Le Président de la République Démocratique du Congo (RDC), Joseph Kabila Kabangé (JKK) a annoncé, le 08 Août 2018 qu’il ne se représentera pas à la prochaine élection présidentielle qui aura lieu le 23 décembre.

Une décision qui, bien qu’étant la chose la plus souhaitée depuis deux ans, suscite beaucoup d’interrogations sur la bonne foi du président, surtout quand l’on se réfère à sa déclaration lors du dernier sommet de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC).

“Je ne vous dit pas au revoir, mais à bientôt”, c’est en ces termes que s’est exprimé l’actuel président de la RDC, Joseph Kabila, le 18 août 2018 lors de son allocution, au cours du dernier sommet de la Communauté pour le développement de l’Afrique australe (SADC), qui s’était tenu à Luanda en Angola.

Cette phrase prononcée par l’actuel homme fort de Kinshassa n’arrête de défrayer la chronique en RDC et même au-delà. En effet, après avoir épuisé ses deux mandats présidentiels constitutionnellement prévu, Joseph Kabila était appelé à organiser en octobre 2016, ceci en respect de l’article 42 de la constitution de son pays, une nouvelle élection présidentielle qui devrait déboucher sur une alternance politique au sommet de l’Etat congolais.

Mais sous prétexte du manque de moyens financiers, malgré la richesse du sous-sol congolais et de la lenteur observée dans l’établissement du fichier électoral par la Commission électorale indépendante (CENI) qui, au demeurant, est dirigée par Corneille Nanga, nommé par le chef de l’Etat, ce scrutin n’a jamais vu le jour. Une situation qui a mis sur la braise la RDC pendant plusieurs mois avec pleins de rebondissements.

Il a fallu d’abord la médiation de l’église catholique afin qu’une date consensuelle, le 23 décembre 2018, soit arrêtée sous l’égide de la communauté internationale. Et au vu des événements successifs auxquels l’on assiste actuellement, tout porte à croire que JKK veut toujours garder la corde présidentielle après son départ. Au premier abords, la désignation de Emmanuelle Ramazany, son ministre de l’intérieur comme dauphin et candidat du parti au pouvoir relèverait d’un choix solitaire sans un accord commun avec les responsables du parti, à entendre ces derniers.

Cela ajouté au rejet des dossiers des potentiels candidats comme celui de Jean-Pierre Bemba, l’ancien vice-président du pays et l’un des favoris du scrutin, et la mise à l’écart d’autres comme Moïse Katoumbi, font croire que Joseph Kabila, loin de prendre sa retraite politique après son départ, veut toujours être au cœur du pouvoir afin, selon les indiscrétions, de revenir cinq ans plus tard.

Un scénario que d’autres extrapolent avec le cas Vladimir Poutine, le président russe qui, à la fin de ses deux premiers mandats, a préféré positionner son premier ministre, Dimitri Medvedev avant de signer son retour quatre ans après, à la fin du mandat de ce dernier. Un tel scénario qui fait de la Russie et qui fera également de la RDC, un pays peu crédible aux yeux de l’opinion internationale en matière de la démocratie.

Une démocratie que tentent de sauvegarder les organisations de la société civile congolaise en appelant le président Kabila au sens de responsabilité et de la sagesse.

Cristal Akoyessou (stag)