le professeur Enoch ACHIGAN-DAKO se prononce sur l’importance de ladite semaine.

 Présentez-vous vous à nos lecteurs s’il vous plaît ?

Je réponds au nom d’Enoch ACHIGAN-DAKO. Je suis enseignant de génétique à la faculté des Sciences Agronomiques de l’université d’Abomey-Calavi. Actuellement, je suis également le chef service coopération internationale.

Quel est l’objectif de cette rencontre ?

Nous sommes à la troisième édition de la semaine des sciences et technologies. Nous nous sommes rendu compte que l’université produit beaucoup d’innovations. Des innovations qui sont inconnues du grand public, même pas connues  des autres laboratoires ou  unités de recherche nationale d’enseignement de l’université, très peu connues des étudiants eux-mêmes, qui  contribuent au développement de ces innovations. Ces innovations pas sues ne serait-ce que des utilisateurs potentiels  ne doivent plus rester cachées, non découvertes de tous. Raison pour laquelle il y a environ six ans nous avons institué ladite semaine, qui est une foire ,une fête ou nous présentons tout ce qu’il y a de beau, de significatifs, d’utiles, pour la société pour que les uns et les autres se rendent non seulement  comptent de ce que nous faisons comme recherches dans le domaine technologiques dans nos laboratoires, nos ateliers ,nos fermes mais aussi s’approprient les innovations pour leur utilisations pour le développement de la société. Cela couvre tous les domaines à savoir, pour ne citer que ceux-là celui de la médecine, de l’agronomie, des lettres, de la géographie, de la technologie d’information, tous les domaines reconnues par le cames.

Pourquoi avoir choisi ce thème ?

Cette année le thème s’intitule « L’université d’Abomey-calavi, un Hub d’innovation scientifiques et technologiques en Afrique de l’Ouest ».Vous n’êtes pas sans savoir que votre université d’Abomey -calavi a reçu plusieurs distinctions ces dernières années, et si nous devons compter nous sommes à plus de quinze prix. Alors, il y a plusieurs critères  que  les structures  qui cadrent les universités utilisent pour identifier les meilleures dans notre région de l’Afrique de l’Ouest. Aussi  l’Uac a été reconnue comme l’une d’elles. Nous pensons donc que nous devons montrer de plus en plus  que nous existons, mieux  que ce que nous faisons est pour la société. C’est pour ce faire que nous avons décidé de parler de haute technologiques en Afrique de l’ouest car ce thème est connecté à un autre qui va faire l’objet d’une table ronde le mardi 22 à l’Ortb. Nous croyons que nous ne faisons pas de la technologie, nous ne développons pas nos sciences juste pour la science  mais pour nous brancher à l’employabilité de la jeunesse, remettre les jeunes aux travaux, les rétablir dans leurs droits. C’est ce à quoi nous aspirons, pour ainsi dire notre objectif. Et comme sans science il n’y a pas de développement  cette semaine est dès lors de mise.

Quel en sera le contenu ?

Le programme est fort simple. Il démarrera par une cérémonie inaugurale qui fera en même temps office de leçon  inaugurale. Elle sera donnée par l’un de nos éminents professeurs, le professeur  Dominique SOHOUNHLE qui va nous parler de science et développement. En même temps nous voulons connecter  les personnes  qui sont au retour de l’âge avec la génération montante ou nouvelle génération .Pour cela, nous devons susciter une communication d’un collègue tout jeune tout brillant. Il accentuera sa communication sur la révolution technologique  au niveau de l’informatique. Il nous vient directement d’un laboratoire qui est aussi un incubateur qu’on appelle Etriaple. Suite à la cérémonie d’ouverture il y aura la foire des innovations. Un marché de l’information scientifique et technologique qui durera toute la semaine sur l’esplanade de la doctrine. Tous ceux qui ont un produit ou une innovation à présenter  devront exposer au  niveau de ce marché. Les formations seront essentielles dans nos différents laboratoires de l’université. Nous avons aussi prévu des concours, trois concours exactement. Il y a un concours en informatique, développement  application mobile qui sera prise en charge par nos centres informatiques. Un autre concours en langue locale. Souvent quand on parle de science et technologie les langues et les lettres modernes  ne doivent pas en faire partie. C’est faux.  La science commence par la connaissance de nos réalités : la maitrise de nos langues. Il y aura aussi un concours dans ce sens, il aura enfin un concours de la meilleure innovation. Tous ceux qui vont se présenter  à la foire, le marché de l’innovation seront évalués par un jury qui va rechercher au niveau de la panoplie d’exposants les meilleures innovations. Ces différents prix sont supportés de différents organismes  aux nombres desquels le Fnrsit, qui a décidé d’offrir le premier prix à l’innovation scientifique qui a su cette fois-ci tirer son épingle du jeu. Et  donc, comme je le soulignais tout à l’heure, il y aura la table ronde au travers d’une discussion, un entretien, un partage de savoir au niveau de notre chaîne nationale l’Ortb Pour partager avec le grand public qui ne pourra pas être au niveau de l’université tout ce que nous développons comme idées ,comme technologies, etc. ..Voilà brièvement  de quoi la semaine la semaine sera constituée.

Pourquoi avoir inséré un concours en langue locale pour un tel domaine ?

Je ne suis pas spécialiste du domaine, mais ce que je vais vous répondre c’est ceci : quand je dis un truc bizarre comme le « Bogbé » le « Aman-gbé », comment est-ce que vous traduisez cela en français ?  Comment est-ce que vous retournez cela en Fon, en  Adja, en Ewé ? Le concours va consister à un développement de texte dans une langue locale et qui va contribuer à résoudre un problème de terminologie, économique, n’importe lequel.  Mais la pertinence du sujet par rapport à la société doit être démontrée. L’intégrer dans une langue locale bien comprise contribuant à la résolution du problème. Nous sommes en fait à la 2è édition, on avait déjà essayé ça l’année dernière, on avait déjà fait un concours de langue pour la 2è édition où des gens ont proposés des textes  dans des langues locales. Vous avez aujourd’hui un grand sujet que les gens débattent partout sans en savoir le contenu : les organismes génétiquement modifiés. Alors comment est-ce que vous traduisez cela en langue locale pour les communautés pour qu’ils comprennent eux même de   ce que les gens discutent par rapport à ça. Alors avant qu’on ne dise les populations rejettent ceci, les populations acceptent cela, il faut pouvoir communiquer clairement pour que les gens puissent comprendre de quoi il s’agit. Voilà, le concours en langue locale contribuera à résoudre cela. Toutes les langues du Bénin sont en compétition. La présence des spécialistes au travers du ministère de la culture nous y aidera.

Votre mot de fin.

J’invite tous les étudiants à participer, car généralement quand on organise des évènements de ce genre les étudiants pensent que c’est pour les autres alors tout le monde est concerné. Ainsi tout le monde est massivement et cordialement invité à cette semaine, à prendre part activement aux diverses activités, participer aux concours quand vous en avez la capacité. La particularité de cette année par rapport au concours c’est que nous y avons associés les doctorants et leurs superviseurs pour postuler, ce ne sera pas que les enseignants et les laboratoires qui participeront. Puisqu’ils représentent le gros lot du travail de recherches qui se fait à l’université, la force qui se cache derrière ces innovations.

 

Luc Antoine AMEGNISSE & BOKOSSA Geoffroy



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


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