SUPPRESSION DE LA GRATUITE DE L’ENSEIGNEMENT SUPÉRIEUR : Une mesure parée d’improvisation véreuse

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La suppression de la gratuité de l’enseignement supérieur annoncée timidement au terme du séminaire sur le système LMD en 2016 a été portée au grand jour, ce lundi 2 octobre 2017, à l’occasion du lancement de la rentrée solennelle de l’Enseignement supérieur. Quoiqu’objective, à quelques tierces de la nouvelle année académique 2017-2018, une telle réforme n’est point distante de l’amateurisme.

Après environ une décennie de gratuité dans l’Enseignement supérieur, laquelle n’est d’ailleurs pas restée sans conséquence sur le système éducatif du Bénin, les dés sont jetés pour participer à donner un peu plus de moyens aux universités. Ce, à travers « … la phase de suppression de la gratuité et d’application des frais d’inscription fixés dans l’espace UEMOA, soit 25 000 FCFA pour le 1er cycle, 50 000 FCFA pour le second cycle et 75 000 FCFA pour le 3e cycle, d’après la ministre de l’Enseignement supérieur, Marie Odile ATANASSO ».

À tout point de vue, ces réformes ne sont que les suites logiques de la léthargie que traîne l’UAC depuis sa création. Des manques d’amphi en passant par la quasi-absence de moyens modernes d’études, sans oublier la file indienne reconnue comme acquise à l’Uac, cette résolution est de toute certitude, une mesure pour amortir les multiples défis susdésignés, avec évidemment le soutien habituel de l’État central. Nonobstant, considérant que l’université est le lieu par excellence où s’apprend la prévision, la projection, la planification, etc., il apparaît décousu de sens, une décision de suppression donnant lieu et place à un payement d’ordre de 25.000, 50.000 et 75.000 FCFA respectivement pour les premier, second et troisième cycles d’enseignement supérieur, à moins d’un pas de la nouvelle rentrée.

Si fixées à 15 mille francs, les inscriptions étaient payées fastidieusement, peut-on réellement s’attendre à solder environ le double après une absolue improvisation ? À quoi aurait servi le long temps inexploité après les assises sur le LMD pour informer les concernés des exigences futures dans l’enseignement supérieur ?

Le chemin de Golgotha

Le secret des grandes nations pour la paix est de préparer la guerre sans la vouloir. Liant ce principe au cas de l’Uac, il n’y a point de doute que cette aventure subite porte de multiples conséquences sur la quiétude de l’année universitaire 2017-2018, chose capitale pour une éducation en marche. Partant des conditions précaires de la masse estudiantine pour en arriver au panier de la ménagère qui, chaque jour, cuve misère sans grandes solutions, on peut d’ores et déjà se demander si les risques de contestations ont été analysés avant l’ouverture de la brèche. Mieux, est-ce les voies et moyens pour réduire l’armada d’étudiants dans l’enseignement supérieur ? À moins que se produise le miracle, l’université d’Abomey-Calavi a une fois encore foulé le sol de « l’instabilité chronique ».

Bien que l’idée réglerait des problèmes dans le supérieur, sans se leurrer, elle ne vaut pas la chandelle à l’orée de la rentrée avec toute la sporadicité qui l’entoure. Même s’il faut à tout prix pallier les problèmes dudit milieu pour le rendre libre, il est à concevoir tout comme Nelson Mandela, qu’« être libre, ce n’est pas seulement se débarrasser de ses chaînes ; c’est vivre d’une façon qui respecte et renforce la liberté des autres ».

Sylvestre TCHOMAKOU



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