Resto U de l'Uac

VENTES D’ALIMENTS A L’UAC : Les contours ambigus d’un secteur sensible

166

Le campus d’Abomey-calavi abonde de vendeuses et vendeurs d’aliments de tout genre. Sans entraves, ils circulent et offrent leur service aux étudiants. Mais ce qui préoccupe, est la norme hygiénique  qui entoure ces mets. Car, Il  n’est pas rare  de voir des consommateurs trainer des soucis sanitaires après consommation.

Resto U de l'Uac

Resto U de l’Uac

Désormais dans le haut lieu du savoir d’Abomey calavi, les 03 centres commerciaux ne sont plus les seuls lieux où l’on peut s’acheter à manger. Dans toutes les rues et coins du campus, des vendeurs et vendeuses d’aliments abondent. C’est le cas ce lundi 31  Août 2017. Du resto U à l’infirmerie du campus, dans l’avenue baptisée rue des résidences, plusieurs femmes sont assises, chacune devant elle, des tabourets soutenant de grand plat qui contient entre autres, des arachides, des beignets, du pain au sandwich, des gâteaux… Comme elles, d’autres derrière l’amphi Ouattara, livrent des plats de riz aux étudiants. Mieux, d’autres, notamment des jeunes filles, plus habiles, déambulent dans l’enceinte du campus avec des aliments divers. Cette réalité prend d’envergure au point où, le seuil du campus est devenu un abri pour ces vendeuses. Étudiant en imagerie médicale à l’Epac, Prudencio constate lui aussi cette réalité patente. Il  déclare :<<maintenant ce sont les dames qui vendent de l’arachide qui animent le campus>>.Pascal Victorin, étudiant à la Fadesp, renchérit : <<Parfois c’est des enfants, surtout  des filles, qui se promènent partout pour vendre des sandwichs et autres choses>>

Une activité florissante mais déloyale

Si cette vente d’aliments prend d’envergure chaque jour, c’est parce que cette activité est rentable. Le nombre pléthorique d’étudiants constituant une clientèle abondante. <<C’est pas mal, on vend de l’arachide, ma mère et  moi, jusqu’à 7500f par jour. Si on enlève le prix d’achat, on économise environ 2500f par jour>> martèle Denis, assis à un  étalage d’arachide à proximité de l’infirmerie. Comme eux, d’autres vendeurs trouvent d’énormes bénéfices. Christine E., étudiante, qui varie ses offres atteste ; <<Ça donne, sans mentir !!!>> laisse-t-elle entendre même avant de choisir de ne pas se prononcer sur son chiffre d’affaire journalier. Pour les étudiants qui s’approvisionnent grâce à ces marchands ambulants dans les amphis et ruelles et  l’Uac, c’est une alternative et plusieurs raisons expliquent le fait. Tandis   que  pour certains, ce choix est dû à la distance considérable qui sépare les centres commerciaux des amphis, il s’impose à d’autres pour mieux gérer le temps. Ainsi, Luc T. étudiant en Anglais, préfère payer chez ces vendeurs ambulants juste pour avoir une marge de temps pour relire son cours avant que ne s’amène un autre  enseignant. Néanmoins, une telle activité  sur un campus doit s’exercer dans la légalité. Ce qui signifie que ces ventes doivent être autorisées par les autorités compétentes. Mais quasiment, tous les  vendeurs approchés en dehors des centres commerciaux avouent, après quelques résignations, ne pas avoir une autorisation d’une quelconque autorité. Ils viennent s’installer anarchiquement soit parce qu’ils ont vu d’autres la faire sans entraves, soit parce qu’ils accompagnent d’autres vendeurs. Dans ce sens, Denis, vendeur d’arachide à proximité de l’infirmerie, accompagne sa mère pendant ces vacances afin de bénéficier des kits scolaires pour la rentrée académique prochaine.  D’un autre côté, Christine, révèle avoir emboîté les pas à d’autres marchands  qui vendent sans entraves <<dans le souci de pouvoir payer les documents de cours>>.  Elle  précise qu’elle s’adonne à cette activité pendant les pauses ou quand elle n’a pas cours. Plus loin, ce défaut d’autorisation est dû au refus des autorités compétentes nonobstant les maintes démarches que suivent certains vendeurs. C’est ce qu’a fait croire une vendeuse d’ananas, située au seuil du campus lorsqu’elle avoue: <<ils ont refusé de m’octroyer une autorisation au motif que le président Talon a interdit l’occupation des abords des routes>>. Un argument qui n’a point ébranlé son vouloir de vendre.

Le timide effort du Cous Ac

Malgré que ces ventes déloyales émaillent le campus, très peu de fois, le Centre universitaire des œuvres sociales a pris des mesures coercitives. Sur plus d’une dizaine de vendeurs interviewés, seule la vendeuse d’ananas a notifié que les autorités compétentes viennent saisir, des fois avec des tricycles, ses ananas et bananes. La dernière fois, poursuit-elle, <<j’ai payé 500f avant de reprendre ma marchandise >>. A l’instar de cette vendeuse, d’autres font face qu’à l’indignation de certains enseignants qui interdisent cette activité dans l’enceinte des amphis. <<Ceux à quoi je suis souvent confrontée, c’est que les professeurs disent aux étudiants d’aller s’approvisionner hors les amphis>>, affirme Christelle. Du côté des autorités, toutes les tentatives pour avoir leur avis sur la situation ont été vaines même si plusieurs sources confient qu’elles s’occupent de l’attribution des espaces aux marchands et vendeurs dans les centres commerciaux et non de la qualité des services et mets qu’ils offrent aux étudiants.  Toutefois, Ce défaut d’autorisation et de contrôle s’avère dangereux   aux consommateurs. Et ce, au-delà du  défaut d’hygiène qui caractérise ces services, ces aliments causent parfois des soucis sanitaires aux étudiants. Ce qui les empêche de suivre les cours. C’est le cas de Prudencio qui rapporte qu’après  avoir pris du sandwich un jour chez une fille, a ressenti  toute la journée des malaises et n’a pu continuer  avec les cours de la journée. Par finir dit-il, <<J’ai dû rentrer pour me faire soigner>>. Il aura fait  néanmoins une bonne expérience car, il s’est résolu,  pour éviter tout problème désormais, de s’abstenir de manger partout sur le campus, sauf chez une dame ciblée  qu’il a fini par ciblé pour  la qualité  hygiénique de son service. Il se pose  donc un problème  de régulation de ce domaine, et les responsables  étudiants doivent  y réfléchir  tout autant que les  autorités du Cous et du rectorat.

Taïwo Ayola ONIONKITON & Emmanuel AZINHOU (stags)



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *