VIOLENCES BASÉES SUR LE GENRE A L’UAC : Les universitaires au carrefour de la discrimination du ‘’sexe faible’’

87

Il est un secret de polichinelle que les violences basées sur le genre sont une réalité dans les différents milieux au Bénin. Même à l’université où les esprits sont jugés plus matures et donc plus ouverts à une collaboration dénuée de tout élan de discrimination, le phénomène se remarque.

Dans la plupart des institutions estudiantines et extra-estudiantines, des cas de discrimination ou de violence basées sur le genre existent. Ceci fait que, les femmes déjà réticentes à s’engager dans des entreprises communautaires sont comptées sur le bout des doigts. Ceci est le résultat d’une enquête sur fond de sondage, réalisé dans les différentes institutions de l’université d’Abomey-Calavi. Qu’ils aient pour domaine d’intervention la culture, la presse, la sécurité ou le sport, des conditions sont toujours propices pour que dans l’un ou l’autre des cas, les femmes n’aient pas forcément des marges de manœuvre pour s’épanouir jusqu’à occuper de grandes responsabilités.

Josiane H., étudiante et membre d’une institution culturelle, qui a préféré garder son anonymat « par peur de représailles », avoue : « Il est vrai que ce n’est pas facile d’être femme et de participer librement à la vie d’une association ». Pour preuve, elle ajoute que : « les femmes subissent un harcèlement permanent. On courre tout le temps derrière nous pour nous draguer et au cas où on refuse, on n’a plus la paix ». Dans la même logique, Rolande Dako, qui précise qu’elle n’est membre d’aucune association ou institution, mais qui est au fait de la situation par témoignage d’une de ses camarades, apporte son appréhension : « je n’ai pas personnellement vécu, mais une de mes amies m’a raconté un problème similaire. Nouvelle étudiante, elle s’est inscrite afin de suivre une formation pratique. Mais au lieu de la laisser suivre correctement la formation, elle a subi pression sur pression parce qu’on lui faisait la cour et qu’elle n’a pas accepté. Elle a fini par abandonner parce que la pression a viré aux menaces ». Cette violence psychologique n’est pas la seule qui pèse sur les femmes dans les institutions. L’autre violence est liée à la stigmatisation.

Plusieurs sont ces femmes qui se découragent et se retirent des institutions à cause de la discrimination, du regard d’incompétence jetée sur elles. Salimata K., apporte son expérience : « il existe comme un conflit entre sexes. Les hommes se croyant forts et tout puissants ne donnent pas de libertés aux femmes et ne les laissent pas montrer de quoi elles sont capables ». La conséquence directe, continue-t-elle, c’est que « la femme passe tout son temps derrière le rideau alors qu’elle est bien dotée de compétence. Elles ne jouent que les deuxièmes rôles ». Ce constat peut-être aussi fait dans les amphithéâtres où « quand il s’agit de désigner quelqu’un pour représenter les camarades étudiants, la femme est carrément mise de côté » constate Jolidon Hounsa, responsable d’amphi.

Corriger le tir

Si le phénomène n’est pas un leurre au haut lieu du savoir, c’est bien parce que la pratique est incorporée dans la culture béninoise. Corriger le tir reviendrait donc à mieux promouvoir la question des mêmes droits pour tous. Plus de sensibilisation et plus communication sur la question des violences basées sur le genre régleront l’affaire.

La Rédaction



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *