ZOOM SUR L’AGROBUSINESS AU BENIN : Nicolas Ahoton TOUKO lève un coin de voile sur les spécialités de la CDA NOUGNON

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(Une Coopérative Agricole d’envergure international prêt à satisfaire les besoins nutritionnels de chaque béninois.)

Le Bénin se regorge de plus en plus de jeunes startup et entreprises agricoles, conscients de ce que la lutte contre l’insécurité alimentaire et l’atteinte du premier objectif des ODD ; celui de “la faim zéro dans le monde” et au Bénin en particulier à l’horizon2030; passe par la production et la consommation des produits issus de l’agriculture béninoise. Soucieux de les révéler aux grands consommateurs, votre journal est allée au contact de à la Coopérative de Développement Agricole- Nougnon, une coopérative agricole basée à Adjohoun dans la vallée de l’Ouémé dont le président, Nicolas A. TOUKO consultant et exploitant agricole, révèle ici les potentialités.

Le président Nicolas Touko sur la ferme piscicole de la CDA Nougnon

 Qu’est ce que la CDA Nougnon.

Nicolas A. TOUKO : CDA Nougnon, c’est une coopérative qui intervient essentiellement dans le domaine agricole. Quand on parle du domaine agricole, nous avons la production végétale, la production animale, la production halieutique et la transformation. Dans la production végétale nous faisons les cannes à sucres, le riz, le cajou et cette année nous avons démarré la production du coton dans le plateau.

Dans la production animale, nous sommes essentiellement dans la volaille locale, la volaille purement locale et les bœufs. La production halieutique se base principalement sur l’élevage des tilapias mixtes.

Nous voyons là rien que des hommes, les femmes interviennent-t-elles également dans la coopérative ?

Oui, il a des femmes qui travaillent avec nous dans la coopérative, puisque c’est plusieurs sections. Il y a d’autres sections où il n’y a rien que des femmes. Elles sont surtout au niveau de la transformation. Au niveau du bureau, notre secrétaire par exemple est une femme, de même qu’au niveau du comité technique de la production du riz, c’est une femme qui gère cela. Aussi au niveau de la pisciculture, nous avons une femme qui n’est pas là aujourd’hui

Nous sommes ici sur votre site piscicole ; dites-nous il s’étend sur quelle superficie et quelle est votre capacité de production ?

La superficie est relative. Aujourd’hui la superficie ne fait que grandir, par ce que chaque fois que nous avons de la volonté, nous pouvons chaque fois nous en acquérir pour pouvoir élargir. Mais actuellement, l’espace utilisé rien que pour les étangs fait trois (3) hectares sur lesquelles sont répartir 129 étangs dont 119 sont d’une superficie de 200m².

Du fait de la disposition de vos étangs dans une aire naturelle, non protégée outre mesure, vos poissons ne sont-ils pas exposés aux prédateurs !

Ici nous sommes dans un milieu naturel ; et comme dans un milieu vous pouvez comprendre qu’on ne peut pas chasser le serpent d’ici, tout comme les matin pêcheur qui viennent pour essayer de prendre ce qu’ils peuvent prendre. C’est la biodiversité en fait. Donc ce que nous produisons, les autres espèces de la nature qui sont là peuvent également en profiter. Ce ne serait pas seulement nous les hommes qui vont en profiter.

Tout le monde doit en profiter, dites-nous quel est le processus d’élevage de poisson que vous adoptez.

Ici nous avons une espèce que nous sommes en train de développer. C’est le tilapia mixte.

Ce qui est fréquemment pratiqué, c’est souvent les poissons mono-sexe ; l’inversion du sexe en fait.

Nous, nous avons opté pour ça par ce que, quand vous prenez l’Afrique, on a besoin des sources renouvelables, des sources qui peuvent se reproduire d’elle-même. C’est pourquoi nous avons opté pour ça et c’est ce que nous développons d’ailleurs sur le site.

Quelle est alors votre capacité de production de votre coopérative ; le cycle de production et quels sont les calibres auxquels on peut s’attendre chez vous ?                                                                      

Là c’est de grandes questions. La production annuelle dépend. D’Août 2018 à Décembre 2019, nous avons fait environs 73 tonnes et de Janvier 2020 à nos jours, on est à 66 tonnes déjà livrés. Le cycle de production est de 6 mois comme cela se doit. Mais à des moments donnés, on dépasse les 6 mois ; ou si le calibrage est bien suivi, on n’atteint 6 mois. Aussi la taille marchande de vos poissons est de 350 g à500g et plus.

Quels sont donc vos marchés d’écoulements et vos projets en cours.

                                              Les poissons Tilapias en emballage

Je parlais tout à l’heure dans la présentation de la transformation. C’est donc de transformer le poisson élevé, le mettre dans les conditions dans lesquelles on peut les exportés. Ce ne sera pas seulement une production pour nous qui sommes ici. Le poisson pêcher ne peut pas être longtemps garder pour celui qui est à Parakou, Burkina par exemple. Il faut les mettre dans de bonnes conditions. Et pour le faire selon les normes internationales, nous avons installé une chambre froide pour congeler nos produits, les emballés dans des cartons de 10 kg pour les mettre sur le marché. Nos marchés d’écoulements sont justement le marché local (le Bénin) ; la sous-région dont le Burkina Fasso, le Niger…

    Quelles sont vos difficultés dans cette activité ?                                                                                                  

L’une des plus grandes difficultés que nous avons, c’est l’attaque de nos étangs par une certaine espèce de végétaux qui recouvrent toute la surface des étangs. Empêchant nos poissons de bien respirer. Ce qui fait qu’on retrouve beaucoup mort à la surface des eaux affectées.

Nous avons constatés que ces plantes se multiplient et gagnes plus d’étant au fur et à mesure que nous les arrachons des de d’autres étangs. Nous avons faire appel aux ingénieurs aquacoles pour nous donner quelques orientations, mais jusque-là nous n’avons pas encore de solution.

Les éleveurs de poissons s’adonnent souvent à l’élevage des poissons de sexe inversé ; ce qui semble aujourd’hui la norme. Qu’est ce qui vous motive donc à vous lancer dans la production des mixtes ?

On ne défit pas en fait l’autorité, ni les initiatives administratives, mais nous sommes ici dans un concept de conservation des espèces naturelles. C’est la raison pour laquelle nous avons opté pour ce mode de production. Aussi de l’autre côté, vous savez que pour inverser le sexe, il faut utiliser des hormones.  Et les hormones, vous savez ce que cela représente pour la santé humaine ! c’est pourquoi nous faisons des poissons naturels dans un milieu naturel.

Votre mot de la fin.

Merci beaucoup. On ne peut qu’inviter les béninois à consommer nos produits déjà sur le marché, pour leur santé et pour la santé de l’économie nationale.

 

Sèna Serge ADJAKOU



Créé en novembre 1988, LE HERAUT est le tout premier journal des étudiants du Bénin. Informer, former, éduquer et divertir les membres de la communauté universitaire et la nation, tels sont les buts essentiels de ce mensuel. Pionnier dans la naissance et la floraison d’une presse privée libre et plurielle au Bénin, Le HERAUT fait office de lieu de baptême pour nombre des grandes plumes de la presse nationale et d’école de journalisme par défaut pour qui sintéresse au métier. Membre du Carrefour International de la Presse Universitaire Francophone (CIPUF) et initiateur de l’Union des Presses Universitaires Francophones de lAfrique de l’Ouest (UPUFAO), LE HERAUT a un lectorat potentiel de plus de cent mille étudiants (100.000) étudiants répartis sur tous les campus universitaires du Bénin. Le Héraut est entièrement conçu et réalisé par des étudiants venus de divers facultés, instituts ou écoles.


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