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RETRAIT DU DROIT DE GREVE A CERTAINS SECTEURS DE LA FONCTION PUBLIQUE : « Je souhaite qu’on arrive au respect de notre constitution » dixit Léon Bani Bio BIGOU

Suite à la dernière décision de la cour constitutionnelle à propos du retrait du droit de grève à certains corps de la fonction publique, beaucoup de langue se sont déliés. Ici, le professeur Léon Bio BIGOU, professeur titulaire du CAMES et enseignant chercheur à l’UAC se prononce.

Quelle lecture faite vous de la situation du retrait du droit de grève à certains agents de la fonction publique?

D’abord se sont les textes qui fondent l’administration. Si les textes existent il faut les appliqués et s’ils comportent des insuffisances il faut les corrigés. L’idéal serait de se demandé : concernant le droit de grève, que disent les textes ? Et là, l’article 31 de notre constitution dit ceci : « l’Etat reconnaît et garantir le droit de grève,  tout travailleur peut défendre dans les conditions prévus par la loi ses droits et ses intérêts individuellement soit collectivement par l’action syndicale ». Or c’est cette constitution qui est vigueur. Donc on ne peut qu’agir en fonction de celle-ci.

Avec la décision de la cour constitutionnelle,  la démocratie vit-elle encore ?

Selon l’article 34 de notre constitution, tout citoyen béninois civil ou militaire doit respecter en toute circonstance la constitution et l’ordre constitutionnel établit ainsi que les lois et règlements de la république. Il existe une loi qui règlemente le retrait du droit de grève. Le problème qui se pose se trouve au niveau de l’application. La cour constitutionnel a examiné ce texte et la déclaré non conforme à ses prérogative. Conclusion, la nouvelle loi ne pas être promulguée.

Par rapport à la proposition de la Cour Constitutionnelle, comment pourrait-on encadrer le droit de grève ?

Je ne parlerais pas d’encadrement, mais plutôt de comment cette loi est appliquée depuis sa mise en vigueur. Le Bénin ne souffre pas de manque de texte mais de problème d’application des textes ou même de connaissance des lois. Il revient alors aux gouvernants de prendre des dispositions pour changer cela.

Les décisions de la cour ne sont pas souvent respectées. Pensez-vous qu’il en sera de même pour celle-ci ?

C’est dommage qu’il en soit ainsi dans une République comme la nôtre. Je souhaiterais qu’on arrive au respect de notre constitution et que le débat se mène de façon sereine. Qu’on le veuille ou non, personne ne viendra développer le Bénin à la place des Béninois. Une loi qui n’a pas été promulguée ne peut pas être opposable au citoyen. Une fois que la cour constitutionnelle a rendu son verdict, on doit pouvoir le respecter.

Avec cette décision de la Cour, pensez-vous que cela apaisera la tension sociale ?

En principe, si la revendication fondamentale a rapport au retrait du droit de grève aux magistrats et aux agents de santé et que, face à cela, la Cour a jugé la loi non conforme à la constitution, il ne devrait plus avoir de grève. S’il y a d’autres revendications, on verra avec les centrales syndicales. Il serait opportun d’accentué le dialogue entre l’Etat et les centrales syndicales car, en toute chose, il faut aller dans le sens de l’écoute

 

Réalisation : Ghislain FANOU & Kalpinoxe KPOKPA (Stags)

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