RÉSIDENCE HASSAN II DE L’UAC : Un repaire où insalubrité et incivisme se donnent la main (Et si l’on optait pour la démolition ?)

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Fruit de la coopération entre le Bénin et le Maroc et inauguré le 14 juin 2004 par le Roi Mohamed VI et le feu général Mathieu Kérékou, la résidence Hassan II de l’université d’Abomey-Calavi (UAC) est à l’abandon depuis plus d’une décennie. 30 min de visite inopinée le mercredi 9 octobre 2019 dans les parages immédiats du bâtiment fait découvrir l’horrible aspect de l’insalubrité et de l’incivisme qui y règnent.

« Le Bureau Directeur (BD) est en audience avec une délégation de IGIRB-AFRICA, pouvons-nous tenir la conférence ailleurs ? » C’est ainsi qu’une équipe de Le Héraut se lance inopinément, dans l’après-midi de ce mercredi, dans l’aventure sur les environs du bâtiment Hassan II. Depuis la façade de la salle à manger N°1 du restau Banque Islamique de Développement (Bid) de l’Uac, le terrain arrière de l’édifice couvert de bois, de nombreux arbres proches, perceptible à l’œil nu à une altitude côtoyant le ciel légèrement ensoleillé, surmonté des nuages blancs heurte aussitôt la sensibilité. Plus proche, l’équipe est accueillie, à la limite du pavé et la partie densément verdoyée, par un bourdonnement de légion. L’air qui s’y dégage est très désagréable à l’olfaction.

Après une travée de deux pas, sous un arbre de cola ombreux, une dune d’immondices infestée par les bestioles fait élection de domicile. À quelques mètres, en face de la porte de la salle à manger N°2 du restau BID, au flanc d’une digue en dur dont le prolongement vertical couvert de lianes se trouve un dépôt permanent d’excréments humains sous couvert de liasse hors d’usage. Impossible d’oser traverser tout droit et parvenir à l’autre côté de la résidence. Autrement, des haies de fèces ne peuvent qu’être foulées aux pieds.

L’option de détour

L’équipe décide de faire un détour par la devanture. À première vue, les jardins publics installés des deux côtés ombragés par des arbres de cola sont bourrés de fanes en épars et donnent le dégoût. Le verdissement de la façade par l’agence Moov, depuis leur délogement, est devenu fade et flétri. Sous le hall d’entrée, les coulisses à travers les barricades semblent un antre de reptiles.

À la première position, juste après la loge de Moov Store, la pièce faite de contreplaqués est sujette d’un dégagement fétide et abandonnée dans un délabrement sans pareil. L’espace de derrière, parsemé de matières fécales, est aussi soutenu par un gigantesque repaire favorable aux reptiles dangereux. L’équipe est trop terrifiée et incommodée pour y tenir une quelconque conférence. « Allons alors de l’autre côté pour voir », une proposition s’est fait entendre. Un aperçu du bâtiment Hassan II depuis l’autre côté de la voie pavée des résidences Bid laisse voir une végétation touffue et dense presque à la taille de l’édifice, au point de l’étreindre. C’est aussi l’aspect d’un vétuste monument historique à peinture déteinte et aux fenêtres fracassées par endroits. Les alentours propices pour abriter les reptiles dangereux à l’homme constituent une haie d’immondices et le dépotoir des déchets solides collectés dans la maison des intellos. Cette collecte de déchets, en grande partie, provient aussi des restaurants BID et U et des magasins associés.

Fidégnon H.



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