REAMENAGEMENT DU CALENDRIER SCOLAIRE AU BENIN : Une réalité imposée à tout régime?

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Le gouvernement de la rupture, à travers le passage du ministre de l’enseignement secondaire, de la formation technique et professionnelle sur une chaine de télévision privée du pays le week-end dernier, a annoncé le calendrier réaménagé de cette année scolaire. Un réaménagement, devenu chose coutumière du système éducatif béninois par le passé, nonobstant la fermeté du régime en place, ne l’a guère épargné.

02, 09, et 16 juillet respectivement pour CEP, BEPC et BAC sont les nouvelles dates des examens de fin d’année académique 2017 – 2018 annoncées par le ministre Mawougnon KAKPO sur Canal3Bénin. Si le calendrier scolaire a connu ce prolongement, des raisons bien fondées peuvent le justifier. Les mouvements de débrayage ayant perturbé le bon déroulement du calendrier scolaire pendant environs trois mois qui est un secret de polichinelle en est la cause principale. Au regard de ceci, des interrogations sont posées. Pourquoi chaque année pratiquement est-elle menacée d’éternelles revendications des travailleurs?  Vu que le moyen dont dispose l’Etat ne peut pas les satisfaire totalement.

Quelles mesures le chef de l’Etat a-t-il pris? Puisqu’à travers son discours d’investiture, il a promis redonner au Bénin la note de noblesse de son système éducatif. Quelles dispositions responsables et adéquates ont été prises avant le démarrage de la rentrée le 18 septembre dernier? Alors qu’en ce temps, le ministre de l’enseignement primaire, pour rassurer l’effectivité du démarrage de la rentrée en septembre a avoué: “Tout est fin prêt…”. Ce qui peut amener à dire peut-être qu’une franche négociation et sincère dialogue paraissent absents chaque année scolaire entre gouvernement et syndicaliste.

Outre, il n’est pas exagéré de penser que le président Patrice Talon semble méconnaitre ou ignorer peut-être cette réalité de grève qui trouble chaque fois le calendrier scolaire. Aussi n’est-il pas exclu de voir que des prérequis n’ont pas été pris en compte avant le démarrage de la rentrée. Car, la fermeté sur les décisions n’a pas pu empêcher le gouvernement de prolonger l’année comme l’ont fait ses prédécesseurs.

Des séquelles s’imposent…

Il est sans doute que les raisons entrainant la modification du calendrier scolaire tiennent la route, les impacts négatifs que peuvent avoir la qualité de la formation et les résultats à la fin existent. Nombre de suites fâcheuses peuvent impacter. La fatigue des apprenants, manque de motivation chez ces derniers, la pression des cours aux derniers moments, les vacances mal passées, le fardeaux que peuvent constituer les cours de vacances, la préparation difficile et le démarrage timide de la prochaine rentrée des classes sont tant de facteurs qui peuvent rendre désuets les résultats et la qualité de l’éducation.

Au regard de ces facteurs, il serait urgent et nécessaire pour les acteurs du monde éducatif du Bénin en général, et pour le gouvernement de Talon en particulier de se pencher sur la situation en vue de corriger le tir pour les fois à venir. Les syndicalistes pourraient revoir leur plateforme revendicative et insister sur ce que l’Etat serait en mesure de satisfaire. Le gouvernement ferait mieux de ne pas se contenter du fait que l’année ne soit pas blanche, encore moins de ne pas démordre de sa décision.

Il serait de l’intérêt majeur d’aller au dialogue franc et sincère et objectif avec les travailleurs. Pour éviter que la génération future paye le lourd tribu, le gouvernement, en amont, pourrait analyser la situation en vue de prendre des dispositions véritablement convenables.

Fidégnon E. HOUEDOHOUN



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