UAC/SYNDICALISME : Que deviennent les responsables étudiants après leurs mandats ?

UAC/SYNDICALISME : Que deviennent les responsables étudiants après leurs mandats ?

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Après avoir milité et servi à la tête des institutions représentatives des étudiants pour l’amélioration des conditions de vie et d’étude de leurs camarades, le point d’atterrissage des responsables étudiants au soir de leur mandat reste ambigu. Leur insertion dans la vie professionnelle n’est d’ailleurs pas un pari gagné. Pendant que les uns y arrivent cahin-caha, d’autres sont condamnés à un combat illimité

Ils sont assez connus dans le monde estudiantin de par leur poigne syndicale et leur dévouement pour le militantisme estudiantin. Ces anciens responsables d’institutions à caractère syndical ont été au-devant des luttes les plus hardies que l’Université d’Abomey-Calavi a connues. Entre souvenir et émotion, André Assè, ancien président de l’Union nationale des scolaires et étudiants du Bénin (UNSEB) rapporte : « Le 1er avril 2004, nous étions en pleine manifestation quand les autorités ont envoyé une troupe de policiers et gendarmes pour nous arrêter. Mais on  a réussi à les chasser après avoir brulé leur véhicule ». Ceci témoigne bien de l’atmosphère type dans laquelle la grande majorité de ces anciens responsables ont travaillé. Mais après avoir passé le témoin à leurs successeurs, leur point de chute demeure généralement obscur. Le constat est le même dans l’esprit des étudiants d’alors qui les ont connus pendant qu’ils étaient encore au front. Clément A., ancien étudiant, après avoir émis des craintes sur l’insertion professionnelle de ces responsables, s’inquiète : « J’ai connu Rodolphe Ségnanka, ancien président de l’UNSEB et son coéquipier Philibert Sabi Yérima. Ceux-ci ont même été emprisonnés pour leur engagement syndical. Aujourd’hui,  je ne sais plus ce qu’ils sont devenus».

Responsables étudiants/les heures de popularité

Lors des manifestations estudiantines

Après les heures de popularité …

Déchargé de leur responsabilité de président de fédération estudiantine à celui de membres dits ‘’honoraires’’, le quotidien s’avère douloureux pour beaucoup avant qu’ils ne retrouvent un nouveau train de vie. Gorges Odounharo, ancien président de l’Union Nationale des Étudiants du Bénin (UNEB), atteste  qu’au début, il lui a semblé perdre contact avec beaucoup de monde. Certaines autorités universitaires ne décrochant plus ses appels surtout qu’il a été ferme sur des points donnés.  Un témoignage partagé par François Tobalachè, président de la Fédération Nationale des Étudiants du Bénin (FNEB), mandature 2010-2011 et qui renchérit : « La vie après la FNEB n’a pas été  facile pour moi. Cela a été une chute libre en matière de mode de vie. Mon téléphone qui sonnait chaque seconde parfois reste sans sonner pendant des jours. C’est en ce moment que vous vous  rendez compte que beaucoup étaient avec vous que pour leurs intérêts ». Continuer avec l’académie apparait même comme un casse-tête pour certains. Au fait, François Tobalachè  poursuit   « C’était même difficile pour moi de repartir suivre normalement les cours dans l’amphithéâtre puisque j’ai eu de sérieux problèmes sur le plan académique après mon mandat. » André Assè, son homologue de l’UNSEB n’est pas du reste.  Il déclare aussi avoir rencontré des difficultés similaires justes après sa descente de fonction.

De l’insertion professionnelle …

Pendant que d’autres connaissent une fin non moins sombre, bien d’autres arrivent vaille que vaille à s’assurer un avenir professionnel. Ceci n’est que le fruit des  expériences qu’ils ont eues à capitaliser le long de leur parcourt dans le militantisme estudiantin. C’est d’ailleurs ce qu’atteste Georges Odounharo, ancien président de l’UNEB, mandature 2010-2011 quand il affirme « J’ai assez gagné en terme d’expériences, de relation avec les autorités universitaires et celles du pays en général. C’est un exercice très intéressant où vous apprenez la gestion des ressources humaines et la gestion du pouvoir à l’université. »  C’est de ces relations que je m’en sors aujourd’hui a-t-il souligné. Fort de ce background et ces relations, ils s’en sortent relativement bien après avoir rendu le tablier. Mais pour la majorité, la carrière politique semble être le domaine privilégié vers lequel ils sont le plus attirés. Joseph Fifamè Djogbénou, actuel ministre de la Justice, Orden Alladatin, Guy Mitokpè tous deux députés à l’Assemblée Nationale pour ne citer que ceux-là, ont tous fait leurs armes à la FNEB. D’autres par contre, hormis la carrière politique, se fraient un chemin dans l’administration publique. C’est le cas de Léopold Ganhoumèdé, ancien président BCCL, actuel chef service des associations culturelles et sportives du Centre des œuvres sociales et universitaire section Abomey-Calavi (COUS/AC). François Tobalachè, ancien président de la FNEB officie également au COUS/AC où il occupe actuellement le poste de conseiller au Dialogue social. Pendant ce temps, certains continuent leurs études loin du quotidien des revendications syndicales. Gorges Odounharo est actuellement doctorant en finance et contrôle de gestion à la FASEG, même s’il enseigne également dans les lycées et établissements privés du supérieur. André Assè n’est pas du reste. Après s’être heurté au refus des autorités décanales de faire un DEA, il fait actuellement un master en Géomatique à la Chaire internationale des Physiques, Mathématiques et Applications. Par ailleurs certains n’ont pas connu de vacance en militantisme. C’est le cas de Zoulkifl Moussa Adamou ancien président de l’UNSEB qui agrée « Moi, je n’ai pas connu un temps de repos. Quelques mois après avoir passé service, j’ai été chargé de gérer le Front des Étudiants pour le Développement du Nord (FREDEN) où j’ai fait deux ans de mandat ». Pendant que la grande majorité arrive à s’insérer dans la vie professionnelle, d’autres continuent leur combat en espérant mieux.



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


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