Emprunt obligataire, Bénin, régime talon, les implications

REGULARITE DES EMPRUNTS OBLIGATAIRES SOUS LE REGIME TALON : Une politique pour enfoncer le pays ?

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Dans la logique de se garantir les moyens nécessaires pour la réalisation de ses projets, le gouvernement Talon, conscient de la morosité économique et de la mauvaise passe que traverse l’économie du pays a opté pour la solution des emprunts obligataires. Ainsi, plusieurs emprunts ont été émis sur le marché de l’UEMOA depuis l’accession au pouvoir de Patrice Talon. Mais si dans la forme, l’initiative se pare de toute légalité et  répond à une certaine ambition, elle n’est pas loin d’inquiéter du faite de sa fréquence. La question de l’héritage pour la nation et des conséquences pour les générations futurs étant du fait directement indexé.

Sous l’argumentaire d’un pays économiquement malade, le gouvernement de la rupture  depuis son avènement  au pouvoir a déjà, à  maintes reprises, fait recours aux emprunts obligataires. Seulement deux mois après sa prise de fonction, soit en juin 2016, le Président de la République a émis son premier emprunt obligataire pour un montant de 150 milliards de francs CFA pour une durée de 10 ans sur le marché de l’Union Economique et Monétaire Ouest Africain (UEMOA). Le 13 juillet de la même année, un nouvel emprunt s’élevant à 35 milliard de francs CFA pour une durée d’un an a été lancé.

Et pendant que l’on s’interrogeait sur l’objectif des précédents emprunts, le gouvernement a fait à nouveau deux appels au marché de l’UEMOA pour un emprunt de 27 milliard et de 35 milliards de francs CFA. Mais le régime en place n’est pas prêt de s’en arrêter là. En effet, trois  autres emprunts obligataires ont  suivis. Emis en mai et en juin 2017, ces emprunts obligataires de 52 et 27 milliards de francs CFA s’inscrivent dans le cadre du financement du PAG.

Par ailleurs, un tout dernier emprunt a été émis récemment dans le mois de septembre. Un total de sept emprunts obligataires donc, en 1 an de gestion, ceci alors que le régime défunt n’a connu que 04 emprunts obligataires en 10 ans de gestion. Même s’il s’agit d’une opération bien légale et surtout permettant de donner du souffle à l’économie,  la fréquence des différents emprunts obligataires entrepris par le gouvernement béninois inquiète. Qu’en serait-il du devenir financier du pays?

Les implications  de tels emprunts

 Le Benin étant un pays essentiellement fiscal, l’avenir économique du pays ne présage rien de reluisant avec cette flopé d’emprunts obligataires. Surtout que les activités économiques du pays sont au ralenti depuis que les opérations de déguerpissement et la fermeture de la frontière du Nigéria sont intervenues.

Après sept (07) emprunts avec  des montants exorbitants,  rien ne rassure de la réalisation effective du programme d’action qui motive lesdits emprunts, puisqu’aucune avancée significative n’est observée. Mieux, ce qui taraude les esprits est de savoir pourquoi le gouvernement a-t-il préféré les emprunts obligataires aux emprunts des sociétés alliées au FMI, la BID etc., quand on sait que les taux d’intérêts dans les emprunts obligataires sont plus prononcés que ceux se rapportant aux emprunts dans les sociétés alliées à la FMI.

De toute évidence ce sont les générations futures qui sont piégés et en payerons les frais. Il faudra tout de même que le gouvernement de la rupture trouve d’autres alternatives dans les techniques de mobilisation de fonds afin de tenir compte du devenir des générations futures pour la réalisation de ces actions.

 

Mazidi FASSASSI (stag)



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