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SUSPENSION JUSQU’A NOUVEL ORDRE DE L’ELECTION DES RECTEURS ET ASSI-MILES DANS LES UNIVERSITES PUBLIQUES DU BENIN: Quelques acteurs universitaires et étudiants exposent leurs appréhensions

Au lendemain de la sortie du décret N°2018-441 du 20 septembre 2018 portant mesure transitoire à la mise en œuvre de la réforme de la gouvernance des universités publiques, un décret consacrant la suspension jusqu’à nouvel ordre de l’élection des recteurs, vice-recteurs et assimilés, crée dans le rang des universitaires une polémique. Laquelle polémique, fait état d’un probable retour au système de nomination de ces autorités universitaires. Votre journal s’est fait alors le devoir de se rapprocher de quelques-uns des acteurs universitaires et étudiants afin d’avoir leur lecture dudit décret. Lisez plutôt…

HOUNANKPON Yedomonhan, vice-doyen de la Faculté des sciences et Techniques de l’UAC

J’avoue que j’ai reçu l’information comme vous par courrier officiel. Parler en terme d’apprécier de ce décret, serait trop dire. Vous avez dit que depuis longtemps, c’est le système d’élection qui prévalait. Le décret demande juste à ce que les responsables en poste le restent. Maintenant, on attend de voir la suite puisqu’on ne pourra pas dire actuellement que c’est le système des élections qui est remis en cause. Je suppose que c’est une période transitoire, attendons de voir la suite. Nous sommes dans un pays démocratique. Il faut procéder aux élections des responsables qui doivent diriger. C’est vrai qu’à des postes donnés, on a besoin de nommer. Mais dans des entités comme celles de l’université ou du moins les entités de nos universités nationales, on a besoin d’avoir à leurs têtes des responsables élus qui doivent se mettre au service de leurs paires et non des responsables nommé. Donc je trouve que c’est un acquis démocratique qu’il est important de préserver. Donc, aller à des interprétations aujourd’hui, c’est aller vite en besogne.

 

Alimi GOUNOU, président de la Fédération Nationale des Etudiants du Bénin

Je pense que cette option qui tend peut être vers la nomination des recteurs, des chefs d’établissement et autres responsables universitaires, pour ma part, est rétrograde en ce sens que nous avions l’habitude de procéder de cette façon il y a quelques années en arrière puis les choses ont évolué suite à une lutte acharnée. Le retour à cette étape de nomination constitue un état de chose qui, pour moi, inquiète beaucoup. Désormais, si on devait nommer les recteurs, chefs d’établissement et autres assimilés, ça posera un véritable problème. Parce qu’avec la nomination, dans une université, le recteur est tenu de faire la volonté du gouvernement, sans quoi il sera asphyxié financièrement. Désormais, si c’est le gouvernement qui devra nommer les recteurs et autres responsables universitaires, ça suppose que ces derniers devront toujours faire allégeance au gouvernement dans toutes leurs décisions. Ils n’auront plus la liberté de diriger nos universités comme cela se doit. Je voudrais à cet effet sou-haiter que toutes les universités publiques à travers les enseignements puissent se revoir dans de bref délai soit à travers leur syndicat pour véritablement se prononcer sur la question, c’est important. Il faut qu’ils se rappro-chent des autorités ministérielles pour savoir ce qu’il en est concrètement.

Lil Jarios DOGBOVI, étudiant en première année de la sociologie Anthropologie

A mon humble avis, ce n’est pas incongru de faire une nomination ou du moins de revenir vers l’ancien système. Puisque tout d’abord, l’université est un lieu d’éducation comme les autres écoles académiques. Si les directeurs d’écoles primaires, de collèges et autres sont nommés, alors pourquoi pas ceux de l’enseignement supérieur. Les désordres auxquels nous assistons aujourd’hui dans les grandes universités sont dus aux élections des recteurs qui se croient suprêmes à ce poste et s’en vantent, car d’après eux, rien ne peut les bouger si leur mandat ne s’estompe pas. De surcroît, si vous êtes nommés, vous veillerez à vos actions de peur de ne pas être déchargé d’un jour à l’autre. Bref, moi, je salue cette initiative renouvelée. Elle permettra de mieux surveiller les actions universitaires. Mais seulement, il faut aussi demander si cette décision n’est pas opportuniste, car les circonstances dans lesquelles la décision est venue laisse croire qu’on cherche à tout contrôler.

Réalisation : Wilfride KOSSOUHO

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