RECCURENCE DES DECES AU CNHU /HKM DE COTONOU :Entre incompétence du personnel et déficit en matériel, qui est le coupable ?

93

La mort est devenue au Centre National Hospitalier et Universitaire Hubert Koutoukou Maga (CNHU/HKM) de Cotonou, monnaie courante. Mais eu égard à sa notoriété en termes d’hôpital national de référence, il est loisible de se demander si cette situation de récurrence du taux de mortalité n’est pas symptomatique des erreurs médicales sans cesse croissantes en raison du manque de compétence des nouveaux médecins qui y officient ou plus encore dû au déficit en matériels de service adapté.

Selon des données recueillies au secrétariat d’enregistrement des décès au CNHU de Cotonou, 5 à 6 personnes meurent par semaine, soit en moyenne vingt-cinq personnes par mois. C’est le triste visage que présente le tableau des décès enregistrés dans l’un des plus grands hôpitaux du Bénin, le Centre National Hospitalier et Universitaire (CNHU) Hubert Koutoukou Maga de Cotonou. Jadis recommandé dans la sous-région pour la qualité et l’efficacité en matière de soin, ce centre hospitalier est aujourd’hui réputé à laisser drainer en ses mains un nombre non négligeable de morts. On en veut pour preuve les statistiques sorties des archives du service médical des urgences du CNHU. Lesquelles statistiques font état de 27 , 32 , 35 cas de décès respectivement enregistrés durant les trois derniers mois. À ce rythme dont le débit va grandissant, l’on est en droit de se demander si avec plus de cinquante ans déjà passés au service du Bénin, le CNHU-HKM de Cotonou ne fait pas montre d’une grande marche à reculons en matière de prestation de bonne qualité. Ainsi, à se rendre à l’évidence, s’il y a plusieurs raisons qui justifieraient cet état de choses, le personnel médical qui y officie en est une. À l’observation des faits et en considération du passé glorieux du CNHU il ne serait pas abusé de se demander si l’invasion du personnel du centre hospitalier par une nouvelle génération de médecin n’est pas à la base du fait. En effet, le personnel du CNHU est, aujourd’hui, constitué de 824 médecins et paramédicaux, seulement 97 anciens médecins y figurent occupant non seulement une place moyenne de 1/8 sur l’ensemble, mais aussi laissant une large et importante marge de manœuvre aux nouveaux médecins à raison de 727 pour être plus précis. Est-ce à dire que les 97 anciens médecins arriveront à accompagner de façon efficace et efficiente ces 727 nouveaux médecins dans les tâches qui sont les leurs, vus cette grande différence en matière d’écart numérique ? Sont-ils eux-mêmes d’abord pourvus de la compétence requise pour donner les prestations attendues d’eux ? Toutes ces questions restent et demeurent posées.

Des erreurs médicales !!!

Qu’en est-il du système de recrutement du personnel médical du CNHU et quel est le niveau réel des nouveaux médecins recrutés ? En effet, ce n’est plus un secret pour personne que les écoles de médecine qui se créent en multitude dans la sous-région et formant en trois années seulement des médecins aptes à donner des soins et à sauver la vie des personnes dans le besoin. Ceci dit, de jeunes médecins de 2 à 3 ans de formation avec des diplômes et attestations non accrédités en sortent pour être plus tard recrutés par l’État béninois. Mais, ce recrutement témoigne-t-il de ce qu’ils sont pourvus de la compétence requise pour se targuer d’être spécialiste d’un tel ou tel autre domaine médical afin de se faire une place dans la fonction médicale ? Résultat, le champ libre est donné aux erreurs médicales qui se font récurrentes les centres hospitalisés. Conséquence, les populations en quête de soin pour un bien-être en font les frais. Ce qui fait naitre une relation étroite entre les salles d’urgence, les salles d’opération du CNHU et les morgues de Cotonou. Toutefois, on ne saurait passer sous silence les cas des diplômés d’Etat formés par la FSS, l’INMES, l’EPAC, le CNHU lui-même et autres structures de formation en médecine, possédant des diplômes dignes du nom et reconnus par l’État béninois, mais demeurant au chômage. Un vrai gâchis !!!

Le fait du manque de matériels, à l’origine ?

L’autre aspect sur lequel il conviendrait de porter une attention particulière est celui relatif aux matériels de service déployés dans ce centre hospitalier. Force est de constater que le gouvernement s’emploie à doter chaque année le CNHU-HKM en matériels. En dépit de ces efforts consentis par l’exécutif, il n’est pas rare d’entendre crier sur tous les toits un déficit en matériels dans ce haut lieu de soin. Une chose qui s’avère vraie au regard de la situation de déficit de lit pour accueillir les patients dont il n’est pas rare d’entendre parler. Aussi, le fait que pour certains mal les patients soient obligés d’être évacué à l’extérieur pour les soins ce qui faute de moyens conduit facilement à la mort des patients. Témoigne bien du manque de matériel dont souffre le CNHU. Néanmoins, cette situation ne devrait justifier « le laisser mourir » auquel les hommes de soins semble laisser les patients. Ce même si un dicton commun laisse entendre qu’ : « A l’impossible, nul n’est tenu », les médecins se doivent de se donner à plus de 200 % pour honorer leurs serments. Car convient-il de le souligner ils sont tenus par le caractère solennel de leur serment qui stipule qu’ils doivent se donner jusqu’au maximum possible avec le peu de matériels dont ils disposent pour sauver le maximum de vie possible ? Par ailleurs, on ne saurait passer sous silence la mauvaise volonté du Centre National Hospitalier Universitaire (CNHU) d’accompagner les efforts de l’État central. En effet, l’accueil réservé aux victimes accidentées laisse fort à désirer en raison de ce que sans un parent de la victime, le CNHU se garde d’offrir le premier soin à cette dernière pour les raisons de responsabilité financière qui en résultent. Qu’importe que ce dernier, du fait de cet abandon, y laisse la vie. Un fait qui prête aussi main-forte au taux de mortalité sans cesse croissant. Les médecins ont grand intérêt à s’organiser autrement pour préserver leurs notoriétés. Il est d’autant plus impérieux qu’ils s’approprient un plan d’action en termes de formation adéquate et qu’ils se revêtent de leur apparat de sacerdoce afin d’arrêter de mettre en péril la vie des citoyens béninois. Aux autorités dirigeantes de repenser le secteur pour une satisfaction véritable des objectifs.

ASSANI Noussirath (Stag)



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *